Les allergies aux pollens flambent !! Que faire ?? Ceux qui trichent et ceux qui ne trichent pas …

Les allergies aux pollens flambent !! Que faire ?? Ceux qui trichent et ceux qui ne trichent pas …

Les « beaux jours » se sont brutalement installés dans le nord de la France et en … Belgique.

Les pollens flambent, en particulier actuellement les pollens du bouleau.

En respirant ces pollens les muqueuses réagissent : les yeux s’enflamment, le nez coule, le sportif éternue, éventuellement ses bronches réagissent en s’enflammant et donc le calibre des bronches diminue : l’oxygène parvient moins bien aux muscles pendant l’effort, les puls montent, les pattes explosent ….

Au repos environ 5 litres d’air entrent (et ressortent !) dans les bronches et les fosses nasales

MAIS au maximum de l’effort (ascension d’une bosse par exemple) le sportif respire 200 à 240 litres par minute !! c’est à dire que 40 fois plus d’air pénètre dans ses bronches, et donc 40 fois plus de pollens !! Et donc logiquement les muqueuses (yeux, nez, gorge, bronches) vont réagir 40 fois plus chez le cycliste pendant la course !! alors que le spectateur au bord de la route sera 40 fois moins gêné. Logique, juste il faut expliquer ça.

Alors on fait quoi ? On triche ou on ne triche pas ?? Il est possible de tricher ? la réponse est malheureusement oui ; accrochez-vous, j’explique :

Les antihistaminiques en comprimés sont un traitement assez efficace, à la condition qu’ils soient pris régulièrement pendant toute la période d’exposition aux pollens. Le plus souvent il s’agit de prendre 1 ou 2 comprimés le soir au coucher. Ces traitements sont autorisés.

Les traitements locaux : laver régulièrement les fosses nasales avec de l’eau salée (un super appareil est le « Rhino Horn » : simple, efficace), les corticoïdes locaux par voie nasale et/ou bronchique sont TOUS autorisés, juste le sportif devra en déclarer la prise en cas de contrôle, la molécule sera retrouvée dans les urines. Des traitements locaux antiallergiques non corticoïdes par voie oculaire et nasale existent aussi, avec des résultats inconstants.

Il est clair que le traitement « miracle » qui atténue le plus les symptômes, ce sont les corticoïdes par voie générale (c’est à dire en comprimés ou en injections) Je ne développe pas les effets secondaires délétères de la prise de corticoïdes sur la santé, ce n’est pas l’objet de cet article. Juste on sait que ces traitements sont très efficaces pour lutter contre l’allergie aux pollens. MAIS les corticoïdes par voie générale sont INTERDITS en compétition ; alors le sportif ne peut pas en prendre ?? et bien SI !!! « juste » il « suffit » qu’il se fasse prescrire par son médecin (médecin complaisant ou médecin qui ne connaît pas la problématique des corticoïdes) un traitement local (pulvérisations nasales) qui contient une molécule de corticoïde qui existe AUSSI sous forme de comprimés ou sous forme d’injection. Et le « tour » est joué !!! S’il va au contrôle, et bien le sportif déclare la prise du corticoïde local (il a le droit, TOUS les corticoïdes locaux sont autorisés) alors que …. la veille ou le matin il s’est administré une « microdose » de la même molécule, en comprimé ou en injection !! Facile !!! La molécule sera retrouvée dans ses urines, mais comme le sportif a déclaré la prise de cette molécule par voie locale, aucun problème !!

L’explication est compliquée, mais l’affaire est simple ; et donc il est possible de « jouer » ; certains médecins d’équipes interdisent dans le règlement interne l’utilisation de corticoïdes locaux qui existent aussi sous forme de comprimés ou d’injections ; d’autres médecins se limitent à des « recommandations » … , ce qui est déjà louable, mais … insuffisant ! En aucun cas je ne me permets de douter de la probité de ces médecins.

Attention : l’objet de mes propos n’est certainement pas de m’ériger en chevalier blanc, en Monsieur Propre ; ok ? ; juste je veux expliquer qu’aujourd’hui il est possible de TRICHER ; que certains piquent la victoire des autres ; certains coureurs traînent leur misère avec les allergies, d’autres non. Combien de sportifs détournent le règlement ? Je n’en sais rien ; je laisse les gars écouter ce qui se dit, regarder les « pattes » de ceux qui à l’évidence sont sous corticoïdes, et discuter entre eux ; personne ne « balancera », c’est l’« omerta » Attention aussi : il ne faut pas prêter une attention disproportionnée à la rumeur et SURTOUT bien sûr il existe des victoires propres, des gars qui ont du talent, de la générosité, un mental, et qui méritent la victoire. Je n’ai pas à juger, je n’ai pas à donner des bons points et des mauvais points. Je ne suis ni qualifié ni autorisé pour cela. Juste je dis : et pourquoi on n’interdit TOTALEMENT les corticoïdes locaux qui existent aussi sous forme de comprimés et d’injections ?? Je pense que se poser cette question est licite, logique et … utile

Les contrôles de cortisolémie le matin, réalisés par les Instances, ne servent à RIEN !! Pourquoi : parce que les « microdoses » de corticoïdes en comprimés ou en injection ne font PAS baisser le taux de Cortisol. Il faudrait que le sportif consomme une forte dose de corticoïdes pour faire baisser son cortisol sanguin ; et pour « soigner » une allergie pas besoin de fortes doses.

Ah oui …. petit effet « intéressant » des corticoïdes : le sportif aura moins mal aux pattes, ça peut être utile …

L’objectif de mes propos n’est pas d’exprimer une amertume, je ne suis pas aigri, juste je ne supporte pas que certains n’aient pas la chance de s’exprimer parce que d’autres trichent ; mais après tout ça reste le problème des coureurs ? Non ? Le cyclisme a changé, j’ai moi-même connu un cyclisme qui n’était pas propre, clairement ce sport a fait énormément d’efforts, c’est LE sport le plus contrôlé, probablement que le dopage y est devenu marginal, grâce à la volonté des Instances et de tous les acteurs du milieu.

Je conclue en m’étonnant vraiment : tout le monde sait qu’il est possible de tricher, tout le monde sait que certains trichent (certains coureurs changent d’équipe et racontent), et on fait quoi ?? La parade serait pourtant simple pour fermer la porte aux tricheurs …

Allez, on continue, tout va bien !!

Mes propos n’engagent que moi, en tant que médecin présent dans le milieu du sport depuis .. 35 années maintenant ; si ça peut faire avancer les choses …

De nombreux journalistes me contactent régulièrement sur ce sujet du dopage aux corticoïdes : je ne réponds pas, je ne répondrai pas ; à eux de mener les enquêtes, de discuter avec les Instances.

Merci à tous pour votre fidélité sur ce site de conseils de terrain en médecine du sport et en nutrition du sport, 5000 à 7000 visiteurs me rendent visite chaque jour, merci !

Médecine du cyclisme : les aspects spécifiques des pavés ! LA course cycliste Paris-Roubaix

Médecine du cyclisme : les aspects spécifiques des pavés ! la course Paris-Roubaix

 

« Mon » 15ème Paris-Roubaix demain, en tant que médecin d’équipe je précise, pas en tant que coureur 😉  ; Je partage le stress et le rêve des coureurs ; plus que jamais sur cette course mythique j’ai un profond respect pour eux : le contraste saisissant entre la souffrance et l’enfer, et le plaisir « grand comme ça » ; leurs sourires quand après l’arrivée ils montent dans le bus ; souvent quelques-uns me disent : « alors jjdok, t’as passé une bonne journée ???  »  !!!!!!!!

 

Quels sont les aspects spécifiques de ces courses sur les pavés  ?

  1. Ce ne sont pas les mêmes vélos ; et il faut savoir, c’est un exemple, qu’un problème de genou chez un jeune coureur ça vient le plus souvent d’un problème de matériel ou de position ; donc chaque coureur doit avoir bien testé son vélo spécifique pavés pendant les semaines qui précèdent.

 

  1. Sur les pavés il faut considérer que c’est tout l’organisme qui va être soumis à des « secousses », façon « marteau piqueur » !! et si on détaille toutes les pièces de l’organisme je peux énumérer les principales contraintes :

 

  • La carrosserie du coureur reçoit plus que s’il roule sur une autoroute : les pieds, chevilles, genoux, bassin, dos, jusqu’au cou ; Il faut donc amortir les secousses : des gants de qualité, plusieurs tours de guidoline ; la pose d’une bande souple de contention au niveau des poignets amortit les vibrations au niveau des bras et donc des épaules et du cou. Des bandes de tape sont placées au niveau du dos pour certains coureurs.

 

  • Les mains sont exposées : avec surtout un risque d’ampoules ; on conçoit donc des protections adaptées ; des bandes de strapp sur les 1ères et 2èmes phalanges, des protections éventuellement placées sous les gants ; les poignets « reçoivent » aussi, avec aussi le risque de compressions de certains nerfs qui passent dans les poignets ; il peut être utile de mettre des strapps.

 

  • Le tube digestif est très sollicité avec les secousses : donc la prévention passe par un repas sans fibres la veille et le matin ; je conseille aux coureurs fragiles un pansement digestif et un produit anti-reflux

 

  • Le périnée « reçoit » aussi les secousses ; problèmes d’irritations, de compression des voies urinaires, de la prostate. Ça renvoie à la qualité du cuissard, à la préparation du périnée avec des pommades pendant les jours qui précèdent ; ça renvoie aussi à la conformation de la selle. Le lendemain de Paris-Roubaix certains coureurs vont « pisser du sang » avec de fortes brûlures urétrales : ce n’est pas une infection urinaire !! C’est « juste » un phénomène d’irritation et de compression mécanique de la « tuyauterie » sur la selle.

 

3. La poussière si temps sec à agression yeux gorge bronches ; s’il fait sec les coureurs allergiques vont souffrir …

il faut adapter les lunettes, pendant la course un lavage des yeux et du visage avec de l’eau. Après la course un lavage au « karcher » des yeux, avec une solution apaisante.

 

4. La nutrition avant et pendant l’effort est très spécifique car :

  • Les gars vont se lever tôt vers 6h30. C’est tout l’intérêt de la consommation du GATOSPORT, produit Overstims parfaitement digeste et dont la composition est optimale : le tiers d’un GATOSPORT par coureur.

 

  • 250 km, ça justifie des apports réguliers de carburant !! environ 250 Kcalories par heure entre les bidons, les gels, les barres, les pâtes de fruit, et des emballés de rice-cake.

 

  • L’estomac est soumis à des contraintes sévères ; l’excellente digestibilité des produits Overstims, avec un PH neutre, est un atout.

 

      5. Le mental sur une telle course : il ne faut pas oublier ce facteur déterminant sur une telle course

le profil de « guerrier plus fort que la douleur » ; la gestion du stress d’une course « mythique » ; un sommeil un peu difficile avant un tel objectif qui pour certains est L’objectif de la saison. Une séance de sophrologie la veille au soir est pratiquée par certains coureurs, pour optimiser l’endormissement et la qualité du sommeil.

https://www.seance-sophrologie.com/ (nombreuses séances de sophrologie pour le sportif)

6. La chance … à 2 niveaux : être dans le bon coup, pas de problèmes mécaniques (ou pas trop … et … être vite dépanné …), … et pas de chute grave qui empêche de remonter sur le vélo ; je ne vous cache pas que c’est une journée « spéciale » où j’espère ne pas avoir à prendre en charge de plaies compliquées, ou de fractures …

 

 « Le sourire après la souffrance », beaucoup d’émotions sur cette course, pour les coureurs avant tout, mais aussi pour le Staff et pour jjdok 😉

 

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Jean-Jacques