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cyclistes : l’intersaison, prévention, bilan

17 octobre 2015

cyclistes : l’intersaison, prévention, bilan

Jean-Jacques Menuet,

médecin référent de l’équipe cycliste professionnelle « Fortunéo Vital-Concept »

 

L’hiver arrive, pour la plupart d’entre vous il s’agit de la période de l’intersaison; mon avis ne doit en aucun cas remplacer une consultation chez votre médecin traitant ou votre médecin du sport qui vous connait et qui mieux que moi saura vous conseiller; de même que seul votre entraîneur peut vous programmer un plan d’entraînement pendant cette intersaison, vous donner les bons conseils pour s’entraîner l’hiver ; voici des conseils de terrain pour bien gérer l’intersaison ; car le résultat de la saison dépend de la qualité du travail pendant l’intersaison …

 

Les objectifs de l’intersaison, comment exploiter l’intersaison : c’est pendant l’intersaison que le cycliste construit la qualité de votre saison … L’intersaison c’est aussi le moment pour souffler, décompresser, et faire tout ce qu’on n’a pas le temps de faire pendant la saison !! Cet article concerne le coureur cycliste amateur quel que soit son niveau; les cyclistes professionnels ayant la chance d’être coachés par des staffs compétents ne sont peut-être pas concernés mais bon … quelques rappels peuvent être utiles … Le cyclotouriste, amoureux fou de notre sport, qui consacre une partie de sa vie au vélo, est bien sûr également concerné par cet article; il va pendant sa saison accumuler beaucoup de bornes, parfois au prix de soucis de santé dont l’origine est très souvent liée à une mauvaise préparation hivernale et quelquefois des négligences au niveau du suivi médicosportif. « ON » parle de supprimer le certificat pour l’aptitude au sport; peu importe, cette décision sera comme d’autres amenée pour des raisons d’économies comptables au prix de la qualité de la surveillance des sportifs. Au sportif de considérer que ses charges d’entraînement et la spécificité de son sport justifient un suivi médico-sportif cohérent, pour la santé avant même de parler de performance même si bien sûr les deux aspects sont liés…

 

 

S’il y a un moment privilégié pour bénéficier d’une

consultation médicale complète et adaptée

c’est vraiment en début de l’intersaison ; cette consultation peut être ainsi structurée:

  • Bien sûr un examen clinique spécifique à la médecine du vélo : cou, bouche-dents-mâchoire, ORL, bronches, cardio vasculaire, palpations des pouls périphériques, poignets, dos, périnée, bassin, genoux, pieds. Examen dermatologique.
  • Je conseille volontiers de consulter un podologue du sport pour un bilan statique (au repos) et dynamique (sur votre vélo, pas sur un tapis !) ; à vous de trouver le bon professionnel, renseignez-vous. http://www.medecinedusportconseils.com/2010/08/05/il-est-essentiel-de-consulter-regulierement-un-podologue-du-sport-pourquoi/
  • Egalement je conseille une consultation chez le dentiste.
  • L’intersaison est aussi le moment pour bien revoir la vision, corriger des troubles éventuels : si besoin je conseille de consulter un ophtalmologiste.
  • Recherche d’allergies : au moindre doute (rhinite allergique, asthme) : je conseille de consulter un Allergologue qui maîtrise bien les allergies chez le sportif. Il existe bien sûr les allergies aux pollens, mais aussi, surtout l’hiver, voici des conseils pour lutter contre les allergies aux acariens et à la poussière.
  • Une spirométrie pour détecter un éventuel asthme d’effort. http://www.medecinedusportconseils.com/2012/11/28/allergies-poussiere-allergies-acariens-prevention/
  • Les vaccins sont-ils à jour? pas toujours …
  • Le cycliste connait-il son groupe sanguin? (rarement …), c’est l’occasion pour prescrire la détermination du groupe sanguin.
  • Le cycliste de haut niveau, professionnel ou inscrit sur liste de haut niveau devra se soumettre à un bilan physiologique (test d’effort) et un bilan cardiologique dont le contenu est défini par sa fédération sportive. Mais également le cycliste amateur de plus de 40 ans se verra prescrire par son médecin un test d’effort ; à ce propos, voici quelques conseils pour éviter de mourir en faisant du sport …
  • Un bilan sanguin éventuel pour rechercher des carences : fer, minéraux, vitamine D, etc. A cette période de l’année il peut être intéressant de rechercher une carence en Fer (bilan sanguin): une telle carence demande la mise en place de conseils nutritionnels et parfois 2 ou 3 mois de complémentation en fer, pour revenir à des taux normaux. Voici comment on peut détecter et traiter une carence en fer ; attention toutefois aux apports inconsidérés de fer, que certains sportifs consomment alors qu’ils n’en ont pas besoin : le risque de surcharge en fer n’est pas sans risque sur la santé comme sur la performance.
  • Chez la cycliste proposer auprès d’un gynécologue qui connait bien la spécificité de la sportive une consultation adaptée de gynécologie : quelle contraception, comment gérer le cycle menstruel en fonction des objectifs, les problèmes éventuels de périnée.

 

J’ai la conviction que la mission du médecin du sport doit aussi être de développer la notion de « sport-santé »

et donc l’intérêt du sport cycliste pour maintenir son capital santé 

 

Profiter de l’intersaison pour un travail du mental :

un cycliste qui présente des difficultés à gérer certains aspects en rapport avec le mental pourra profiter de l’intersaison pour acquérir des techniques de travail du mental telles que la sophrologie; sur ce site vous trouverez des séances audios de sophrologie spécifiques pour le cycliste. Acquérir des techniques tout à fait accessibles pour mieux récupérer, mieux dormir (le sommeil est le meilleur outil de la récup, cela est très souvent oublié…  : c’est la nuit que le corps reconstruit ce qui a été épuisé ou cassé pendant l’effort) ; découvrir la micro-sieste, la sophrologie pour mieux dormir mieux récupérer, mieux gérer le stress. Cf. http://www.seance-sophrologie.com/ ; et sans faire de sophrologie, prendre déjà note de quelques conseils simples pour mieux dormir 

 

Le choix du matériel, la position :

la plupart des pathologies rencontrées dans le cyclisme sont des « technopathies » c’est à dire en relation avec une perturbation du couple coureur-machine » : matériel inadapté, position inadaptée ; une étude de position est vraiment conseillée.

 

Les éventuelles prescriptions médicales pendant l’intersaison :

  • Détruire les éventuels vers (parasites) intestinaux; le Fluvermal est un traitement sans effets secondaires, très simple à prendre, qui à mon avis présente un intérêt car mon expérience m’a largement montré que de nombreux sportifs présentent des signes digestifs et même des allergies qui peuvent être liés à la présence de parasites dans le tube digestif. Alors qu’on pense rarement à cette hypothèse.

 

  • Prévenir ou traiter une carence en VITAMINE D: cette carence est très fréquente chez le sportif quel que soit son niveau et le volume de ses charges d’entraînements; il existe plusieurs dosages en vitamine D; peut-être certains d’entre vous se verront prescrire par leur médecin une prise de sang pour doser la vitamine D et compenser alors de manière plus adaptée une éventuelle carence. Voici quelques conseils nutritionnels pour des apports en vitamine D.

 

  • Vacciner contre la grippe: cette proposition est totalement « open », le débat « pour ou contre » est un vieux débat; à mon avis chez le sportif être victime d’une grippe expose largement à  3 ou 4 semaines de méforme. Il existe des alternatives (traitement homéopathique), là aussi certains sont pour, d’autres contre, à votre médecin de voir.

 

  • Une cure de gelée royale, ginseng, spiruline, Eleuthérocoque, germe de blé, Rexorubia me semble utile pour aider l’organisme à lutter contre les agressions hivernales et maintenir un bon statut en minéraux et oligo-éléments. Là aussi, à votre médecin de vous conseiller.

 

  • Une situation particulière : si le cycliste présente pendant la saison de nombreux épisodes d’herpès labial, il existe un traitement bien codifié à prendre pendant l’hiver, pour diminuer très sensiblement la fréquence et l’intensité des « boutons de fièvre »

 

Profiter de l’intersaison pour « revoir » les données de l’hygiène du sport :

  • Les étirements : pourquoi et comment faire des étirements Faire des étirements c’est bien, mais si c’est pour mal les faire autant ne pas en faire …. Le cycliste est bien souvent très RAIDE, en particulier au niveau des plans postérieurs (ischiojambiers, mollets, muscles psoas-iliaques): vous avez tout à gagner à progresser en souplesse: meilleur coup de pédale, moins de problèmes de dos, moins de « douleur qui trace dans la jambe »; de même que sur le vélo vous allez travailler un coup de pédale bien fluide, bien symétrique, un bon ramené de la pédale. Objectif: ne pas pédaler « carré » en cassant les chaînes, mais avoir un coup de pédale « musical »
  • Le gainage du caisson abdomino-lombaire
  • Les exercices de proprioception : la proprioception c’est quoi, ça sert à quoi, comment faire des exercices de proprioception

 

  • Allez donc dire bonjour à votre kiné, si toutefois celui-ci vous consacre du temps et vous délivre de précieux conseils : étirements, gainage, exercices respiratoires, etc.

 

Bien sûr l’intersaison doit être le moment privilégié pour acquérir les bases d’une

nutrition de qualité et adaptée au sport cycliste :

on a le temps, il faut manger varié, arrêter de manger des pâtes tous les jours et découvrir d’autres légumes, il faut MANGER DE LA SOUPE et des POTAGES (c’est un véritable trésor de santé chez le sportif !!) : Chez certains sportifs volontiers sujets à des troubles digestifs au repos ou pendant ou après l’effort, il m’arrive de conseiller le « test » de faire un régime sans gluten et en éliminant les produits issus du lait de vache, ceci pendant 15 jours

Arriver progressivement à un poids adapté au début de saison,

souvent à 2, maximum 3 kg au-dessus du poids de forme ; car les premières courses se font en ambiance froide, plus on est affûté plus on est fragile aux infections et aux tendinites ; toutefois, ne pas débuter la saison en surpoids, sinon gare aux problèmes de genoux dans les bosses ; et puis faire un bon résultat en début de saison ça fait du bien et ça met moins de pression pour la suite … Si un surpoids est à combattre, diminuer en bonne partie le sucre et tout ce qui est sucré, diminuer fortement les graisses, manger plus de légumes verts cuits sans totalement supprimer les féculents. Si vraiment perdre du poids est difficile pour vous, faites-vous encadrer par les conseils d’un nutritionniste ou de votre médecin, plutôt que de faire « n’importe quoi » … au détriment de votre santé physique (perte de jus, blessures) et psychologiques (alterner des périodes de trop grande vigilance nutritionnelle puis des périodes où vous vous lâchez complet…)   Eventuellement (surtout si vous avez quelques kg qui ont du mal à partir…), testez un peu de travail à jeun, 2 ou 3 fois par semaine permet d’optimiser les capacités de l’organisme à puiser dans les réserves de graisses et ainsi à habituer les muscles à utiliser le gras donc à économiser les réserves de glucides donc à prolonger le niveau d’endurance pendant la course. Mais pour ce travail à jeun il faut TRES BIEN se connaître, et là encore seul votre entraîneur peut vous conseiller sur comment placer dans votre préparation cet éventuel travail à jeun. Pour les cyclistes vraiment concernés par la nécessité de perdre du poids, la lecture de cet article peut être intéressante, sans remplacer toutefois l’avis du médecin traitant: 10 conseils pour perdre du gras sans perdre de muscle

 

Apprenez à vous protéger s’il fait froid :

déjà, le principal est de s’échauffer sur home trainer chez vous pendant 15-20 minutes le temps que la température du corps ait augmenté, que la fréquence cardiaque et la fréquence respiratoire soient déjà en phase avec l’adaptation hormonale à l’effort. Pensez également à boire un peu plus sucré pendant vos sorties car lutter contre le froid fait dépenser plus de calories; et avec la vitesse de déplacement le « froid ressenti » est bien plus vif que la température réelle (recueillie sous abri … au repos)

 

Voilà pour mes conseils de terrain pour l’intersaison, que je vous souhaite excellente !!

bien cordialement,

Jean-Jacques Menuet, médecin référent de l’équipe cycliste professionnelle « Fortunéo Vital-Concept »

La pubalgie diagnostic traitement conseils prévention

16 octobre 2015

Comment reconnaître les causes d’une pubalgie, comment soigner une pubalgie, comment éviter d’avoir une pubalgie, voilà des questions souvent posées lors d’une consultation en médecine du sport. Voici un article simple, de terrain, pour tout savoir sur la pubalgie ! » En lire plus:La pubalgie diagnostic traitement conseils prévention