la fatigue sur le Tour de France … solutions éthiques et non éthiques … microdoses, tramadol, ventoline

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Chronique N°22  Tour de France 2018 jjdok médecin référent équipe « Fortunéo-Samsic » : la fatigue sur un grand Tour, solutions éthiques et non éthiques …

Pendant les 3 semaines de course sur ce Tour de France 2018 je rédige chaque jour une chronique médicale, avec des thèmes variés mais qui concernent le terrain : la nutrition, les bobos du cycliste, le dopage, la santé, l’hygiène de vie, etc. Parfois le ton est caustique, mais c’est juste pour vous réveiller   En quelque sorte je vous fais partager mon expérience, qui s’est construite au fil du temps grâce avant tout au coureur avec qui j’ai toujours engagé une relation de respect, d’écoute, pour un travail interactif ; une relation médicale est, comme toute relation, le résultat d’une rencontre où chacun vient vers l’autre. C’est le coureur qui m’a appris l’essentiel de mon job.

Chroniques précédentes :

 

Donc aujourd’hui : la fatigue sur un grand Tour

Etre « fatigué » après 21 étapes c’est tout juste …. normal ; ce Tour était taillé pour les grimpeurs, avec des exigences tout juste incroyables ; il paraît qu’on cherche à lutter contre le dopage …

Les coureurs pros sont des athlètes de très haut niveau, leur physiologie est à part, leurs capacités de récupération sont énormes, leur mental est … énorme

La canicule qui a sévi sur ce Tour a épuisé les gars ; la gestion nutritionnelle (hydratation, minéraux, techniques de refroidissement) a été rigoureuse et adaptée.

Des protocoles nutritionnels ont permis chaque jour de compenser les dépenses énergétiques bien sûr, mais aussi de reconstituer le carburant glucidique et protidique ; la déplétion en glycogène est un facteur essentiel de fatigue. Le sommeil, outil principal de la récupération, a fait l’objet de toutes les attentions.

Le mental : l’image de l’arrivée à Paris, coûte que coûte, la cohésion du groupe avec le partage de la souffrance, la mise en place de moments de sympathie, la prise de conscience de vivre un événement qui sera gravé dans la mémoire du coureur, voilà des processus qui gomment la fatigue.

Moi, en qualité de médecin, je suis très fier de « mes » coureurs, je leur adresse un immense bravo à l’issue de ce Tour : ils arrivent à 8 à Paris (très peu d’équipes arrivent à Paris à 8 …) ; ils ont TOUT donné, avec leurs moyens, leur éthique ; et les moyens financiers dont dispose notre « petite » équipe : 6 fois moins que la Sky, 2-3 fois moins que des équipes Pro-Tour françaises. Notre leader Warren Barguil a fait le show, il a tout donné: générosité, dépassement de soi, envie de bien faire; mais il est difficile de lutter contre la coalition des autres équipes, même s’il faut accepter le jeu tactique du cyclisme.

l’éthique: à l’évidence les corticoïdes, sous forme de « microdoses » sont encore présents dans le peloton; ceux qui me connaissent savent quel est mon combat, voué à l’échec parce que ça ne semble pas retenir l’attention des Instances, à plusieurs reprises je m’en suis expliqué; le règlement médical de mon équipe interdit le recours à des corticoïdes locaux (voie nasale par exemple) qui existent aussi sous forme de comprimés ou d’injections; juste un exemple « classique »: un coureur « bénéficie » de la prescription de Nasacort pour une allergie réelle ou factice, ce produit contient de la Triamcinolone; si le coureur fait l’objet d’un contrôle urinaire on retrouvera cette molécule de Triamcinolone dans les urines: pas de problème car tous les corticoïdes locaux sont autorisés; SAUF QUE …. peut-être que le coureur se sera administré, régulièrement sur un grand Tour une « larme » de Kénacort en sous-cutané (le Kénacort contient la MEME molécule que le le Nasacort), à une dose (« microdose ») telle que le taux urinaire de Triamcinolone est faible et « compatible » avec un usage nasal de Nasacort (une partie du produit local passe dans le sang et va donc être retrouvé dans les urines); le tour (Tour) est joué, car un des effets des corticoïdes est d’avoir moins mal aux pattes …. et d’être stimulé au niveau du mental (effet psychostimulant) De plus la « microdose » ne suffit pas à faire baisser le taux sanguin du Cortisol, si bien que le coureur peut sans problème « valider » les contrôles inopinés de cortisolémie diligentés par le MPCC (« mouvement pour un cyclisme crédible », auquel adhèrent la moitié des équipes professionnelles). Qui sait quoi ? de nombreux coureurs qui viennent d’autres équipes et qui me racontent; mon regard sur les pattes « caractéristiques » de certains coureurs; mais les coureurs se taisent par respect pour leur sport, qui est aussi leur job; peut-être faudrait-il concevoir un lieu d’écoute type « lanceurs d’alerte  » ???   Autre « astuce »: la prise de Tramadol (antalgique qui possède aussi des propriétés morphine-like): ça gomme le mal aux pattes; ce produit est très prisé dans le peloton; il est interdit dans mon équipe, il est interdit par le MPCC, il sera interdit par les Instances internationales à partir du 1er janvier 2019, oufff … Allez, un dernier « truc »: la prise de Ventoline (Salbutamol) à une dose supérieure à la dose usuelle pour soigner un asthme d’effort: pour « mes » coureurs le règlement médical interne INTERDIT de dépasser 2 bouffées 1/2h avant le début de l’effort; car pris à doses supérieures la Ventoline lutte contre la fonte musculaire et a sans nul doute un effet boostant; pris à doses thérapeutiques (2 bouffées), il est prouvé l’absence de ces « bénéfices secondaires »

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J’« alimente » régulièrement ce site de conseils en médecine du sport et en nutrition du sport ; également mon webmaster gère un site de séances de sophrologie du sport sur lequel je poste des enregistrements de terrain qui s’adressent à tous les sportifs, avec des séances spécifiques pour le cycliste, le joueur de tennis, le joueur de foot, etc. etc. . Comment mieux récupérer, techniques pour optimiser la préparation d’un objectif, comment mieux dormir, etc. etc. Ce site : https://www.seance-sophrologie.com/

 

 

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