Tour de France la grosse étape pyrénéenne du mercredi 18 juillet !! L’avis d’un médecin d’équipe

Présent sur le Tour, je vous fais partager mes conseils pour la grosse étape du mercredi 18 juillet

Jean-Jacques Menuet médecin du sport, nutritionniste du sport, actuellement présent sur le Tour de France en tant que médecin d’une équipe française

Aie aie aie, il va y en avoir de partout, même si le classement général semble à peu près défini, gare aux défaillances ; ce n’est pas le médecin qui va pédaler, mais il se doit d’apporter ses conseils pour cette journée très difficile pour les organismes ; Les conseils portent sur :

L’hydratation : sur ce type d’étape  le coureur peut être amené à boire entre 8 et 12 litres d’eau. Les bidons contiennent de l’eau plate, des sucres (association Malto et sucres à absorption rapide, des minéraux,

Dans la sueur il y a des minéraux (surtout Sel Magnésium Potassium) mais aussi du Fer ; les boissons seront donc bien sûr minéralisées et donc en particulier salées tandis qu’il faudra apporter du Potassium mais après l’effort. Un protocole précis sous la forme d’une « boisson de reminéralisation » sera proposé entre la fin de l’étape et le coucher, j’en conçois la « recette »

Les stocks de glucides sont bien sûr très sollicités : il va falloir les stocker dans les jambes et dans le foie (petit déjeuner puis boisson d’attente : taper sur Google « menuet boisson d’attente »), ensuite les entretenir pendant la course (« si pendant l’étape j’apporte régulièrement des glucides je tape deux fois moins dans mes propres réserves »)

Les bidons contiennent de l’eau plate, des sucres (association Malto c’est à dire sucres à absorption plus lente) et sucres à absorption rapide, des minéraux ; une petite canette de Coca sera la bienvenue une ou deux fois pendant l’étape ; le coureur va aussi prévoir d’utiliser des bidons d’eau pure pour s’asperger et ainsi diminuer la T° du corps.

Les stocks de protéines aussi d’abord parce que dans les cols les muscles sont beaucoup plus sollicités que sur le plat, et ensuite parce que sur ce type d’effort long et intense la « néoglucogénèse » va permettre de palier en partie à la chute des réserves glucidiques ; un apport en acides aminés sera donc à prévoir la veille de l’étape, au petit déjeuner mais aussi après l’étape pour récupérer.

Le feu aux pieds : à titre préventif une stratégie est mise en place afin de renforcer le retour veineux ; lire aussi http://www.medecinedusportconseils.com/2009/10/16/veines-et-recuperation/

Le protocole de récupération de la soirée sera très structuré : apport de glucides, de minéraux, d’acides aminés, et de produits tels que le « Stimol » qui diminue le taux d’Ammonium véritable toxine pour le muscle ; et le « Foncitril 4000 » qui diminue l’acidité des cellules du corps ; une analyse très fine des urines permet d’adapter la récupération pour chaque coureur. Le contenu du repas du soir sera adapté également pour compenser les pertes en minéraux, glucides, protéines ; et également pour « alcaliniser » le corps.

Sur cette troisième semaine la surveillance du poids, de la masse grasse, de la densité des urines, du PH urinaire est essentielle ; de même que les lésions du périnée sont quasi toujours présentes en 3ème semaine ; conseils : avant l’étape appliquer un film de « Reskin » ; après l’étape application d’une pommade que je compose avec plusieurs « ingrédients », c’est le résultat de mon expérience sur ce qui est pour moi « mon » 8ème Tour de France.

Les pharyngites, les trachéites et bronchites, les boutons d’herpès sont souvent présents en cette fin de Tour car les défenses immunitaires sont abaissées ; la clim doit être utilisée avec une extrême prudence, également à l’hôtel surtout pas de chambre fumeurs pour les coureurs ! il faut savoir que le coureur a une idée très mauvaise des antibiotiques ; dans l’équipe on règle pas mal de soucis grâce à l’utilisation d’appareils à nébulisation. Egalement les troubles digestifs sont souvent au premier plan (variation des températures, attention à la rupture de la chaîne du froid, aux boissons trop froides, aux bidons tout juste sortis des glacières dans les voitures de course, au contenu des repas, etc. etc. Notre vigilance est extrême.

Merci pour votre fidélité et à très bientôt

Jean-Jacques Menuet médecin du sport, nutritionniste du sport

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