Fracture de fatigue et reprise du sport

Fracture001Grande classique des sportifs, la fracture de fatigue intervient essentiellement au cours d’un déséquilibre de résorption/formation osseuse. L’ennui essentiel pour le sportif lors de ce type de fracture est la durée d’immobilisation. Indépendamment de la gestion du mental auquel il faudra, à l’image d’une centrale électrique, du temps pour gérer « l’arrêt à froid » du sport pratiqué,  il faut aussi compenser la fonte musculaire liée à l’arrêt brutal de son sport.

J-Jacques menuet, nutrition du sport, sophrologie

 

Cette fracture également appelée stress fracture par nos amis anglo-saxons porte bien son nom: elle apparait la plupart du temps lors d’une sollicitation stressante de l’os (c’est à dire particulièrement répétée), ou lors d’une sollicitation inhabituelle (matériel inadapté, mauvais appuis, …): les sportifs d’appui et de chocs direct sont donc les plus exposés. En premier lieu la course à pieds, puis tous les sports d’appui s’y rapportant. Cette pathologie n’est pas l’apanage des membres inférieurs (tibia, fibula, métatarses), elle existe également sur les membres supérieurs, notamment chez les joueurs de tennis sur les zones cubitus / radius… Si vous sentez sur vos appuis (vos pieds en l’occurrence, sauf si vous marchez à quatre pattes) une douleur lancinante d’apparition progressive, notamment au cours de l’exercice, précise et qui tend à s’étaler dans le temps, il est possible que vous soyez victime d’une fracture de fatigue. Votre médecin traitant/du sport aura bien entendu écarté au préalable toutes les pathologies possibles, qu’elles soient musculaires ou tendineuses. Les moyens de références pour diagnostiquer ce type de fracture sont l’IRM et les appareils de scintigraphie osseuse. La fracture de fatigue passe en effet la plupart du temps inaperçue lors d’une radio classique, ou sinon apparaîtra sous la forme d’une « sclérose ». Sur les données de l’examen clinique il est souvent difficile de la distinguer de la « périostite » (inflammation de la pellicule qui recouvre l’os par exemple la périostite tibiale, fréquente chez le coureur à pieds) de la fracture de fatigue, d’où l’intérêt de la scintigraphie osseuse ou de l’IRM.

Ce type de fracture peut également apparaître lors d’un diagnostic pour un traumatisme plus léger. Cas typique, un marathonien qui ressent un « claquement » dans la cheville lors d’un entrainement ou d’une compétition, sans pour autant avoir eu de choc en varus/valgus. L’IRM pourra par exemple présenter une lésion du ligament talo-fibulaire… accompagnée d’une fracture de fatigue du péroné (tibula). On parle aussi parfois de « fissure de fatigue ».


Une fois le diagnostic posé, l’arbitrage au niveau du traitement se fait souvent sur le caractère du patient (sera-t’il discipliné ou non dans le suivi de ce dernier ?). Traditionnellement, une fracture de fatigue ne requiert pas d’immobilisation par résine à proprement parler: le repos total est par contre obligatoire (ce qui n’est pas le cas si une rupture d’un ligament est associée à cette fracture de fatigue). Toutefois le sportif profitera de cette inaptitude pour réaliser des exercices respiratoires, du gainage, écouter une séance de sophrologie sur les blessures sportives ou … apprendre l’anglais. Attention, ce descriptif de traitement ne vaut que dans le cas d’une fracture de fatigue et non pas d’une quelconque autre fracture qu’elle soit non-déplacée ou déplacée (si vous êtes tombé sur cet article alors que vous cherchez un traitement homéopathique pour une fracture déplacée, courez plutôt faire une ostéosynthèse au CHU le plus proche de chez vous); par ailleurs seul votre médecin/radiologue/chirurgien peut vous donner des conseils éclairés sur votre dossier, car lui seul a toutes les cartes en mains. Retour à nos moutons: donc, repos strict en cas de fracture non déplacée, sauf pour les casse-cou. Attelle ++ en cas de lésion d’un ligament, car la fibre a besoin de stabilité pour se reconstruire proprement.

Néanmoins, il existe une solution intermédiaire encore assez peu proposée en France en matière d’orthèse, qui est déjà massivement utilisée aux États-Unis : il s’agit des bottes de marche. Ces bottes permettent d’assurer la stabilité d’un plâtre à votre jambe, tout en gardant la flexibilité d’une attelle, c’est à dire qu’à l’arrêt vous pouvez les enlever, surélever votre pied, le glacer en cas de réaction inflammatoire, … Deux marques dominent le marché, et ces deux marques proposent des walking-boots avec des coussins pneumatiques, afin d’apporter la contention d’un plâtre. Car si le plâtre permet d’éviter de déplacer secondairement la fracture et d’aider à la consolidation, il a aussi une véritable utilité antalgique. La botte de marche comble ces deux aspects. Il vous suffit de consulter Google afin de trouver des produits de grandes marques, et vendu à des prix abordables (-50% par rapport à la France) grâce au cours du dollar.

Ces bottes de marche permettent également de raisonnablement éviter les problématiques de phlébite et les injections quotidiennes d’héparines (HBPM) pour certains plâtrés.

Enfin en cas de fracture de fatigue, il peut parfois être bon d’évaluer le taux de calcémie et de cholécalciférol (vitamine D) afin d’utiliser des compléments en cas de carences. Il peut aussi être intéressant de consulter un podologue du sport afin d’évaluer la position du pied lors de la course à pied mettant trop en tension les ligaments et les os.

 

Bonne convalescence aux sportifs qui liront cet article.

1 Comment Fracture de fatigue et reprise du sport

  1. Philippe

    Merci pour cet article de qualité, comme l’ensemble de votre site d’ailleurs.
    Étant un jeune sportif, je m’appuie beaucoup sur vos conseils afin de progresser et surtout de ne pas faire n’importe quoi dans la pratique du sport.

    Je me fait régulièrement des périostites tibiales (Et donc arrêt du footing pendant un mois mini), et j’ai donc décidé d’investir dans de bonne paire de chaussure, car celle que j’ai (premier prix) sont un peu usées je pense… Et si cela continue, direction le podologue pour des semelles !

    Continuer votre site, c’est vraiment une mine d’information très intéressante !

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