Préparation nutritionnelle d’un MARATHON

21 novembre 2009 par Jean Jacques Menuet | Consulter la biographie de l'auteur Laisser une réponse »

Il s’agit d’un protocole qui me semble « tenir la route », avec des conseils que je valide par rapport à l’expérience du terrain avec le suivi de nombreux marathoniens de tous les niveaux ; et l’expérience des meilleurs d’entre eux me conforte pour vous proposer ces conseils ; bien sûr chaque athlète ne prendra dans ces recommandations que ce qui lui paraît utile en fonction de SA propre expérience et surtout en fonction de son environnement sportif (coach, préparateur physique etc.) 

Les conseils qui suivent concernent avant  tout l’athlète motivé, prêt à entrer pendant plusieurs mois dans un cadre sportif qui représente quelques sacrifices.

Un peu d’histoire …

 

Marathon est un village Grec de 2000 habitants situé  à 39 km au nord-est d’Athènes. Il est aussi le siège d’une célèbre bataille qui a opposé, en 490 avant Jésus-Christ, les Athéniens, commandés par Miltiade, aux Perses. Ce conflit a sauvé la Grèce de l’invasion Perse. A l’issue de la bataille, le célèbre coureur de Marathon, un soldat grec nommé Philippides, accomplit d’une traite à la course la distance qui séparait le champ de bataille à Athènes où il devait apporter la nouvelle de la victoire. En arrivant, épuisé par l’effort, il mourut.

Les premiers Jeux Olympiques Modernes ont eu lieu à Athènes en 1896, sous l’impulsion de Pierre Fredi, baron de Coubertin. Ils renouaient alors avec la tradition antique laissant de côté l’aspect religieux de la manifestation. Des courses dénommées marathons se déroulaient dans plusieurs villes. Boston est l’épreuve doyenne.  Mais la distance n’était jamais calibrée. Les sportifs couraient sur des distances variables

En 1908 aux JO de Londres, les britanniques eurent l’idée de donner à cette course un kilométrage étalon. Ils calculèrent alors la distance séparant la terrasse du château de Windsor, ligne de départ, et les derniers 100 mètres du stade olympique de White city, où ils établirent l’arrivée. Ils imposèrent alors une distance réglementaire fixée à 42,195 m

 

Nutrition et marathon 

Aspects essentiels : chaque athlète est différent en fonction de plusieurs critères : niveau, expérience, âge, végétarisme éventuel, lieux où sont pris les repas, contraintes professionnelles, culture, religion, goûts, à quel moment de la saison on se situe, etc. etc.

Donc chaque protocole est différent +++++++

En termes de santé je préfère assurer le suivi d’un coureur affûté qui va terminer en 2h30 plutôt qu’un coureur en surpoids qui va courir en 7 heures soit …. 3 marathons (DANGER +++)

La préparation de l’athlète ne se limite bien sûr pas à la nutrition qui ne représente QU’UN des éléments, à côté du protocole d’entraînements, de l’évaluation physiologique puis du suivi physiologique, des soins dispensés par le dentiste, le kiné du sport, le podologue du sport, le travail éventuel du mental, l’hygiène de vie, le sommeil, les étirements, le suivi médico-sportif, la correction éventuelle de carences : préparer un marathon c’est s’apprêter à rentrer pendant 6 mois dans un espace spécifique du corps et du mental centré autour des notions de motivation, de ténacité, à l’écoute de ses sensations.

Que sous-entend la notion de « préparation » :

  • La médecine du sport et la kinésithérapie du sport sont l’étude et la prise en charge de l’homme en mouvement. Avec un aspect préventif et un aspect curatif

 

  • Nier l’évidence de la nécessité d’un suivi médico-sportif  spécifique pour un sportif soumis à des charges d’entraînements élevées relèverait d’une hypocrisie certaine, entretenue par le « lobbying de l’anti-sport » d’autant plus qu’un sportif « affûté » est beaucoup plus fragile (défenses immunitaires, muscles, tendons, mental)

 

  • Il s’agit donc avant  tout de santé, avant  la notion de performance.

 

 

La « trousse » des outils de « préparation »

  • Les glucides selon l’index glycémique (lent avant l’effort, rapide pendant l’effort, rapide puis lent après l’effort), je vais détailler plus loin.
  • Les protéines à plus de 90% et certains acides aminés: « BCAA », (Leucine, Isoleucine, Valine), Citrulline (une étude scientifique a été menée à Montpellier : la Citrulline est un acide aminé qui lutte contre la production d’Ammonium qui « toxine » pas mal le muscle et surtout qui informe très vite le cerveau d’un état de fatigue), Arginine et Glutamine (qui optimisent la resynthèse musculaire après un entraînement qui a été très intense)
  • Calcium, Magnésium, Sodium, Potassium, Zinc, Cuivre, Sélénium, Fer éventuellement QUE si carence (cf. article http://www.medecinedusportconseils.com/2009/10/20/les-apports-de-fer-toxiques-utiles/)
  • Ginseng, Eleuthérocoque, Spiruline, Gelée royale qui sont des « ergogènes » ; définition d’un nutriment « ergogène » = qui améliore les aptitudes physiques.
  • Antioxydants : ce sont des composés qui aident à protéger l’organisme contre les réactions d’oxydation qui accélèrent le vieillissement. Il peut s’agir  d’altérations dues à l’oxygène de l’air (et comme le sportif ventile beaucoup plus pendant l’effort il fabrique de l’oxygène moléculaire qui est un puissant oxydant), à la lumière, aux traces de métaux ou à certaines enzymes, le tabac, etc. (Vit C, Vit E (AlphaTocophérol), BétaCarotène, Sélénium, Zinc, Cuivre, Manganèse, Gluthation réduit, acides gras poly-insaturés) avec le conseil ESSENTIEL de ne pas consommer à outrance ces compléments : apporter trop d’antioxydants génère tout au contraire un effet « hyperoxydant » (c’est à dire que l’organisme va s’oxyder encore plus) Une nourriture équilibrée, comprenant en particulier des fruits et des légumes représente le meilleur moyen pour disposer d’apports quantitatifs et qualitatifs en antioxydants. Une boisson commercialisée à base de « Cranberry » peut représenter un apport intéressant en antioxydants.
  • Vitamines B1-B6-B12 (le muscle en a besoin) 
  • L’apport de vitamine C renforce les moyens de défense de l’organisme
  • Bicarbonate (antiacide) : Vichy St Yorre, repas « alcalins » après l’entraînement. A un haut niveau de performance, après avoir comparé le PH urinaire avant  puis après l’effort, il peut être opportun de proposer un protocole alcalin (= « anti-acide ») plus adapté.
  • Huile de saumon ou poisson gras (saumon maquereau sardine, en évitant de les faire griller, par contre la cuisson au four en papillote est conseillée), qui constituent  de bonnes sources d’antioxydants, qui de plus limitent les risques de tendinopathies, et qui optimisent le « profil aérodynamique » du globule rouge en rendant sa paroi plus malléable, plus déformable, permettant ainsi une meilleure circulation des globules rouges dans la vaisseaux sanguins périphériques de petit calibre, et le globule rouge étant moins « rigide » on en casse moins (lors de la contraction musculaire ; et en courant on « casse » des globules rouges qui circulent dans les vaisseaux sanguins sous la plante des pieds) ; donc on perd moins de Fer.
  • Quelques produits homéopathiques: ARNICA 5CH, CUPRUM 5CH, GELSEMIUM 5CH (fibre musculaire tendons – stress)
  • Phlébotoniques (= stimulent le retour veineux) : cho7 de contention +++, Intrait de marrons d’Inde; ATTENTION à certains produits phlébotoniques qui contiennent de l’Heptaminol qui fait partie de la liste des produits interdits (exemple le Ginkor) Pour le retour veineux lire l’article http://www.medecinedusportconseils.com/2009/10/16/veines-et-recuperation/)

Le reste: « bof… », inutile de lire 5 bouquins de 350 pages..,

 

L’objectif de la course sur longue distance (c’est la même chose pour le cycliste) : avoir un excellent foncier (« aérobie », « endurance ») de sorte que la filière lipidique (= je brûle les lipides en présence d’oxygène) soit privilégiée le plus longtemps possible pour que la filière glucidique (= je brûle des glucides en présence d’oxygène) soit mise en route le plus tard possible CAR mes réserves de glucides (= le « glycogène » stocké dans les jambes et dans le foie) sont épuisables ; en fait ce raisonnement est simpliste car les 2 filières sont intriquées, mais quand même l’athlète qui coure « au gras » économise ses stocks de glucides beaucoup plus longtemps.

 

NUTRITION : 3 périodes bien distinctes :

 

  • Les mois qui précèdent : atteindre PROGRESSIVEMENT le poids optimal; s’assurer de l’absence de carences (nutrition, complémentations adaptées QUE si elles présentent un intérêt), nutrition de tous les jours, nutrition avant-pendant-après entraînement (aérobie et/ou musculation et/ou lactique) notion +++ de récupération (nutrition variée et équilibrée cf. l’article sur ce site- sommeil cf. article et séance sophro– retour veineux cf. article– mental cf. par exemple séance sophro-récupération)
  • Les 5 jours qui précèdent : stocker du carburant = glucides et acides aminés. Régime « semi-dissocié »
  • Le jour de la course : nutrition du lever au coucher. QuelS carburantS, quelle hydratation, quels minéraux avant-pendant-après la course.

 

La dépense énergétique (2000 à 3000 Kcal)

 

  • est fonction de plusieurs éléments : DUREE, poids, type de parcours, météo, intensité, vitesse) ; des logiciels calculent précisément la dépense énergétique.
  • est assurée par :    (ENVIRON)

 

  • 35 à 50% lipides (dépend de la génétique et de l’entraînement  +++ = potentiel aérobie)
  • 45 à 65% glucides
  • 3 à 5% protides (selon parcours plat ou vallonné, et type de coureur)                

 

Les 3 « carburants »

  • Les lipides = les réserves ne sont pas à constituer car elles sont inépuisables
  • Les glucides = les réserves (glycogène foie-muscles = maximum 1200 Kcal dont 800 pour les muscles) sont à constituer car elles sont épuisables; puis les apports fractionnés pendant la course : on « tape » 2 fois moins vite dans les réserves de glycogène musculaires et hépatiques si pendant l’effort on apporte du glucose à la « dose » de  180 à 200 Kcal/h (maximum théorique = 1g de sucre/minute = 60g = 240Kcal qu’en fait on ne peut pas atteindre)
  • Les protides = des réserves sont à constituer surtout si le parcours est vallonné.

 

Le « mur » du marathon c’est quoi ? :

= mon organisme ne dispose plus de réserves de glucides (« je suis en panne de sucres »), la seule solution est alors de ne brûler que des lipides = je dois « rétrograder de vitesse » car brûler des lipides n’est possible qu’à allure modérée car il faut plein d’Oxygène; JE SUIS RESPONSABLE car : soit j’ai mal géré mon stock de glucides (stock insuffisant et/ou apports insuffisants pendant la course), soit je me suis mal entraîné (par manque de foncier mon corps utilise mal les lipides), soit je suis parti  trop fort (plus l’effort est intense plus je « tape » dans mes glucides qui donc s’épuisent car les stocks de glucides sont EPUISABLES, alors que les réserves lipidiques sont inépuisables)

Comment épargner (économiser) mes réserves de glucides qui vont surtout me servir à la fin du marathon (« le deuxième étage de la fusée ») :

Si pendant un effort prolongé j’apporte régulièrement des glucides je « tape » 2 fois moins vite dans mes propres réserves de glycogène = notion essentielle (je me répète …)

EN PRATIQUE :

Les 3-4 mois qui précèdent :

  • arriver PROGRESSIVEMENT au poids et %MG optimaux; nutrition variée équilibrée, complémentations si nécessaire; à un haut niveau objectif pour  6 à 8%MG
  • gérer la nutrition des entraînements (cf. suite)
  • gérer +++ la « récupération » (cf. suite)

 

Arriver progressivement au « poids de performance » qui doit être apprécié plusieurs mois avant  l’objectif ; j’ai pour habitude de conseiller d’arriver à ce poids 2 à 3 semaines avant  le marathon de sorte que les repères physique et psychologiques par rapport à ce poids soient bien intégrés par le corps et le mental, cet aspect me semble essentiel. En fait un « calendrier » de poids et de % de masse grasse va être défini, car bien sûr il s’agit de perdre du poids mais de ne perdre QUE du gras, et surtout ni muscle ni eau, et … on ne va pas gratter dans les os ! En gros (d’autres articles sur mon site abordent les stratégies pour perdre du poids) : gérer la notion de « balance » pour les apports en féculents et les apports en légumes (cf. article http://www.medecinedusportconseils.com/2009/11/15/comment-gerer-les-apports-glucidiques-en-fonction-des-charges-dentrainement-de-la-journee/) avec également la réflexion (en se pesant une fois par semaine le matin à jeun après « vidanges ») : j’ai pris du poids, je me sens lourd = j’augmente mes apports en légumes et je diminue mes apports en féculents ; j’ai perdu du poids trop vite, je me sens plus faible, j’encaisse mal mes charges d’entraînements = j’augmente un peu les féculents, je diminue un peu les légumes verts ; également ni charcuterie ni viandes grasses ; moins de fromage (en privilégiant les fromages à pâte molle comme le Camembert), limiter les sucres « rapides » : sodas, confiture, pain blanc à remplacer par du pain complet ou au son ou aux céréales ; plus de poisson que de viande ; pas plus de 2 œufs par semaine ; un repas du soir plus léger que celui du midi ; mais le tout dans la joie et la bonne humeur ; et pour la santé comme pour la performance mieux vaut perdre 2 kg par mois sur quelques mois que de perdre 6 kg en un mois, ce que je ne valide surtout pas, on ne « joue » pas avec un régime (mot que je n’emploie pas, car il est synonyme de galère, de frustration, de punition) Cet exemple de 6 kg à perdre n’est bien sûr qu’un exemple. Je rappelle aussi que la « fonte du gras » sera optimisée par les entraînements en aérobie, dont une ou 2 sorties le matin à jeun mais à allure modérée (plus on « tape » dedans plus on utilise les glucides et à jeun on risque l’hypoglycémie) pour privilégier l’utilisation des lipides ; mais vigilance +++, il faut BIEN se connaître, partir par précaution avec une barre de pâte de fruits ou de céréales, et surtout ne pas dépasser 35 à 45 minutes maximum de course ; je conseille aussi de faire un circuit en boucle autour de chez soi pour pouvoir … revenir plus facilement en cas de mauvaises sensations ; donc un entraînement à jeun doit se faire de façon TRES attentive.

 

NUTRITION ET ENTRAINEMENTS : REFLEXION ESSENTIELLE pour :

  • « refaire le plein de carburant » pour les séances ultérieures et « réparer », il n’est pas question que le sportif se mette en carence nutritionnelle progressive entraînement après entraînement.
  • prévention des lésions : si séance d’entraînement avec manque de carburant et/ou hydratation et/ou minéraux avant et/ou pendant et/ou après l’effort : risque accru de lésions musculaires et tendineuses.
  • augmenter la taille des BATTERIES musculaires de glycogène +++++++++++ (vider puis remplir = « surcompensation »), c’est aussi le but de l’entraînement.

 

Avant  de poursuivre je vous conseille d’avoir bien pris connaissance de l’article

http://www.medecinedusportconseils.com/2009/11/15/comment-gerer-les-apports-glucidiques-en-fonction-des-charges-dentrainement-de-la-journee/

Schéma nutrition entraînement le matin :

  • c’est le dîner de la veille qui apporte le carburant glucidique

 

  • pendant la 1/2h  qui précède le coucher boire tranquillement 250ml avec un centimètre de sirop de fruits et une dose bombée de Malto  

 

  • petit déjeuner digeste: un petit pot de compote de fruits, du thé, 3-4 biscottes aux céréales + confiture au fructose, ou 4 biscuits petit déjeuner LU aux céréales complètes. 

 

  • si sortie de moins d’une heure: eau plate suffit; si plus de 60mns, boire dès le début, un petit peu par un petit peu, eau plate + boisson énergétique du commerce [ou sirop de fruits (un bon centimètre pour 500ml) avec une pincée de sel/10° de T°] 

 

  • dès l’arrivée surtout si tu as beaucoup transpiré: 250ml de Vichy St Yorre non glacé en 5-6mns; puis boire sucré non glacé; puis une boisson de récupération (plusieurs marques dans le commerce, veiller à n’acheter que dans les surfaces de sport en France, cf. article http://www.medecinedusportconseils.com/2009/11/08/prendre-du-muscle-pourquoi-quel-interet-%c2%ab-ca-sert-a-quoi-%c2%bb-et-%e2%80%a6-attention%e2%80%a6-danger-potentiel/ où j’expose une mise en garde sur les « compléments »; au dessert du repas qui suit: si vous n’avez pas consommé de boisson de récupération, elle peut être remplacée par le mélange (dans un petit bol) d’un yaourt aux fruits ou d’un verre de Yop avec une dose rase de protéines à plus de 90°; le repas qui suit doit être alcalin: un peu de crudités, une assiette moitié légumes verts cuits moitié féculent, plutôt une compote ou mieux un purée de 2 fruits. Le moins de graisses possible; viande blanche ou poisson.

 

Schéma nutrition entraînement milieu ou fin d’après-midi:

  • c’est le petit déjeuner et le repas de midi qui apportent le carburant  
  • bien boire dans la matinée (eau plate) et dans l’a-midi (ex = eau +/- « Malto » selon l’intensité de la sortie)  
  • repas de midi simple et digeste, doit contenir féculents; peu de graisses 
  • nécessité de consommer une collation une heure avant  l’entraînement  si celui-ci a lieu plus de 3 bonnes heures après le repas de midi = un petit pot de compote de fruits, du thé, 2 biscottes aux céréales + confiture au fructose ou 2 tranches de pain d’épices ou 2 biscuits petit déjeuner LU aux céréales complètes.  
  • si sortie moins d’une heure: eau plate suffit; si plus de 60mns, boire dès le début, un petit peu par un petit peu, eau plate + boisson énergétique du commerce [ou sirop de fruits un bon centimètre pour 500ml] avec une pincée de sel par 10° de T° ext
  • dès l’arrivée surtout si tu as beaucoup transpiré: 250ml de Vichy St Yorre non glacé en 5-6mns; puis boire sucré non glacé; puis SI grosse sortie une « boisson de récupération » du commerce (plusieurs marques) ; si la boisson de récupération n’a pas été consommée : au dessert du repas qui suit mélanger dans un petit bol un yaourt aux fruits ou un verre de Yop avec une dose rase de protéines à plus de 90° (en ne choisissant QUE des marques vendues en France dans les magasins de sport) Le repas qui suit doit être alcalin: un peu de crudités ou un potage de légumes, une assiette moitié légumes verts cuits moitié féculent, plutôt une compote ou 2 fruits cuits ou une purée de 2 fruits. Le moins de graisses possible; viande blanche ou poisson.
  •  Bien boire jusqu’au coucher (les dernières urines doivent être claires « comme de l’eau »)

 

les 5 jours qui précèdent le marathon
= le « régime » semi dissocié

= « on recharge mieux une batterie qui a été vidée », c’est ce que vous a dit le vendeur de votre téléphone portable

 

*** J-5 J-4 J-3 = on vide UN PEU les batteries de glycogène hépatique et musculaire : assiettes des plats principaux = 2/3 légumes verts cuits pour 1/3 « sucres lents », fruits cuits, pas trop de pain; peu de graisses.

 

*** J-2 J-1 = on remplit les batteries de glycogène hépatique et musculaire : assiettes des plats principaux 1/3 légumes verts cuits pour 2/3 « sucres lents », fruits cuits, pain aux céréales ou mieux biscottes aux céréales (plus digestes) ; pas de graisses.  

  • Petits déjeuners = riches en « sucres lents » = pain complet, biscottes aux céréales, thé, céréales complètes, jus de fruits 200ml environ 100% pur fruits, yaourt nature ou un verre de fromage blanc sucré avec un peu de fructose
  • Déjeuner et diner = assiettes ¼ légumes verts cuits ¾ « sucres lents »; quasi pas de graisses; viande blanche ou volaille ou jambon ou poisson; pain aux céréales (à faire griller car plus digeste), biscottes aux céréales.
  • Boire régulièrement tout au long de la journée eau plate bien minéralisée  (Contrex) + Malto (3 doses rases pour  1l½ d’eau plate) + un centimètre de sirop de fruits +/- phlébotonique +/- Citrulline (= « Stimol », 4 sachets)
  • Le soir pendant la ½ h qui précède le coucher boire tranquillement 300ml = eau plate, 1 c-à soupe de fructose, 1 dose de « Malto », un peu de sirop de fruits, 2 sachets de Citrulline, manger un petit pot de compote sucrée et consommer tranquillement 2 biscuits « petit déjeuner LU aux céréales complètes »; cette petite collation glucidique optimise également la qualité du sommeil  car l’on sait que les hypoglycémies nocturnes sont responsables de réveils nocturnes ; enfin le goût du sucre « rassure » et « calme » le cerveau (alors qu’un petit déjeuner riche en protéines optimise la tonicité)

 

Autres complémentations que je peux être amené à conseiller :

Pendant les 3 mois qui précèdent :

  • Magnésium-vit B6, anti-oxydants, calcium-vitD, Molval ou autre huile de poisson (AGPI = acides gras poly-insaturés)
  • Vit B1 et B12 en homéopathie (par exemple 10 granules par semaine en 15CH)
  • Gelée royale, éleuthérocoque, ginseng, spiruline (algue riche en oméga-6 et 3, en minéraux, en Fer), B-Carotène (un verre de jus de carotte 2 fois par semaine !)
  • Oligo-éléments, Fer : UNIQUEMENT si justifié ; on voit trop de sportifs à qui il a été conseillé de faire une « cure » de Fer à l’approche d’une compétition ; pour moi = attention danger, cf. mon article sur le Fer : http://www.medecinedusportconseils.com/2009/10/20/les-apports-de-fer-toxiques-utiles/ ; le Fer sera à consommer avec un jus de fruits car la vitamine C augmente l’absorption jéjunale du Fer
  • Germe de blé

 

  • De J-5 à J-1: idem + « BCAA » matin soir, port de chaussettes de contention, arginine-glutamine (= « DYNAMISAN » un sachet au coucher), Citrulline (anti ammonium +++, 4 sachets dans la boisson enrichie en maltodextrines)

 

Le jour « J »

 

Avoir testé le protocole lors d’entraînements ou de 20km ou un semi-marathon ou autres distances: C’EST ESSENTIEL; on n’utilise pas une nouvelle paire de chaussures le jour d’une course !!!!!!!!!

Chaque dossier est différent selon la logistique du coureur pendant les heures qui précèdent: il arrive en voiture, il a couché à l’hôtel, il arrive en métro, combien de temps va-t-il piétiner (selon son N° de dossard), etc. etc. etc.

Au lever (voire même la veille au coucher puis le matin au réveil) = un sachet de Smecta si le coureur est souvent victime de coliques avant  le départ (stress le plus souvent) et pendant la course (pendant l’effort l’estomac et le colon ne sont plus irrigués par le sang, ils sont en « anoxie », les anses du colon viennent buter des milliers de fois contre la paroi abdominale, ceci est responsable de coliques fréquentes, et même de micro-saignements)

Petit déjeuner très digeste, aucune graisse, sucre « lent »: je suis d’accord avec tout : pâtes/jambon, « gâteau énergétique », céréales, pain aux céréales grillé ou biscottes aux céréales avec un peu de confiture ; MAIS pas de lait ni de café au lait (quasi interdits le jour d’une compétition, quelque soit le sport ; car digestibilité très très moyenne); plutôt café ou thé. La consommation d’un gâteau énergétique (mais … pas de publicité sur ce site) dont la composition répond à d’excellents critères de digestibilité représente un bon choix (il peut être congelé dès sa cuisson, plusieurs parfums, en consommer un tiers) Ce petit déjeuner doit être consommé dans le calme, la tranquillité, mâcher lentement, prendre le temps car ce que l’on mange est important, la façon dont on mange l’est encore plus. Ce petit déjeuner doit être terminé 3 bonnes heures avant  le départ ; l’avantage du « gâteau énergétique » est de pouvoir être consommé plus tard, avec un petit déjeuner terminé 2 heures avant  le départ.

La « boisson d’attente » (cf. également mon article http://www.medecinedusportconseils.com/2009/10/23/la-boisson-dattente-et-dautres-techniques-pour-gerer-le-stress/ )pendant les 90 minutes qui précèdent le départ, un petit peu par un petit peu = « fabrication maison » (ou boisson d’attente du commerce) = un litre d’eau plate, 2 sachets de Stimol, 10 granules d’Arnica 5CH et de Cuprum 5CH, 2 doses rases de Malto, une c-à-soupe rase de fructose, un peu de sirop de fruits et le jus d’1/2 citron        (= MAINTIEN DE L’HYDRATATION ET DU TAUX DE LA GLYCEMIE) BOIRE TRANQUILLEMENT, BIEN « déguster » et se concentrer sur le goût (la garder un peu en bouche avant  d’avaler)

PENDANT LA COURSE : OBJECTIF = apporter EAU + GLUCIDES RAPIDES + SEL + PLAISIR, c’est TOUT, le reste n’est que de la littérature.

à Volume et charge calorique = essentiellement fonction du chrono ; = « en gros » 175 à 200 Kcal/heure, c’est déjà pas mal.

à Si possible (tester lors d’entraînements) partir avec une bouteille de 500ml à la main (1ère heure) = eau plate, +/- sel, moitié sucre « rapide » (boisson glucosée), moitié « nouilles liquides » (Malto)

LOGISTIQUE = fonction expérience et tests; investir +++ dans une CALCULETTE pour le calcul des apports caloriques (base de 180 Kcal par heure de course)

  • Soit CAMEL-BACK (boisson perso ou du commerce)
  • Soit RAVITOS seulement (si on en connaît la composition)
  • Soit « PERSO » (mieux à mon avis sauf si plus de 3 heures) = « cartouchière »;  il faut soit faire simple (gels de Glucose) soit varier et alterner = gels, barres, pâtes de fruits, nougats, biscuits (exemple « roulés LU à 0%mg aux fruits rouges »), apérifruits, et ne boire que de l’eau à chaque ravito. Logistique correcte = consommer l’apport glucidique 200m avant chaque ravito où il ne faudra consommer que 3-4 gorgées d’eau en marchant sur une centaine de mètres. Quelques apports salés (10 noix de cajou une ou deux fois); une barre d’Emmenthal , 2-3 « tucs », un petit sandwich (pain de mie blanc/St Moret) Bien sûr il ne s’agit pas de faire une course axée sur la plaisir gastronomique, et la solution la plus simple, surtout pour le coureur entre 2h10 et 2h30 c’est la consommation de tubes de gels de glucose ; un coureur qui joue les premières places consommera au total 4 à 6 tubes de gel de glucose, ne boira que 2-3 gorgées de son bidon à chaque ravito, soit un total de 400 Kcal à peine ce qui correspond à l’apport nécessaire ; le reste des besoins énergétiques est bien sûr assuré par les lipides, et par les stocks de glycogène hépatiques et musculaires constitués grâce à la nutrition d’avant course ; également un peu par les réserves protidiques ; je ne veux pas entrer dans les détails, mais l’organisme, à partir de certains acides aminés et aussi à partir de l’acide lactique, parvient pendant l’effort à fournir des glucides.

 

Cet article est un peu long, merci de l’avoir parcouru dans son ensemble ; peut-être y aurez-vous trouvé quelques conseils à mettre en pratique ; n’hésitez-pas à livrer aux internautes votre expérience personnelle ainsi que vos réflexions par rapport à mes conseils ; pour cela il vous faut rédiger un « commentaire » ; ce site est un lieu d’échange.

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6 commentaires

  1. Pascale dit :

    Trop fort ton article Doc en plus ne ferais tu pas un peu dans le « madame soleil »? j’allais justement commencer des recherches sur la nutrition avant le marathon….. j’ai la réponse avant d’avoir posé la question…. et quelle réponse documentée, complète, l’avis d’un super pro quoi! Merci merci.

  2. marcille dit :

    je cours le marathon du mont saint-michel le 9 mai 2010 ! temps prévu 3h20 3h15 , je vais essayer de m’allimenter en suivant votre article ! bonne réception
    Eric .M

  3. Damien dit :

    Superbe article comme l’ensemble des conseils que tu prodigues J-Jacques !
    Je rencontre souvent le problème des maux intestinaux en courant, je m’explique…
    Dès que je mange le midi, toute l’après-midi j’ai comme une espèce de liquide stagnant dans l’estomac provoquant des bruits (floc…) dès les 1ères foulées vers 16h45′… Et ceci s’amplifie si je bois après le déjeuner…

    Remarquable site, bravo !

  4. Jean Jacques Menuet dit :

    OK Damien; essaye de ne boire qu’un petit verre d’eau plate au repas, et bois le en 3 fois réparties dans ce repas; mange tranquile, cool, prendre le tps; et surtout si ton entrainement est « musclé », respecte un délai de 2 bonnes heures entre la fin de ton repas et le début de ton entrâinement; bien à toi, jjac

  5. david dit :

    Bonjour,
    Excellent article, tres intéressant.
    De mon côté, je vise pour mon premier marathon un temps de 4h (parce que bruxelles et parce que je suis plutôt lent).
    sur les conseils d’un camarade, j’ai pris une ceinture composée de 4 tubes de gel energique, 2 antioxydants et 2 « boostant » pour le finish.
    soit un tout les 30′.
    Y a t’il un risque qqonque à apporter trop de ces gels à l’organisme pdt la course?

  6. Jean Jacques Menuet dit :

    non; je rappelle le principe: 160 à 180 Kcal par heure; penser aussi aux apports salés (cf site)

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