L’évolution du sport cycliste

mon regard sur l’évolution du sport cycliste

20 ans après, quelle évolution pour le sport cycliste, regard d’un « vieux » médecin

Un exercice difficile auquel je me livre, mais qui me semble intéressant : comment le cyclisme a-t-il évolué, si on étudie plusieurs facettes de ce sport à qui j’ai consacré et je consacre une grande partie de ma vie ; le ton que je vais employer est volontairement acide, juste pour aiguiser la réflexion ; à ma petite place sur le terrain, aux côtés du coureur que je respecte et que j’écoute, je garde toutefois une respect et une passions immense, et l’envie de prolonger mon engagement dans le sport cycliste ; je vais lister quelques réflexions :

Le dopage :

  • Avant: les années 99, j’arrive dans le milieu ; je découvre un sport dans lequel les victoires sont soumises à « question » ; l’environnement est trouble, tous les acteurs, toutes les instances françaises et internationales connaissent les dérives ; certains sont acteurs, d’autres simples observateurs, mais tout le monde sait ; certains essayent de lutter tels des travailleurs sociaux dans les quartiers difficiles, je pense que cela a été mon cas, tout comme d’autres; d’autres étaient acteurs; certaines équipes sont montrées du doigt et « payent », alors que le système est généralisé. A l’époque, la connaissance que j’ai des autres sports me fait affirmer que tous les sports étaient concernés. Rien n’était tout noir, rien n’était tout blanc, de nombreux sportifs étaient propres, mais ils ont clairement eu du mal à exprimer leur talent.
  • Aujourd’hui: quelques performances m’interpellent; sur ce Tour je ne me fais pas d’illusions ; j’ai un regard critique sur la tentation franchouillarde de « flinguer » les vilains étrangers qui piquent les victoires aux « gentils » français ; en France on n’a jamais aimé les étrangers qui gagnent : cf. l’époque d’Eddy Merckx déjà …. Pourquoi le dopage ne concernerait que les étrangers ? En France on a le meilleur fromage, la meilleure baguette, le meilleur vin, le « french kiss », la récupération des politiques est de mise (mais aussi lors de la victoires des « bleus » en 98 …), etc. etc., tout juste insupportable. J’affirme que des portes sont encore ouvertes pour l’accès au dopage, les « microdoses » de corticoïdes en particulier, je m’en suis déjà expliqué à plusieurs reprises, tout le monde s’en fiche …  Mais les microdoses c’est le dopage des pauvres ; quid du très probable dopage génétique, quid des probables substances non encore détectables ou difficilement détectables. TOUTEFOIS, très clairement l’ambiance a changé, le profil du coureur a changé, l’environnement du coureur a changé, les Instances mettent en place une stratégie volontariste et cadrée : les actions de l’UCI, AMA, FFC, MPCC, CADF sont tout à fait louables et doivent être encouragées. Mais certains coureurs se font encore  « b…..    la g….. » par d’autres. Au final : une évolution manifestement favorable avec très certainement la majorité du peloton qui joue le jeu. Un sport de plus en plus contrôlé, avec des contrôles urinaires et sanguins sans concession. Les autres sports ? : je m’en fiche et je n’ai pas à distribuer des bons et des mauvais points : juste il ne faut pas rêver bêtement. Terminé pour ce chapitre sur le dopage ; je ne détiens aucune vérité, je n’ai pas la prétention de tout savoir, juste à ma place d’observateur en interne j’ai le droit de formuler un avis, autant que d’autres qui parfois ne connaissent pas le terrain.

Le coureur :

  • Avant: je ne veux pas passer pour un « vieux con », mais j’appréciais vraiment le profil vrai du coursier, capable avec les moyens du bord d’écouter ses sensations, de les interpréter, d’adapter. Les gars connaissaient l’histoire et la culture de leur sport.
  • Aujourd’hui: la technologie a envahi l’environnement du coureur ; les capteurs de machin, les capteurs de truc. Le coureur se transforme en objet connecté ; pour le plus grand bonheur du business et des nombreux intervenants qui ont infiltré le milieu : préparateurs machin, préparateurs truc. Chaque intervenant veut exister. Un de mes combats : renvoyer le coureur à l’écoute de ses sensations, dans TOUS les aspects de son sport : physiologie, nutrition, mental (accepter d’être triste, accepter de perdre, accepter qu’une saison c’est 98% de grimaces pour 2% seulement de sourire); surtout comprendre comment il fonctionne, savoir lâcher prise, etc. etc. Si je conçois l’intérêt de la technologie, je pense qu’il est souhaitable de garder un regard plus simple, qui met en avant les bases de la physiologie, de l’hygiène du sport (étirements, gainage, proprioception, sommeil, nutrition simple et adaptée, etc etc)

La com à outrance : ce qui compte n’est plus ce que l’on fait mais l’image que l’on montre

  • Avant: le Directeur sportif était le seul intervenant.
  • Aujourd’hui: la priorité va à la communication sur l’émotion ; montrer ce qu’on fait ; faire vibrer quelques centaines de followers ; les démarches de fond (l’entraînement, la nutrition, etc.) ça n’intéresse pas, ça ne fait pas vibrer ; ce qu’on fait vraiment importe peu, ce qu’il faut montrer c’est comment on le fait, montrer de l’émotion, de l’inside, du « pseudo vrai ». Mais bon, c’est aussi la demande du spectateur, des partenaires financiers, et bien sûr que je suis conscient que sans moyens financiers il n’y a pas de sport de haut niveau; c’est l’évolution de la société, c’est la dérive de la médiatisation du moindre pet de travers, la recherche du scoop, de l’image qui fait vibrer. Probablement faut-il accepter cette  évolution qui concerne tous les aspects de la société: faits divers, politique, show-biz etc, et ne pas ruminer « c’était mieux avant !! »  (on se fait mal et ça sert à rien …)

Merci à tous pour votre fidélité sur ce site de conseils en médecine et en nutrition du sport qui chaque jour réunit 4000 à 7000 visiteurs

Demain, journée de repos, la deuxième sur ce Tour, mais aujourd’hui une étape de montagne de 185 km; demain je vais évoquer le sujet de la canicule (conséquences, conseils)

J’« alimente » régulièrement ce site de conseils en médecine du sport et en nutrition du sport ; également mon webmaster gère un site de séances de sophrologie du sport sur lequel je poste des enregistrements de terrain qui s’adressent à tous les sportifs, avec des séances spécifiques pour le cycliste, le joueur de tennis, le joueur de foot, etc. etc. . Comment mieux récupérer, techniques pour optimiser la préparation d’un objectif, comment mieux dormir, etc. etc. Ce site : https://www.seance-sophrologie.com/

mon regard sur l’évolution du sport cycliste il y a 20 ans, et aujourd’hui …

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Chronique N°19  Tour de France 2018 jjdok médecin référent équipe « Fortunéo-Samsic » : mon « vieux » regard sur l’évolution du cyclisme, 20 ans après: « avant et aujourd’hui »

Pendant les 3 semaines de course sur ce Tour de France 2018 je rédige chaque jour une chronique médicale, avec des thèmes variés mais qui concernent le terrain : la nutrition, les bobos du cycliste, le dopage, la santé, l’hygiène de vie, etc. Parfois le ton est caustique, mais c’est juste pour vous réveiller   En quelque sorte je vous fais partager mon expérience, qui s’est construite au fil du temps grâce avant tout au coureur avec qui j’ai toujours engagé une relation de respect, d’écoute, pour un travail interactif ; une relation médicale est, comme toute relation, le résultat d’une rencontre où chacun vient vers l’autre. C’est le coureur qui m’a appris l’essentiel de mon job.

Chroniques précédentes :

Donc aujourd’hui : mon regard sur l’évolution du sport cycliste

Avant et après, 20 ans après, quelle évolution ?

Un exercice difficile auquel je me livre, mais qui me semble intéressant : comment le cyclisme a-t-il évolué, si on étudie plusieurs facettes de ce sport à qui j’ai consacré et je consacre une grande partie de ma vie ; le ton que je vais employer est volontairement acide, juste pour aiguiser la réflexion ; à ma petite place sur le terrain, aux côtés du coureur que je respecte et que j’écoute, je garde toutefois une respect et une passions immenses, et l’envie de prolonger mon engagement dans le sport cycliste ; je vais lister quelques réflexions :

Le dopage :

  • Avant: les années 99, j’arrive dans le milieu ; je découvre un sport dans lequel les victoires sont soumises à « question » ; l’environnement est trouble, tous les acteurs, toutes les instances connaissent les dérives ; certains sont acteurs, d’autres observateurs ; certains essayent de lutter tels des travailleurs sociaux dans les quartiers difficiles, d’autres non ; certaines équipes sont montrées du doigt et « payent », alors que le système est généralisé. A l’époque, la connaissance que j’ai des autres sports me fait affirmer que tous les sports étaient concernés. Rien n’est tout noir, rien n’est tout blanc, de nombreux sportifs sont propres, mais ils ont du mal à exprimer leur talent.

 

  • Aujourd’hui: quelques performances m’interpellent; sur ce Tour je ne me fais pas d’illusions ; j’ai un regard critique sur la tentation franchouillarde de « flinguer » les vilains étrangers qui piquent les victoires aux « gentils » français ; en France on n’a jamais aimé les étrangers qui gagnent : cf. l’époque d’Eddy Merckx déjà …. Pourquoi le dopage ne concernerait que les étrangers ? En France on a le meilleur fromage, la meilleure baguette, le meilleur vin, le « french kiss », etc. etc., tout juste insupportable. J’affirme que des portes sont encore ouvertes pour l’accès au dopage, les « microdoses » de corticoïdes en particulier, je m’en suis déjà expliqué à plusieurs reprises, tout le monde s’en fiche …  Mais les microdoses c’est le dopage des pauvres ; quid du très probable dopage génétique, quid des probables substances non encore détectables. TOUTEFOIS, très clairement l’ambiance a changé, le profil du coureur a changé, l’environnement du coureur a changé, les Instances mettent en place une stratégie volontariste et cadrée : les actions de l’UCI, AMA, FFC, MPCC sont tout à fait louables et doivent être encouragées. Mais certains coureurs se font encore  « b…..    g….. » par d’autres. Au final : une évolution manifestement favorable avec très certainement la majorité du peloton qui joue le jeu. Un sport de plus en plus contrôlé, avec des contrôles urinaires et sanguins sans concession. Les autres sports ? : je m’en fiche et je n’ai pas à distribuer des bons et des mauvais points : juste il ne faut pas rêver bêtement. Terminé pour ce chapitre sur le dopage ; je ne détiens aucune vérité, je n’ai pas la prétention de tout savoir, juste à ma place d’observateur en interne j’ai le droit de formuler un avis, autant que d’autres.

Le coureur :

  • Avant: je ne veux pas passer pour un « vieux con », mais j’appréciais vraiment le profil vrai du coursier, capable avec les moyens du bord d’écouter ses sensations, de les interpréter, d’adapter.

 

  • Aujourd’hui: la technologie a envahi l’environnement du coureur ; les capteurs de machin, les capteurs de truc. Le coureur se transforme en objet connecté ; pour le plus grand bonheur du business et des nombreux intervenants qui ont infiltré le milieu : préparateurs machin, préparateurs truc. Chaque intervenant veut exister. Un de mes combats : renvoyer le coureur à l’écoute de ses sensations, dans TOUS les aspects de son sport : physiologie, nutrition, mental (accepter d’être triste, accepter de perdre, comprendre comment il fonctionne, savoir lâcher prise, etc. etc.)

La com :

  • Avant: le Directeur sportif était le seul intervenant.

 

  • Aujourd’hui: la priorité va à la communication sur l’émotion ; montrer ce qu’on fait ; faire vibrer quelques centaines de followers ; les démarches de fond (l’entraînement, la nutrition, etc.) ça n’intéresse pas, ça ne fait pas vibrer ; ce qu’on fait vraiment importe peu, ce qu’il faut montrer c’est comment on le fait, montrer de l’émotion, de l’inside, du « pseudo vrai ». Mais bon, c’est aussi la demande du spectateur, c’est l’évolution de la société, c’est la dérive de la médiatisation du moindre pet de travers, la recherche du scoop, de l’image qui fait vibrer. Probablement faut-il accepter cette  évolution qui concerne tous les aspects de la société: faits divers, politique, show-biz etc, et ne pas ruminer « c’était mieux avant !! » 

 

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cyclisme et dopage ? Je pose la réflexion ….

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Chronique N°12/21  Tour de France 2018 jjdok médecin référent équipe « Fortunéo-Samsic » : dopage et cyclisme …

Pendant les 3 semaines de course sur ce Tour de France 2018 je rédige chaque jour une chronique médicale, avec des thèmes variés mais qui concernent le terrain : la nutrition, les bobos du cycliste, le dopage, la santé, l’hygiène de vie, etc. Parfois le ton est caustique, mais c’est juste pour vous réveiller ? En quelque sorte je vous fais partager mon expérience, qui s’est construite au fil du temps grâce avant tout au coureur avec qui j’ai toujours engagé une relation de respect, d’écoute, pour un travail interactif ; une relation médicale est, comme toute relation, le résultat d’une rencontre où chacun vient vers l’autre. C’est le coureur qui m’appris l’essentiel de mon job.

Chroniques précédentes :

 

Et donc aujourd’hui : cyclisme et dopage

Le dopage est-il présent dans le cyclisme ? je vais essayer de poser une réflexion tranquille, objective, lucide.

Le cyclisme a vécu des années noires ; les podiums des grands Tours étaient occupés par des cyclistes qui manifestement dérapaient ; avec une logistique dans le dopage qui était probablement fonction des moyens financiers dont disposaient les coureurs concernés ; l’objet de cette chronique n’est pas de revenir sur ce passé, mais de réfléchir sur le présent. Juste avant d’avancer sur mon analyse, .

il faut lucidement se poser la question sur le dopage dans les autres sports : certains ont-ils ou sont-ils encore « protégés » politiquement sportivement et médiatiquement ? Pour la réponse je joue mon joker. Juste je constate que dans le cyclisme les contrôles sont 10 fois plus fréquents que dans d’autres sports; et les données « officielles » placent le cyclisme bien après d’autres sports pour le nombre de cas positifs après contrôle anti-dopage.

Il faut lucidement réfléchir sur la tentation bien franchouillarde de penser que le dopage ne concerne que les « vilains » étrangers, et aucunement les « gentils » français.

Alors aujourd’hui le dopage existe encore ? Ma réponse ne vaut ni expertise ni certitude ; je suis un médecin de terrain, missionné pour que les cyclistes de mon équipe soient en bonne santé et respectent une éthique médicale ; comment m’en assurer ?

  • Aucun médicament ne peut être pris par un des coureurs de l’équipe sans que je n’en ai été préalablement informé; car sans chercher à se doper un sportif peut être positif à un contrôle si le médecin a prescrit un produit interdit ; un simple exemple : un corticoïde en comprimés prescrit pour une sinusite : traitement autorisé hors compétition, interdit en compétition.
  • Les coureurs de l’équipe signent le règlement médical interne qui leur interdit le recours à une liste de produits. En particulier le recours à certains corticoïdes locaux car OUI la porte est encore ouverte pour le dopage aux « microdoses » de corticoïdes : la réflexion est complexe, je la développe ici ; (Cet article est un peu « hard » mais expose je pense clairement comment la porte aux « microdoses » est encore ouverte …) ; il me semble qu’il serait facile pour les Instances de fermer la porte à cette possibilité de détourner la réglementation.
  • Le recours à certaines substances « récréatives » est strictement interdit par mon règlement médical : en particulier le snuss et certains somnifères (le Stilnox …) ; pas certain que ces produits ne circulent pas dans certaines équipes …
  • Les bilans biologiques réguliers auxquels sont soumis les coureurs : bilans sanguins (10 à 30 par an) hors compétition et en compétition ; bilans urinaires. L’analyse des résultats est partagée par la médecine fédérale, les Instances internationales, et moi-même.
  • L’adhésion de notre équipe au « MPCC » nous engage au respect de règles complémentaires ; par exemple l’interdiction de prescrire du Tramadol, produit non dopant (= non inscrit ce jour sur la liste des produits interdits), mais qui possèdent des effets antalgiques puissants, et des effets secondaires nuisibles pour la sécurité du coureur : vertiges, troubles de l’équilibre.

Puis-je être certain à 100% qu’aucun de « mes » coureurs triche ? NON, je ne couche pas chez eux, je ne fouille pas les valises ; juste je cherche aussi à installer avec eux une relation de respect réciproque, j’ouvre un espace de discussion et d’échange. Je suis attentif à tout signe d’alerte, notamment lors de périodes « à risque de dopage » : fin de contrat, blessure, etc. J’observe l’arrivée d’une génération de jeunes coureurs qui s’oppose à toute « médicalisation » de l’environnement sportif ; et je les encourage dans cette idée qu’un sportif n’a pas besoin d’un médecin pour gagner. Proposer à un sportif un « cadre » (nutrition, hygiène de vie, conseils pour mieux récupérer, etc.) c’est aussi je pense l’éloigner de la tentation d’aller chercher « autre chose » Je n’ai pas la prétention de dire que dans notre équipe « on lave plus blanc », j’imagine que des médecins dans d’autres équipes sont tout autant vigilants que moi pour cadrer le suivi de leurs coureurs.

Que se passe -t-il dans les autres équipes de vélo, que se passe-t-il dans les autres sports ? Perso je m’occupe de ce que je fais, de la mission qui m’est confiée ; et constamment je renvoie « mes » coureurs à cela : « on s’occupe de ce qui se passe chez nous, on se concentre sur ce qu’on fait » ; clairement certaines images du Giro m’ont interpellé et certains exploits ne me font pas rêver ; en même temps je ne suis pas légitime pour juger et décerner des bons et mauvais points. Je ne suis pas légitime, mais je pense que d’autres le sont encore moins: des personnes qui pensent connaître le milieu mais qui ne le connaissent pas, des personnes qui l’ont connu mais qui ne le connaissent plus; des « pseudo » observateurs agitateurs d’idées pour exister, ou réexister. Juste j’espère que pour leur santé certains sportifs ne paieront pas cher les démarches pour tricher ; juste j’espère que les Instances progressent dans la recherche de molécules indétectables, dans la recherche sur le dopage génétique. L’histoire du dopage dans le vélo a montré que les investigations policières portaient leurs fruits, autant voire plus que les démarches des Autorités anti-dopage ; il semble que ça fait longtemps qu’on n’a pas entendu parler de contrôles de véhicules ou de valises …

L’homme a toujours été tenté d’aller au-delà de ses capacités : l’étudiant pour préparer un examen, le politique pour se coucher tard et serrer des milliers de poignées de mains, certains pour aiguiser leurs performances sexuelles ; pour mieux dormir, pour être en forme le matin, etc. Je ne suis ni juge ni flic ni curé ; juste j’observe et comme chacun j’ai le droit de réfléchir et d’exprimer un avis. Vous aurez compris que je ne me fais aucune illusion : le dopage est présent et sera toujours présent ; simplement, avec mes moyens j’essaye de mettre en place un cadre préventif; et j’ai vraiment l’impression que de nombreux coureurs, dans mon équipe comme dans d’autres équipes, jouent le jeu pour une éthique sportive et médicale.

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J’« alimente » régulièrement ce site de conseils en médecine du sport et en nutrition du sport ; également mon webmaster gère un site de séances de sophrologie du sport sur lequel je poste des enregistrements de terrain qui s’adressent à tous les sportifs, avec des séances spécifiques pour le cycliste, le joueur de tennis, le joueur de foot, etc. etc. . Comment mieux récupérer, techniques pour optimiser la préparation d’un objectif, comment mieux dormir, etc. etc. Ce site : https://www.seance-sophrologie.com/

Les allergies aux pollens flambent !! Que faire ?? Ceux qui trichent et ceux qui ne trichent pas … les microdoses de corticoïdes ??? Oui la porte du dopage est ouverte ….

Les allergies aux pollens flambent !! Que faire ?? Ceux qui trichent et ceux qui ne trichent pas …

Les « beaux jours » se sont brutalement installés dans le nord de la France et en … Belgique.

Les pollens flambent, en particulier actuellement les pollens du bouleau dans le nord, et par exemple le cyprès dans le sud (un site https://www.pollens.fr permet de suivre la présence des pollens et graminées dans les différentes régions de France)

En respirant ces pollens les muqueuses réagissent : les yeux s’enflamment, le nez coule, le sportif éternue, éventuellement ses bronches réagissent en s’enflammant et donc le calibre des bronches diminue : l’oxygène parvient moins bien aux muscles pendant l’effort, les puls montent, les pattes explosent ….

Au repos environ 5 litres d’air entrent (et ressortent !) dans les bronches et les fosses nasales

MAIS au maximum de l’effort (ascension d’une bosse par exemple) le sportif respire 200 à 240 litres par minute !! c’est à dire que 40 fois plus d’air pénètre dans ses bronches, et donc 40 fois plus de pollens !! Et donc logiquement les muqueuses (yeux, nez, gorge, bronches) vont réagir 40 fois plus chez le cycliste pendant la course !! alors que le spectateur au bord de la route sera 40 fois moins gêné. Logique, juste il faut expliquer ça.

Commençons par une discussion non polémique: vous pouvez ici trouver TOUS les (bons) conseils pour lutter contre les allergies aux pollens et aux graminées: https://www.medecinedusportconseils.com/2013/06/03/attention-allergies-sport-pollens-et-graminees-ils-attaquent/

Ensuite, j’aborde un « sujet qui fâche »: est-il possible de tricher pour lutter contre les allergies avec des microdoses de corticoïdes ???  la réponse est malheureusement oui ; accrochez-vous, j’explique :

Les antihistaminiques en comprimés sont un traitement assez efficace, à la condition qu’ils soient pris régulièrement pendant toute la période d’exposition aux pollens. Le plus souvent il s’agit de prendre 1 ou 2 comprimés le soir au coucher. Ces traitements sont autorisés.

Les traitements locaux : laver régulièrement les fosses nasales avec de l’eau salée (un super appareil est le « Rhino Horn » : simple, efficace), les corticoïdes locaux par voie nasale et/ou bronchique sont TOUS autorisés, juste le sportif devra en déclarer la prise en cas de contrôle, la molécule sera retrouvée dans les urines. Des traitements locaux antiallergiques non corticoïdes par voie oculaire et nasale existent aussi, avec des résultats inconstants.

Il est clair que le traitement « miracle » qui atténue le plus les symptômes, ce sont les corticoïdes par voie générale (c’est à dire en comprimés ou en injections) Je ne développe pas les effets secondaires délétères de la prise de corticoïdes sur la santé, ce n’est pas l’objet de cet article. Juste on sait que ces traitements sont très efficaces pour lutter contre l’allergie aux pollens. MAIS les corticoïdes par voie générale sont INTERDITS en compétition ; alors le sportif ne peut pas en prendre ?? et bien SI !!! « juste » il « suffit » qu’il se fasse prescrire par son médecin (médecin complaisant ou médecin qui ne connaît pas la problématique des corticoïdes) un traitement local (pulvérisations nasales) qui contient une molécule de corticoïde qui existe AUSSI sous forme de comprimés ou sous forme d’injection. Et le « tour » est joué !!! S’il va au contrôle, et bien le sportif déclare la prise du corticoïde local (il a le droit, TOUS les corticoïdes locaux sont autorisés) alors que …. la veille ou le matin il s’est administré une « microdose » de la même molécule, en comprimé ou en injection !! Facile !!! La molécule sera retrouvée dans ses urines, mais comme le sportif a déclaré la prise de cette molécule par voie locale, aucun problème !!

L’explication est compliquée, mais l’affaire est simple ; et donc il est possible de « jouer » ; certains médecins d’équipes interdisent dans le règlement interne l’utilisation de corticoïdes locaux qui existent aussi sous forme de comprimés ou d’injections ; d’autres médecins se limitent à des « recommandations » … , ce qui est déjà louable, mais … insuffisant ! En aucun cas je ne me permets de douter de la probité de ces médecins.

Attention : l’objet de mes propos n’est certainement pas de m’ériger en chevalier blanc, en Monsieur Propre ; ok ? ; juste je veux expliquer qu’aujourd’hui il est possible de TRICHER ; que certains piquent la victoire des autres ; certains coureurs traînent leur misère avec les allergies, d’autres non. Combien de sportifs détournent le règlement ? Je n’en sais rien ; je laisse les gars écouter ce qui se dit, regarder les « pattes » de ceux qui à l’évidence sont sous corticoïdes, et discuter entre eux ; personne ne « balancera », c’est l’« omerta » Attention aussi : il ne faut pas prêter une attention disproportionnée à la rumeur et SURTOUT bien sûr il existe des victoires propres, des gars qui ont du talent, de la générosité, un mental, et qui méritent la victoire. Je n’ai pas à juger, je n’ai pas à donner des bons points et des mauvais points. Je ne suis ni qualifié ni autorisé pour cela. Juste je dis : et pourquoi on n’interdit pas TOTALEMENT les corticoïdes locaux qui existent aussi sous forme de comprimés et d’injections ?? Je pense que se poser cette question est licite, logique et … utile

Les contrôles de cortisolémie le matin, réalisés par les Instances, ne servent à RIEN !! Pourquoi : parce que les « microdoses » de corticoïdes en comprimés ou en injection ne font PAS baisser le taux de Cortisol. Il faudrait que le sportif consomme une forte dose de corticoïdes pour faire baisser son cortisol sanguin ; et pour « soigner » une allergie pas besoin de fortes doses.

Ah oui …. petit effet « intéressant » des corticoïdes : le sportif aura moins mal aux pattes, ça peut être utile …

L’objectif de mes propos n’est pas d’exprimer une amertume, je ne suis pas aigri, juste je ne supporte pas que certains n’aient pas la chance de s’exprimer parce que d’autres trichent ; mais après tout ça reste le problème des coureurs ? Non ? Le cyclisme a changé, j’ai moi-même connu un cyclisme qui n’était pas propre, clairement ce sport a fait énormément d’efforts, c’est LE sport le plus contrôlé, probablement que le dopage y est devenu marginal, grâce à la volonté des Instances et de tous les acteurs du milieu.

Je conclue en m’étonnant vraiment : tout le monde sait qu’il est possible de tricher, tout le monde sait que certains trichent (certains coureurs changent d’équipe et racontent), et on fait quoi ?? La parade serait pourtant simple pour fermer la porte aux tricheurs …

Allez, on continue, tout va bien !!

Mes propos n’engagent que moi, en tant que médecin présent dans le milieu du sport depuis .. 35 années maintenant ; si ça peut faire avancer les choses …

De nombreux journalistes me contactent régulièrement sur ce sujet du dopage aux corticoïdes : je ne réponds pas, je ne répondrai pas ; à eux de mener les enquêtes, de discuter avec les Instances.

Merci à tous pour votre fidélité sur ce site de conseils de terrain en médecine du sport et en nutrition du sport, 11 millions d’internautes ont déjà visité ce site, un grand merci

ASTHME, VENTOLINE, SUSPICION, DOPAGE, PERFORMANCE ???

Fort malheureusement l’idée

« traîne » trop souvent qu’un

sportif asthmatique est un

sportif dopé …

C’est quasiment ancré dans la

pensée de la plupart des gens;

comment argumenter en restant

tout à fait objectif ?

 

 

 

 

 Jean-Jacques Menuet

http://www.medecinedusportconseils.com/

http://www.seance-sophrologie.com/

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Est-il possible de participer au Tour de France sans se doper ? en direct du Tour de France 2013 le médecin de l’équipe SOJASUN mouille le maillot et n’occulte pas les questions qui fâchent !

 

–site de conseils en médecine du sport: http://www.medecinedusportconseils.com/

–site sur lequel peuvent être téléchargées des séances de sophrologie adaptées au sport: http://www.seance-sophrologie.com/ 

 

Est-il possible de participer au Tour de France sans se doper ? en direct du Tour de France 2013 le médecin de l’équipe SOJASUN mouille le maillot et n’occulte pas les questions qui fâchent !

« Vite fait » tout de suite un petit mot sur l’étape : on arrive à St Malo, notre coureur breton est dans l’échappée, on y croit !!! Bien sûr les consignes nutritionnelles sont claires : hydratation très régulière (boisson Hydrixir longue durée OVERSTIM qui assure un apport optimal en glucides, acides aminés, minéraux) et alimentation sucrée et salée. Une discussion ce matin avec les directeurs sportifs a permis de bien cadrer le protocole si Julien est devant, ce qui est donc le cas ! c’est la voiture N°2 qui sera derrière l’échappée.

Tout d’abord, ainsi que je le fais pour chacun de mes articles concernant ce Tour de France, voici le lien du site de Cyril Lemoine, un de nos 9 coureurs ; il apporte avec ses reportages et ses photos et vidéos un regard sympa sur le mode de vie des coureurs pendant ce Tour; http://www.cyrillemoine.com/actualite.html également le site de Julien SIMON: http://www.simonjulien.com/ Continue reading

8ème étape du Tour de France 2013: déja beaucoup d’écarts … ou d’Aicar …

 

–site de conseils en médecine du sport: http://www.medecinedusportconseils.com/

–site sur lequel peuvent être téléchargées des séances de sophrologie adaptées au sport: http://www.seance-sophrologie.com/ 

 

8ème étape : beaucoup d’écart entre les premiers et les suivants …

Pour le côté sympa voici le site de Cyril LEMOINE qui propose chaque jour des photos et vidéos sur l’expérience collective que nos 9 coureurs partagent sur ce Tour de France du centenaire depuis qu’ils ont quitté la maison ; http://www.cyrillemoine.com/actualite.html; également le site de Julien SIMON qui sur la 3ème étape était 2ème du classement général et qui a mis le feu à l’étape de 13 juillet avec son échappée solitaire dans les rues de Lyon: http://www.simonjulien.com/

Un de mes amis me demandait à l’arrivée si je croyais dans les performances de certains escaladeurs de cols : « comment expliquer me disait-il qu’ils grimpent aussi vite sans dopage que ceux qui ont avoué s’être dopé, comment expliquer de tels écarts ?, comment expliquer une telle facilité dans la puissance le mental l’oxygénation la fluidité la facilité ? » Je l’ai rassuré : « tu sais il y a la génétique, on ne nait pas égaux, et puis il y a le travail, certains travaillent beaucoup plus que d’autres (…), l’entraînement, la nutrition, peut-être aussi la cuisson des pâtes (…), la force du mental (facile quand on a les jambes…), ceux qui savent se faire plaisir (facile quand on a les jambes ..), et certaines équipes disposent probablement  de spécialistes excellents dans leur encadrement ; et d’ailleurs certains vont dire que les coureurs français ne s’entraînent pas assez, ou mal ; après c’est aux coureurs qu’il faut demander ce qu’ils en pensent »

Moi, personnellement je m’en fiche, les performances des autres ne m’interpellent pas, je crois dans leur honnêteté, jusqu’à preuve du contraire. Et je ne me permets pas de juger. J’ai parcouru ce soir des articles de presse très interrogatifs, des jeu de mots « écarts » – « aicar » … Mais non, l’UCI nous a bien expliqué que cette molécule est détectable.

Nos gars ont fait ce qu’ils pouvaient, avec leurs moyens ; un de nos coureurs s’est échappé, il a passé une bonne journée et on est tous fiers de lui !

Ce soir à l’heure où je rédige mon petit mot ils sont tous couchés; demain l’explication va être sérieuse dans les cols, l’étape est difficile, le hors-délais fait peur, la journée de repos de lundi est attendue avec impatience…

à demain

ASTHME et SPORT, ce qui est autorisé

ARTICLE MIS à JOUR le 02-01-2014

ATTENTION MISE EN GARDE préalable: la règlementation sur la liste des produits interdits et les dossiers justificatifs évolue et peut dans certains sports comporter des contraintes complémentaires à celle de l’AMA (Agence Mondiale Antidopage); si bien que SEUL le sportif est tenu responsable de ce qu’il consomme. Cet article consacré à l’asthme contient donc des informations valides à ce jour c’est à dire le 2 janvier 2014, point.

La réalité de l’asthme (on parle plutôt d’  » hyperréactivité bronchique « ) chez le sportif (surtout dans les sports d’endurance prolongée) est fort heureusement bien acquise et documentée alors qu’il y a peu de temps encore la notion d’asthme était environnée par la suspicion de dopage, même si quelques médecins de terrain, physiologistes et pneumologues avaient depuis longtemps conscience du nombre important de sportifs asthmatiques surtout dans les sports d’endurance, et ces médecins avaient pour tâche de soigner leurs sportifs et non pas de les doper !!!!! …

(suite…)

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