l’asthme d’effort du sportif (hyperréactivité bronchique) : causes et mécanismes

19 mai 2014 par Jean Jacques Menuet Laisser une réponse »

ASTHME D’EFFORT (encore dénommé « hyperréactivité bronchique » si bien que dans cet exposé je vais utiliser l’abréviation HRB) : article 2:  quels sont les mécanismes de l’hyperréactivité bronchique ?

Rappel des autres articles dont je conseille la lecture :

 

Jean-Jacques Menuet,

–site de conseils en médecine et en nutrition du sport:  http://www.medecinedusportconseils.com/

     –site sur lequel sont mises en ligne des séances de sophrologie : http://www.seance-sophrologie.com/

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J’ai eu la chance et le privilège de travailler pendant de nombreuses années avec le Docteur Jean MEDELLI, médecin physiologiste et pneumologue qui dirigeait l’Unité de Physiologie du sport au CHU d’Amiens, et une étude très étayée sur l’asthme d’effort y a été menée, auprès de nombreux cyclistes amateurs et professionnels, étude qui a fait l’objet d’une publication scientifique internationale référente :  (http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/16823362) ; j’ai contribué à cette étude; ces travaux ont fait progresser les acquis sur cette problématique de l’asthme du sportif; lors de ce travail je me suis inscrit comme acteur de terrain (entre autre en réalisant de très nombreux enregistrements spirométriques sur le terrain, avant, pendant et après l’effort; essentiellement dans le sport cycliste, mais aussi dans d’autres sports comme la natation) Le Docteur MEDELLI qui a dirigé ce travail avec des outils statistiques fiables.

Ce médecin fait partie des chercheurs qui ont tenté de préciser les mécanismes qui expliquent ces symptômes responsables d’un handicap sur la performance, mais aussi et surtout sur la santé ; et le rôle premier du médecin est de veiller à la santé des sportifs dont il assure le suivi. Certains mécanismes semblent maintenant parfaitement identifiés, dont je fais la synthèse ci-dessous :

  • Les bronches sécrètent pendant l’effort des « médiateurs de l’inflammation » dénommés « leucotriènes », qui obstruent le calibre des bronches (comme un tuyau qui se bouche en partie) ; il s’agit d’une « colle » qui se dépose à l’intérieur des parois de la bronche.

 

  • Le sportif s’entraîne, fait de la compétition, il n’est donc pas au repos ; et d’ailleurs un de mes « combats » est de considérer que la médecine du sport (l’étude du corps en mouvement) n’a rien à voir avec la simple médecine ; au repos on ventile avec une fréquence respiratoire comprise entre 6 et 15 par minute pour un volume d’air de 3 à 5 litres par minute ; pendant un effort maximal : la fréquence respiratoire peut atteindre 45 mouvements par minute avec une ventilation de 70 à 100 litres par minute ! Pendant l’effort on « brasse » donc 15 à 20 fois plus d’air !! C’est énorme ; et comme les pollens, les déchets polluants émanant des gaz automobiles, du bitume, des fumées d’usine (etc. etc. ….) empoisonnent de plus en plus l’air ambiant de nos villes comme de nos campagnes, et bien …. tout à fait logiquement le sportif va respirer pendant son footing, sa sortie à vélo etc. 15 à 20 fois plus de pollens (allergisants) et de produits toxiques (qui « agressent » les bronches) et donc …. les bronches s’abiment et se spasment … Par exemple le promeneur allergique qui longe tranquillement un champ de colza présentera une réaction moyenne, alors que le jogger ou le cycliste qui longe ce champs en pratiquant son activité physique présentera une réaction décuplée.

 

  • Cette quantité d’air qui pendant l’effort arrive trop vite dans les bronches pour parvenir aux alvéoles pulmonaires n’a pas le temps d’être humidifiée ni réchaufféepar le passage au niveau du pharynx, des fosses nasales (un cycliste respire par la bouche, il perd donc le « filtre » des fosses nasales), des bronches, et cela favorise aussi le spasme de la bronche ; et c’est surtout le cas si l’air est sec et froid.

 

  • D’autres hypothèses peuvent être discutées : le rôle agressif du Chlore chez le nageur, les polluants produits par les resurfaceuses (patinage, hockey sur glace)

 

  • Le sportif de haut niveau qui est allergique (et on sait que 80% des sportifs allergiques présentent une HRB) se déplace régulièrement, il prend l’avion, il peut arriver dans une région où il se trouve exposé brutalement  à des allergènes avec lesquels il n’était pas en contact dans sa région (pollens, graminées ; il existe un « calendrier » pollinique, chaque région voit apparaitre les pollens et graminées à des périodes différentes) ; s’il dort à l’hôtel il peut être allergique à une moquette, une tenture murale, les acariens (meubles, matelas), l’humidité avec des moisissures dans la chambre. Un de mes conseils pour un sportif allergique : toujours se déplacer avec SON oreiller, une housse anti-acariens pour l’oreiller et le matelas ; attention à la clim dans les chambres ; refuser une chambre fumeur, une chambre humide ; ne pas laisser la fenêtre ouverte si la chambre donne sur un espace de verdure avec des arbres en périodes d’agression pollinique ou après une tonte de pelouse.

 

  • Le facteur stress ne doit pas être négligé, plus volontiers chez le patient asthmatique ; sur le terrain je l’ai souvent constaté.

 

Rappel des autres articles dont je conseille la lecture :

 

Jean-Jacques Menuet,

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