café caféine sport

Le « petit café » est-il l’ami du sportif ? Voyons voir …

 

 

Dr Jean-Jacques Menuet médecin et nutritionniste du sport

http://www.medecinedusportconseils.com/

 

Pris en tenaille entre les messages omniprésents de santé publique qui tentent de normaliser nos comportements notamment alimentaires (5 légumes ou fruits, on ne peut plus fumer un cigare tranquille, il faut refaire l’électricité, l’isolation thermique et phonique de notre domicile il faut tousser dans sa manche, il ne faut pas faire de câlin à son bébé si on est enrhumé …. bien triste société !!) , les évolutions de la réglementation antidopage, les publicités pour les boissons énergisantes, le sportif du dimanche ou le compétiteur finissent par se poser des questions face à leur tasse de café : est-ce que j’ai le droit ? Est ce que ça va m’aider ? Est ce que c’est bon pour ma santé ? Est ce que je ne prends pas un risque ?

Tout d’abord, pour les buveurs de thé j’ai rédigé un article concernant cette boisson: http://www.medecinedusportconseils.com/2010/11/21/the-the-vert-the-noir-et-sport-conseils/

Si un carré de chocolat a été déposé sur la soucoupe, les neurones clignotent en rouge essayant d’analyser toutes les mises en garde qu’ils ont vaguement mémorisées, et de les confronter à cette double tentation. Essayons de faire le point.

Il y a bien longtemps les gardiens de chèvres éthiopiens (attention, je ne dis surtout pas que les sportifs sont des chèvres !!), ayant remarqué le dynamisme et l’humeur gaillarde de leurs bêtes qui broutaient gentiment les caféiers, ont eu l’idée d’en gouter les baies, et ont pu constater que ça marchait aussi pour l’homme. Pas de doute, on tient là un stimulant psychique et physique bien intéressant, comparable à la feuille de thé, la noix de kola, la feuille de maté que l’on a identifiées en d’autres points du globe. Partout on apprécie un petit coup de pouce qui repousse la fatigue. Dans nos temps modernes, on continue d’utiliser ces produits sous forme d’infusions, boissons énergétiques, sodas, médicaments.

Mais de la boisson conviviale au dopage, où se trouve la ligne de démarcation ?

Côté dopage, c’est assez clair : jusqu’en 2004 la caféine était considérée comme substance dopante au-delà d’un seuil urinaire qui correspondait à une consommation très « hors norme ». Depuis elle n’est plus sur la liste des produits interdits dans aucun pays du monde, mais reste dans le programme de surveillance : en clair les agences antidopage vérifient s’il en est fait un usage abusif, mais en consommer ne peut pas amener de sanction. Donc nous voilà déculpabilisés sur ce point.

Puisque ce n’est pas interdit, est-ce que c’est profitable ?

La question est beaucoup plus complexe, et la meilleure réponse est : ça dépend !

En première approche, un produit autorisé qui augmente l’éveil, améliore l’humeur, diminue la sensation de fatigue, favorise la lipolyse et donc l’utilisation des graisses par le muscle (il s’agit d’une hypothèse qui à force de circuler devient réalité, mais je n’ai jamais lu de travail vraiment scientifique qui valide cette idée), favorise la libération de sucre dans le sang, stimule le système cardiovasculaire, quelle aubaine pour un sportif !

On sait de plus que la caféine améliore la ventilation pendant l’effort, par exemple chez le sportif asthmatique

Mais comme toujours, la médaille a un revers, et d’autres effets moins bénéfiques sont à redouter.

Tout d’abord l’excès : notion toute relative ! L’abstinent ou le petit buveur, ou simplement le sujet sensible à ce produit s’exposent à des effets trop intenses. L’effet stimulant recherché devient excitation, insomnie, tremblements, palpitations, hypertension artérielle…

Ensuite les effets indésirables : sur le plan digestif on risque les brûlures d’estomac, les diarrhées, voire le relâchement du sphincter anal, sans parler de l’effet diurétique pas nécessairement utile à la performance sportive.

Et ne pas oublier que le produit magique qui ferait disparaitre la fatigue n’existe pas : on a retardé le moment de la fatigue, donc en quelque sorte pris un crédit sur le repos qu’il faudra ensuite rembourser. Il faut donc s’attendre à un contre coup.

Chacun est différent devant la consommation de caféine : certains ne vont pas dormir pendant 3 jours après avoir bu une seule goutte de café, certains consomment 2 cafetières par jour et dorment très bien.

Pour le gros consommateur habituel, il est entré dans un phénomène comparable avec ce qui se passe pour d’autres produits psychoactifs plus violents. Tout d’abord il est accoutumé, c’est-à-dire que la caféine n’a plus beaucoup d’effet sur lui, voire dépendant (pas de panique, ce n’est pas une dépendance sévère ni un produit très toxique). On peut même rencontrer des overdoses, mais il faut vraiment y aller très fort, sans oublier un syndrome de sevrage, c’est-à-dire un mal être, un manque avec fatigue, état dépressif modéré, lorsqu’un gros consommateur est privé de sa dose.

Redescendons sur terre. On parle là de cas extrèmes. Une consommation raisonnable de café ou équivalent reste très anodine, et de toute façon rapidement freinée par des problèmes de tolérance individuelle ou d’inefficacité en cas d’abus chronique. Aucune raison de renoncer au petit café du matin ou de la fin du repas, ça aide tout un chacun y compris les sportifs. Par contre abuser de produits à forte teneur en caféine même si ce n’est pas illicite, peut entraîner des effets stimulants mal contrôlés, des effets secondaires préjudiciables au moment de la consommation et un syndrome de sevrage à l’arrêt.

Certains gels de glucose contiennent 50mg de caféine (ou de Guarana, c’est la même chose), je ne vois aucun inconvénient à ce qu’un sportif en consomme un quelques minutes avant  le départ d’une course, voire même qu’il en prenne un 2ème avant  le dernier tiers de cette course ; à des doses supérieures ? Chacun fait ce qu’il veut, mais moi je ne conseille pas.

Dr Jean-Jacques Menuet médecin et nutritionniste du sport

http://www.medecinedusportconseils.com/

4 Comments café caféine sport

  1. podosport

    et le thé? les effets sont ils semblables?

    Mes entrainements de boxe se déroule a une heure de repas, que me conseillez vous de prendre avant?

  2. Laurent

    Merci pour cet article. Pour le adèptes du thé, les effets de la théine sont-ils en tous points comparables à ceux de la caféine?

  3. Jean Jacques Menuet

    ok; il faut que je fasse un article sur le thé, le thé vert en particulier qui est un bon « anti-oxydant » mais à qui on prête bcp trop de vertus « chinoises); son effet « boostant » est moindre car une molécule du thé annule en partie l’action d ela théine; pendant un effort prolongé je conseille assez svt de boire régulièrement du thé (peu) infusé, sucré avec du miel; les buveurs de thé boivent plus de thé que les buveurs de café boivent du café; et on sait que le thé et le café consommés en trop gde quantité sont « chélateurs » du Fer c’est à dire qu’ils empêchent une partie du fer ingéré de passer la barrière digestive au niveau du jéjunum; cdlt, jjM

  4. Jean Jacques Menuet

    Ok; c mieux si tu partages ton dîner en 2: par exemple une bonne heure (si possible 90 minutes, car faire un effort avec un estomac qui continue à digérer c pas top) avant l’entraînement une petite salade composée comme un peu de riz bien cuit (ou une pomme de terre ou un peu de semoule ou un peu de pâtes, un peu de thon ou jambon ou mozzarelle, un blanc d’œuf, quelques olives, et surtout que cette salade ne soit pas trop sèche: un filet de citron, un peu d eyaourt nature, une cuillère à café d’huile; tu bois bien pendant ton entraînement; en rentrant: un bol de potage de légumes avec une ou deux tranches d epain complet ou aux céréales, un yaourt nature ou un verre de fromage blanc et enfin une compote de fruits; et tu bois régulièrement jusqu’au coucher: avant de te coucher les dernières urines doivnt être claires comme de l’eau. Pour le thé: oui à peu près mêmes effets mais un des composants du thé annule un peu les effets secondaires de l’ordre de la tachycardie, stress; donc moins « boostant » que le café

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