la journée d’un médecin d’équipe sur le Tour de France cycliste 2015, équipe Bretagne-Séché-Environnement; vendredi 3 juillet veille du grand départ

Vendredi 3 juillet, la chronique du dok de l’équipe Bretagne Séché Environnement sur le Tour de France 2015 dont le grand départ a lieu à Utrecht en Hollande; demain c’est le contre la montre individuel, début du Tour.

Quelques mots sur le Staff sportif présent sur ce Tour :

  • Le Manager de l’équipe, Emmanuel Hubert, ancien coureur professionnel ; il a su construire une belle histoire autour d’une culture régionale, la Bretagne, et autour de valeurs qui privilégient l’ambiance conviviale, l’esprit d’équipe, l’épanouissement personnel du coureur. Les coureurs font ce qu’ils peuvent, avec leurs moyens, mais ils mouillent le maillot et respectent vraiment la notion de « famille » et d’équipe.
  • Roger Tréhin, Directeur sportif qui possède une longue expérience, dont le calme rassure les coureurs. Sur un grand Tour le coureur vit une expérience qui bien sûr génère du stress, et il ne faut pas que nous lui communiquions notre propre stress.
  • Sébastien Hinault, jeune retraité coureur professionnel, Directeur Sportif, qui apporte une solide expérience ; il a quand même participé à 11 Tours de France !! Respect !!!
  • Franck Renimel, entraîneur de l’équipe, et Denis Leproux Directeur Sportif, ne sont pas présents sur le Tour mais ils apportent à distance leur précieuse expertise.

Bonne nouvelle !! :  le coureur concerné par une sévère gastro-entérite va bien, il n’a plus de fièvre, la densité urinaire est revenue normale (c’est le meilleur signe d’un normo-hydratation), il a passé une bonne nuit réparatrice, l’appétit est revenu, il a retrouvé du jus et ses sensations sont bonnes ; ce matin les Directeurs sportifs ont donc validé son engagement sur ce Tour.

Ce matin les coureurs sont partis rouler de 9h30 à 11h. Il fait beaucoup moins chaud, un violent orage cette nuit a nettement rafraîchi l’atmosphère, la température est de 25° ; par contre pour demain des températures autour de 36° sont annoncées, avec un temps couvert et une hygrométrie élevée, d’où un risque majeur de déshydratation. En effet le contre la montre, sur une distance de 13,8 km, ne se limite pas à une bonne dizaine de minutes d’effort, car l’échauffement préalable sur home trainer est très exigeant pour l’organisme : 45 minutes environ d’effort à intensité élevée. Je avis rédiger aujourd’hui un article sur la canicule et ses risques, pour le site du « Nouvel Observateur », je vous en préciserai le lien.

Je détaillerai au fur et à mesure de mes rubriques les modalités que nous avons mises en place pour la nutrition des coureurs pendant le Tour de France; en résumé : 2 cuisiniers nous accompagnent pendant tout le Tour : Tom et Dirck ; ils disposent d’un camion-cuisine et d’une remorque réfrigérée. Voici un article qui reprend bien l’intérêt de ce dispositif mobile sur les courses : http://bretagne-seche-environnement.fr/slide/bienvenue-dans-notre-cuisine-mobile/ Les objectifs sont : 1/ La sécurité sanitaire pour les aliments ; 2/ la logistique qui permet aux gars de ne pas attendre à table entre chaque plat ; 3/ la personnalisation des menus en fonction des coureurs, mais aussi en fonction du profil de l’étape. L’entreprise Bretonne SILL permet cette logistique très performante, qui apporte un gros plus.

Petite réflexion sur le poids et le % de masse grasse : les coureurs passent dans ma chambre avant le petit déjeuner, pour se peser et m’exposer d’éventuels problèmes ; mais je ne fais pas une « fixation » sur le poids et encore moins sur la pince à masse grasse (outil qu’on utilise pour prendre le % de masse grasse); les gars sont professionnels, petit à petit ils sont arrivés progressivement au poids optimal pour le départ d’un grand Tour ; je leur fais confiance, et certains ne se pèseront que tous les 2-3 jours ; un coureur pro connait son corps, il connait ses sensations, son meilleur repère n’est pas le chiffre qu’annonce la balance. Mais quand même sur des étapes où il a fait très chaud la surveillance du poids permet d’apprécier le volume d’eau perdu. C’est mon 10ème Tour de France, et mon expérience me permet de dire qu’un coureur ne perd pas trop de poids pendant un grand Tour ; au maximum 1 ou 2 kg ; en fait l’objectif est de maintenir le poids et le % de masse grasse grâce à une nutrition adaptée. Notre coureur le plus sec (un grimpeur) est à 5% de masse grasse ; notre plus « gras » (un rouleur) est à 7,5% ; cela s’est fait progressivement sans passer par des stratégies ésotériques, dans le respect de la santé physique mais aussi psychologique.

Bien à vous, et on se donne rendez-vous demain soir ! Ou avant si j’estime devoir compléter les infos sur cette journée du 3 juillet ; Je vous expliquerai comment on a géré le contre la montre !

Egalement vous trouverez sur ce site des séances de sophrologie à télécharger, pour le travail du mental du sportif, en particulier du cycliste.

Jean-Jacques Menuet

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