TOUR DE FRANCE: quelles sont les pathologies médicales les plus fréquentes

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On arrive déjà à la moitié de la course … Voici ma chronique quotidienne N°11/21  sur ce Tour de France 2018 en qualité de médecin référent de l’équipe française « Fortunéo-Samsic » : les pathologies médicales rencontrées sur un Tour de France

Pendant les 3 semaines de course sur ce Tour de France 2018 je rédige chaque jour une chronique médicale, avec des thèmes variés mais qui concernent le terrain : la nutrition, les bobos du cycliste, le dopage, la santé, l’hygiène de vie, etc. Parfois le ton est caustique, mais c’est juste pour vous réveiller 😉 En quelque sorte je vous fais partager mon expérience, qui s’est construite au fil du temps grâce avant tout au coureur avec qui j’ai toujours engagé une relation de respect, d’écoute, pour un travail interactif ; une relation médicale est, comme toute relation, le résultat d’une rencontre où chacun vient vers l’autre. C’est le coureur qui m’appris l’essentiel de mon job.

Chroniques précédentes :

Les pathologies médicales rencontrées sur un Tour de France

Il s’agit de mon 15ème Tour de France, plus quelques Vuelta, je pense donc pouvoir énoncer une réflexion cohérente sur les problèmes médicaux que peut rencontrer un coureur pendant 3 semaines de course.

La fatigue ? Oui, à un moment donné, pédaler 5 heures par jour ça fatigue ; SAUF QUE le public retient l’image de ce que montrent les caméras : l’échappée, la tête du peloton, le final de la course ; alors qu’il faut bien comprendre que la stratégie d’une équipe c’est d’envoyer à la guerre un ou 2 coureurs par jour, et pendant cette étape 2-3 coureurs sont en mode récup pour aller à leur tour à l’assaut 1 ou 2 jours plus tard : la gestion de l’effort est nécessaire,  se calcule, bien évidemment. Le cyclisme est un sport porté, bien moins traumatisant que la course à pied, ou les ultra trails XXL qui recrutent de plus en plus d’adeptes. Autre élément pour la réflexion : la 1ère semaine les sprinters ont du travail, alors que les grimpeurs sont juste soucieux de ne pas perdre de temps et de ne pas chuter ; un coureur n’est pas « occupé » pendant les 3 semaines d’un grand Tour. Les coureurs dormant en moyenne de 22h30 à 8h30 ; parfois plus tard lorsque c’est possible. Tout est géré autour d’eux au millimètre pour diminuer les contraintes : une équipe c’est 8 coureurs mais aussi plus de 20 personnes dans le staff : assistants, kinés, ostéo, doc. Les soins de récupération sont attentifs : massages, cryothérapie, pressothérapie. Une grande attention est portée à la qualité du sommeil ; par exemple chaque coureur dispose d’un oreiller et d’un surmatelas adaptés à sa morphologie.

 

Les troubles du sommeil : plus les jours passent plus le sommeil se dégrade, mais chaque coureur est différent, certains dormant parfaitement bien, d’autres rencontrent des difficultés, auxquelles je réponds par des solutions non médicamenteuses : je ne remets aucun somnifère ; le risque de chute le lendemain serait augmenté ; à titre vraiment exceptionnel la remise d’une petite dose d’un hypnotique peut s’envisager, par exemple le soir d’une étape où le coureur a chuté et a mal. Les solutions que je propose : l’homéopathie, la Mélatonine, la phytothérapie, des mesures d’ « hygiène du sommeil » (cf. ma chronique sur le sommeil) ; quelques coureurs bénéficient de séances personnalisées de sophrologie que je leur ai enregistrées pour le Tour

 

Les problèmes de carrosserie :

  • La macrotraumatologie : en relation avec les chutes ; les fractures les plus fréquentes : clavicule, côtes, omoplate, scaphoïde, bassin, fémur
  • La microtraumatologie, essentiellement les tendinopathies : genoux principalement ; mais aussi les chevilles, les poignets. La plupart du temps une tendinopathie est liée à une mauvaise relation entre le coureur et sa machine : position et ou matériel (selle, cadre, chaussures)
  • Les problèmes de dos sont fréquents, parfois en rapport avec des déséquilibres du bassin

 

Les problèmes de périnée :

  • Atteintes superficielles, échauffements, eczéma
  • Nodules, kystes
  • Une prise en charge préventive est essentielle : qualité de la peau de chamois du cuissard, lessive peu agressive, pas de sèche-linge, changement fréquent de cuissard ou de combi ; également une toilette locale attentive le matin, après la course, et avant le coucher.

 

Les pathologies digestives :

  • Le coureur est assis sur son vélo 5h par jour, assis dans le bus 4h par jour, allongé 10h par jour ; autant dire que son tube digestif est peu « verticalisé » ; d’où des problèmes fréquents de constipation.
  • à l’inverse, lorsqu’il fait très chaud les problèmes de diarrhée sont fréquents; on veille très strictement à respecter la chaîne du froid pour la nutrition proposée aux coureurs.
  • Sur le vélo l’estomac et le colon sont soumis à des contraintes mécaniques ; en résultent des problèmes fréquents de reflux gastrique, de dysfonctionnement du colon: ballonnements, nausées.
  • Les contraintes au niveau de la selle entraînent des problèmes hémorroïdaires fréquents.
  • Une pathologie souvent méconnue, simplement parce qu’on ne la recherche pas : la présence d’hélicobacter pylori au niveau de la muqueuse de l’estomac ; depuis le début de saison 5 coureurs ont présenté cette pathologie ; le traitement est simple et rapide.

 

Les problèmes liés à la chaleur :

  • Un mauvais retour veineux, les veines gonflent ; dans la chaussure le pied gonfle. Il est essentiel que les chaussures et les semelles soient bien adaptées.
  • La présence de varices est fréquente.
  • Le coup de chaleur : il apparaît lorsque les capacités d’adaptation de l’organisme sont débordées ; c’est vraiment une urgence, un malaise peut survenir. Plus il fait chaud plus le coureur va boire, et plus les boissons seront minéralisées car plus on transpire plus on perd des minéraux.
  • Les coups de soleil : oui ! le coureur se protège avec des produits à indice 50
  • Le port de gilets réfrigérés, avant le départ ou dès l’arrivée, est utilisé s’il fit vraiment très chaud.

 

Bronches, ORL

  • Au repos on respire 5 litres d’air par minute ; en plein effort le cycliste ventile jusqu’à 40 fois plus d’air, et donc il respire 40 fois plus de fumées, gaz d’échappement, poussière, pollens, et autres microparticules ; les muqueuses vont réagir : conjonctivite, pharyngite, trachéite, rhinite, bronchite, asthme d’effort.
  • Plus le coureur est « affûté » plus ses défenses immunitaires sont abaissées ; et sur un grand Tour, le % de masse grasse de tous mes coureurs se situe entre 5 et 7%. Et donc la survenue d’infections ORL est fréquente.
  • Attention à la clim, aux fortes variations de température.

 

Je n’évoque pas les pathologies vasculaires (la « fameuse » endofibrose de l’artère iliaque externe), les pathologies neurologiques avec de fréquents syndromes canalaires en particulier au niveau des poignets, les fréquents problèmes concernant la relation avec l’alimentation (régimes, privations, etc.) ; car ces pathologies ne sont pas spécifiques d’un grand Tour.

 

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J’« alimente » régulièrement ce site de conseils en médecine du sport et en nutrition du sport ; également mon webmaster gère un site de séances de sophrologie du sport sur lequel je poste des enregistrements de terrain qui s’adressent à tous les sportifs, avec des séances spécifiques pour le cycliste, le joueur de tennis, le joueur de foot, etc. etc. . Comment mieux récupérer, techniques pour optimiser la préparation d’un objectif, comment mieux dormir, etc. etc. Ce site : https://www.seance-sophrologie.com/

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