Est-il possible de participer au Tour de France sans se doper ? en direct du Tour de France 2013 le médecin de l’équipe SOJASUN mouille le maillot et n’occulte pas les questions qui fâchent !

 

–site de conseils en médecine du sport: http://www.medecinedusportconseils.com/

–site sur lequel peuvent être téléchargées des séances de sophrologie adaptées au sport: http://www.seance-sophrologie.com/ 

 

Est-il possible de participer au Tour de France sans se doper ? en direct du Tour de France 2013 le médecin de l’équipe SOJASUN mouille le maillot et n’occulte pas les questions qui fâchent !

« Vite fait » tout de suite un petit mot sur l’étape : on arrive à St Malo, notre coureur breton est dans l’échappée, on y croit !!! Bien sûr les consignes nutritionnelles sont claires : hydratation très régulière (boisson Hydrixir longue durée OVERSTIM qui assure un apport optimal en glucides, acides aminés, minéraux) et alimentation sucrée et salée. Une discussion ce matin avec les directeurs sportifs a permis de bien cadrer le protocole si Julien est devant, ce qui est donc le cas ! c’est la voiture N°2 qui sera derrière l’échappée.

Tout d’abord, ainsi que je le fais pour chacun de mes articles concernant ce Tour de France, voici le lien du site de Cyril Lemoine, un de nos 9 coureurs ; il apporte avec ses reportages et ses photos et vidéos un regard sympa sur le mode de vie des coureurs pendant ce Tour; http://www.cyrillemoine.com/actualite.html également le site de Julien SIMON: http://www.simonjulien.com/

–site de conseils en médecine du sport: http://www.medecinedusportconseils.com/

–site sur lequel peuvent être téléchargées des séances de sophrologie adaptées au sport: http://www.seance-sophrologie.com/ 

 

Est-il possible de participer au Tour de France sans se doper ? Vaste débat. Le Tour de France, c’est la fête, la liesse populaire au bord des routes, c’est l’été, les vacances, les flonflons. Faut-il la gâcher en abordant ce sujet du dopage ?

Je vais essayer de structurer ma réflexion en partant des questions fréquemment posées par les gens au bord des routes ou par mes patients en consultation. On peut les diviser en deux catégories :

1. Il y a ceux qui me disent : « Docteur, on se doute bien que pour faire le Tour, les coureurs ne marchent pas à l’eau ! Mais nous, vous savez, on aime bien le spectacle alors ça ne nous dérange pas tant que ça… »

2. De l’autre côté, il y a ceux qui affirment : « Docteur, on sait bien que les cyclistes sont tous des dopés, et c’est vrai, puisqu’ils en parlent à la télé et dans le journal… Du coup, moi, je ne regarde plus que le foot, le rugby et le tennis. Là, au moins, ils sont propres puisqu’il n’y a pas besoin de se doper dans ces sports là, et d’ailleurs, dans le journal, ils ne parlent jamais de dopage dans les pages qui nous vantent les exploits dans ces sports. »

À ces affirmations, voici ma réponse ou plutôt mes réponses :

Le vélo est un sport porté. Il est plus facile d’aligner des étapes à vélo que des marathons, des ironman, des matches de tennis ou de foot. Sur une étape les images télé concernent les gars qui sont devant, mais au fond du peloton il y a le grupetto, les coureurs qui vont rallier tranquillement l’arrivée sans se « mettre chiffon », donc ce n’est pas la bagarre tous les jours, les gars récupèrent sur certaines étapes. Egalement des études ont calculé la « pénibilité » (entraînements, charges de travail, répercussions physiologiques et traumatiques) des différents sports, et le vélo arrive en 5e position, derrière la boxe, l’aviron, ou encore le rugby.

Oui, le dopage a existé dans le vélo, oui, il existe encore, très certainement. Sauf que la lutte menée dans ce sport porte ses fruits et, qu’à l’évidence, les images que l’on observe sont rassurantes, mais …totalement rassurantes ?? peut-on y croire ?? On lit désormais sur la douleur sur les visages des coureurs. On voit bien que certains prennent des « tirs » qu’ils ne prenaient pas avant. Et certaines équipes ne roulent plus à 9 coureurs devant pour défendre un maillot. Enfin, des coureurs voire des leaders se trouvent vite isolés…

Pour ma part, je base mon regard médical et physiologique sur l’analyse du coup de pédale, les transformations morphologiques, l’analyse de la respiration, les muscles du visage pendant l’effort, la puissance développée ou encore la progression sportive pour en juger.

Egalement les coureurs n’hésitent pas à émettre des propos clairs : « Untel, ou cette équipe, ils se foutent bien de notre gueule ». Et pourtant, ils se taisent. L’omerta ? Oui et non. Simplement, ils vivent de leur sport, ils ont la passion et ne veulent pas altérer davantage l’image du cyclisme.

L’étau s’est considérablement resserré

Évaluer un pourcentage de dopés sur un Tour de France est impossible. Si je m’y risque, je dirais que seuls 5% des coureurs se dopent avec du « lourd » accessible à une « élite » probablement bien organisée et fortunée (Aicar, EPO de « dernière génération » indétectable, autres produits administrés avant les grands compétitions tes que les anabolisants, l’hormone de croissance).

On en saura plus dans quelques années quand les échantillons de sang et d’urines conservés livreront leur vérité et que les méthodes de détection seront au point et validées. Car à ce jour, seul un laboratoire allemand aurait développé la technique permettant de différentier l’Aicar exogène (administré) de l’Aicar endogène (fabriqué naturellement par notre organisme).

Cette lutte a un coût énorme. Les fédérations sportives, nationales et internationales, les équipes, les coureurs, tous les représentants du sport participent à la lutte. La volonté annoncée est unanime.

Alors oui, le dopage aura toujours une longueur d’avance sur les contrôles, oui il y aura toujours des médecins avides de fric qui doperont, mais l’étau se resserre, les coureurs doivent parler, balancer les dopés, balancer les dopeurs. Et d’ailleurs le prochain code anti-dopage 2015 va ouvrir encore plus les portes à la délation.

Existe-t-il un « dopage du pauvre » ? Oui, très certainement. Et là, je vais développer ma réflexion sur les corticoïdes, que je dénomme « dopage du pauvre » parce que ça ne coûte pas bien cher … » La FFC, via son médecin national le Docteur Armand Mégret, veille attentivement. Le MPCC (mouvement pour un cyclisme crédible) a repris et étendu cette surveillance.

De façon inopinée, des contrôles de cortisolémie peuvent être effectués tôt le matin dans les hôtels avant le départ des courses. Si le taux de cortisol est inférieur au taux bas défini par le laboratoire qui réalise l’analyse, le cycliste est interdit de départ.

Pourquoi avoir recours à un corticoïde ? Pour se soigner (problème de tendon, d’articulation, d’allergie, d’asthme) ou pour se doper car cela diminue la douleur, exalte l’envie et le dynamisme, et ça fait perdre du gras. Un regard médical décèle aisément les coureurs aux jambes « bouffées par les corticos », et d’ailleurs, entre eux, les coureurs le voient bien aussi

Sur les contrôles déjà réalisés dans le milieu cycliste pro, les taux de cortisol sont élevés, il semble donc que ceux qui « jouent » avec les corticoïdes soient peu nombreux. Mais on sait aussi que le taux de cortisol revient assez vite à la normale après un apport exogène de corticoïde, alors …

Quels peuvent être les corticoïdes administré à un sportif : et bien je vais différencier deux situations : 1/ pour la santé 2/ pour le dopage !!!

1/Pour la santé : l’administration locale de corticoïdes est autorisée par les instances ; je rappelle que l’administration par voie générale (comprimés, gouttes, injections intramusculaires ou intraveineuses) est interdite et détectable dans les urines. C’est ainsi qu’un cycliste qui fait la preuve de son asthme (spirométrie, test à la Métacholine, consultation chez un pneumologue) peut avoir recours à un corticoïde inhalé.  Cette administration locale peut très probablement, surtout si les muqueuses (nasales et/ou bronchiques) sont très enflammées, occasionner un passage du produit inhalé dans le sang et faire alors baisser le taux de cortisol sanguin (freination des surrénales) : au point d’effondrer le taux de cortisol sanguin ? Probablement pas mais en théorie cela est possible, une réflexion doit être menée, en particulier avec des pneumologues et des spécialistes de l’axe cortico-surrénalien.

L’administration locale de corticoïdes peut également correspondre à une infiltration de cortisone. La FFC a établi une « fiche-infiltration » sur laquelle le médecin qui infiltre doit documenter le diagnostic, les examens réalisés (échographie par exemple), le produit utilisé, la date de l’infiltration, la dose administrée. Cette fiche est adressée au médecin national. La porte ouverte aux infiltrations « bidon » se ferme …

2/ Pour le dopage virtuellement on peut imaginer qu’un sportif « bénéficie » de l’administration locale d’un corticoïde alors que ce même corticoïde local existe aussi sous une forme injectable… Pourquoi ne pas alors « bénéficier » d’un dossier « bidon » (tendinite, allergie) dans lequel est mentionné « l’intérêt » par exemple pour une tendinite d’une infiltration avec du Kénacort … la molécule est alors présente dans les urines pendant de nombreuses semaines ; en cas de contrôle elle est retrouvée, sauf que le sportif peut justifier qu’il a eu besoin d’une infiltration ; tout va bien, sauf que rien n’empêche ce sportif, s’il a l’intention de se doper, d’avoir ensuite recours à des « micro-injections » régulières de ce même corticoïde, par exemple tout au long d’une longue course par étapes.

Comment y remédier ?? La FFC interdit sur un document remis aux médecins du cyclisme l’utilisation de corticoïdes locaux qui existent aussi sous une forme injectable : les précisions sont claires dans un tableau où figurent les molécules interdites (= qui existent sous des formes locales mais aussi sous forme générale, exemple la Triamcinolone : Kénacort, Nasacort) et celles autorisées (par exemple le Cortivazol pour une infiltration car il est spécifiquement adapté aux infiltrations) . Ceci est-il vraiment respecté, vérifié ? Je ne peux pas répondre à cette question. Je ne peux répondre que pour mon équipe où cette règle est scrupuleusement observée et les gars ont la totale interdiction (c’est noté dans leur contrat) d’avoir recours à un médicament que je n’aurais pas validé. Que ce soit pour une infiltration ou une administration nasale la porte à la magouille aux corticos est fermée, point.

Certains pensent que les médecins n’ont rien à faire dans le milieu du sport, spécialement dans le sport professionnel, voire même qu’ils incitent au dopage. Que les gens racontent ce qu’ils veulent. Moi comme d’autres médecins d’équipe, nous faisons notre job, avec notre savoir et notre expérience, conscients qu’un suivi médical s’impose chez des sportifs soumis à des charges d’entraînements importantes.

Nous accompagnons nos sportifs dans une tranche de vie où se mêlent le suivi médico-sportif mais aussi le respect, l’écoute et la passion. On développe la mise en place d’outils qui respectent l’éthique médicale et sportive : protocoles de nutrition avant-pendant-après l’effort, suivi médical cohérent, sophrologie, gestion d’une équipe de kinés du sport compétents et passionnés, luminothérapie et autres outils, éducation et pédagogie auprès de nos coureurs etc.

Quant à nos coureurs, ils se battent avec leurs moyens, individuellement et collectivement, ils se concentrent sur leur course et cela demande déjà beaucoup d’énergie physique et mentale…

Leur objectif: ne pas regretter après le Tour de ne pas avoir donné le maximum de leur potentiel …

Merci à tous pour votre fidélité, Jean-Jacques

4 Comments Est-il possible de participer au Tour de France sans se doper ? en direct du Tour de France 2013 le médecin de l’équipe SOJASUN mouille le maillot et n’occulte pas les questions qui fâchent !

  1. Manu

    Globalement, quand n’importe quel sportif preste sous infiltration,c’est un héros car il va au delà de la douleur mais quand un cycliste fait de même, c’est un tricheur, pourtant il me semble que le produit est le même non ?

    C’est avec un grand plaisir que je m’informe sur votre site internet. 😉

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