tennis Open d’Australie les risques du métier …. conséquences de la canicule sur la santé des joueurs …

 

Tennis Open d’Australie les conséquences

inhumaines de la chaleur sur la santé : les risques

du métier ? ou les jeux du cirque ?

Le sportif est libre de ses choix, libre de son corps ; le médecin, qui plus est le médecin du sport, se doit de veiller à la santé du sportif. Il ne me revient pas de juger, je me permets simplement d’exposer que pratiquer une activité physique dans des conditions qui paraissent vraiment limites mérite que le débat soit soulevé.

Jean-Jacques Menuet,

–site de conseils en médecine et en nutrition du sport:  http://www.medecinedusportconseils.com/

     –site sur lequel sont mises en ligne des séances de sophrologie : http://www.seance-sophrologie.com/

———————–

–Me revient le souvenir d’une course cycliste par étapes du calendrier professionnel français (la « Route du Sud » je crois), il y a une dizaine d’années où, en pleine période de canicule, les médecins d’équipe avaient discuté avec les organisateurs de la course pour différer l’horaire du départ et raccourcir le kilométrage ; les coureurs avaient menacé de ne pas prendre le départ ; Et nous avions eu gain de cause. Egalement sur un récent Tour du Limousin l’organisateur avait modifié les horaires d’une étape. Tout comme sur certaines étapes lorsque les routes sont difficilement praticables (pluie, verglas) les organisateurs s’adaptent ; on respecte les coureurs : le spectacle oui mais pas à n’importe quel prix.

–Quels sont les risques de pratiquer une activité sportive sous une température qui dépasse les 40 degrés :

  • La contraction musculaire en elle-même dégage de la chaleur, tout comme un moteur ; pour lutter contre cette élévation de température du corps l’organisme a trouvé la solution : il transpire ! et c’est l’évaporation de cette sueur qui au niveau de la peau va « extraire » des calories et rafraîchir la surface cutanée. Un peu comme si en sortant de la douche, sans vous sécher, vous vous mettiez devant un ventilateur… Dans certaines activités physiques l’évaporation de la sueur peut être facilitée : par le vent ou la vitesse de déplacement (cyclisme par exemple) ; ce n’est pas le cas pour le tennis, sauf à constater la vitesse de déplacement  de certains joueurs ! Si la température ambiante est très élevée l’organisme a du mal à contrôler, le débit sudoral peut être énorme jusqu’à plus de 2 voire 3 litres par heure. La sueur contient de l’eau, bien sûr, mais aussi des minéraux et d’autres éléments ; sodium, potassium, magnésium, zinc, cuivre, et même du fer. Le corps va donc perdre de l’eau et des minéraux : c’est la déshydratation. Cette déshydratation va faire encore plus chauffer le moteur (le « système de refroidissement » du « moteur » devient défaillant) Bien sûr le sportif va boire, mais l’addition de la température extérieure élevée, de l’exposition directe au soleil (radiation), de l’élévation de la température corporelle liée à l’effort risque de déborder les facultés d’adaptation du corps : c’est le coup de chaleur qui menace, annoncé par des vertiges, des maux de tête, des frissons, et bientôt le malaise voire la perte de connaissance, nécessitant alors une réanimation adaptée.

 

  • De plus, une équation est parfaitement connue des spécialistes de la physiologie de l’effort : « si je pers 1% de mon poids en eau alors je perds 10% de ma force physique » : un joueur de 70kg qui perd 2 litres d’eau perd donc 30% de sa puissance. Sans compter que le cerveau, mal hydraté, est moins lucide, il opérera les mauvais choix ; les réflexes sont altérés ; le cœur bat plus vite ; le sang, plus épais, circule moins bien dans les vaisseaux. Les muscles moins irrigués et hydratés se blessent plus facilement, le risque de tendinites est élevé. Toutes les conditions sont réunies pour un retentissement délétère sur la santé, et sur la performance bien sûr.

 

–Quelques conseils à destination de sportifs qui pourraient être confrontés à des situations de forte chaleur :

  • Il faut donc que cette sueur s’évapore pour rafraîchir le corps, ce qui nécessite le port de vêtements larges et aérés. La couleur blanche rejette la chaleur tandis que la couleur noire retient cette chaleur ; le sportif devra donc opter pour une tenue claire et porter une casquette blanche.

 

  • Le sportif  doit boire, bien sûr ; sur certaines étapes du Tour de France les coureurs peuvent être amenés à boire jusqu’à 3 litres par heure. Les boissons doivent être minéralisées, et bien sûr contenir des glucides en quantité adaptée au cahier des charges de l’effort.

 

  • Il doit se rafraichir : le front et la nuque qui sont les régions où siègent de nombreux capteurs qui régulent la température, et il devra rafraichir les masses musculaires qui chauffent (les cuisses)

 

  • Après l’effort un protocole nutritionnel de réhydratation sera adapté au cas par cas, en fonction des sensations, des données de l’interrogatoire, de l’examen clinique ; une petite précision : dans le sport cycliste la réhydratation par perfusion est strictement interdite depuis plusieurs années, sauf en milieu hospitalier si c’est justifié.

 

–Il pourrait être logique que l’intérêt du « spectacle » soit reconsidéré : adapter les horaires des matchs quitte à faire jouer le matin et en nocturne, durée des matchs (difficile toutefois dans ce sport…) Mais des intérêts financiers priment sur des compétitions de cet ordre.

–Après, il appartient aux joueurs eux-mêmes de réfléchir aux conséquences sur leur santé (à court terme mais aussi à moyen terme), j’imagine que collectivement ils pourraient négocier des adaptations auprès des organisateurs du tournoi. Ce sont effectivement des sportifs de très haut niveau, mais le corps a des limites à la souffrance. Dans cette réflexion l’éthique médicale et l’éthique sportive se rejoignent … face à des intérêts probablement difficiles à négocier …

Pour un plus large public de joueurs de tennis, voici quelques conseils pratiques de terrain, pour des notions simples sur «  comment gérer la nutrition, l’alimentation, l’hydratation avant pendant et après un match de tennis  »

http://www.medecinedusportconseils.com/2013/07/21/conseils-nutrition-tennis-comment-boire-et-salimenter-pendant-un-match-de-tennis-protocole-de-nutrition-de-terrain-les-erreurs-a-eviter/ 

Retrouvez Jean-Jacques Menuet sur ce blog de conseils en médecine du sport : http://www.medecinedusportconseils.com/

Jean-Jacques Menuet

–site de conseils en médecine et en nutrition du sport:  http://www.medecinedusportconseils.com/

     –site sur lequel sont mises en ligne des séances de sophrologie : http://www.seance-sophrologie.com/

———————–

 

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *