asthme d’effort (hyperréactivité bronchique): comment le diagnostiquer

19 mai 2014 par Jean Jacques Menuet Laisser une réponse »

ASTHME D’EFFORT (encore dénommé « hyperréactivité bronchique » si bien que dans cet exposé je vais utiliser l’abréviation HRB) : Article 3 :

comment diagnostiquer un asthme d’effort ?

Rappel des autres articles dont je conseille la lecture :

 

Jean-Jacques Menuet,

–site de conseils en médecine et en nutrition du sport:  http://www.medecinedusportconseils.com/

     –site sur lequel sont mises en ligne des séances de sophrologie : http://www.seance-sophrologie.com/

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Le diagnostic d’asthme doit AVANT TOUT être un diagnostic CLINIQUE, ESSENTIELLEMENT basé sur les données de l’interrogatoire : antécédents allergiques familiaux (asthme, rhinite, eczéma), antécédents allergiques personnels, recherche des facteurs qui déclenchent (froid, départ brutal, saison pollinique, stress, etc. etc. etc.), laisser au sportif le temps nécessaire de bien décrire ses symptômes (même si ça va plus vite de jeter un coup de stéthoscope « vite fait » …): gêne ressentie, à quel moment de l’effort, description de la « gêne » (exemple: « en montant une bosse j’ai l’impression d’avoir une barre qui m’empêche de respirer et je suis vite dans le rouge avec les jambes qui explosent »), notion très souvent retrouvée d’une toux après l’effort : « ça me gratte dans la gorge, des fois tout de suite après l’effort, mais aussi quelquefois une heure après, je tousse et je crache »

Une spirométrie effectuée au repos peut évoquer le diagnostic d’hyperréactivité bronchique ; diagnostic qui sera si besoin confirmé par un « test de réversibilité à la Ventoline : on fait inhaler au sportif 3 bouffées de Ventoline, on attend 20 à 30 minutes (le temps que la Ventoline agisse, sinon le test n’est bien sûr pas valide) et on refait la spirométrie ; si le gain du VEMS (volume expiratoire maximal par seconde) est supérieur à 12% le diagnostic d’hyperréactivité bronchique est formel.

Un autre test permet d’affirmer la réalité de l’HRB : une spirométrie de repos (spiro N°1) est réalisée ; puis on fait pratiquer un effort quasi maximal au sportif, sans échauffement, sur home-trainer, pendant une dizaine de minutes ; on refait une spirométrie (spiro N°2); une baisse de 15% du VEMS (volume expiratoire maximal par seconde) ; j’ai pour habitude de réaliser lors de cette consultation une 3ème spirométrie (spiro N°3) 30 minutes après la prise de 3 bouffées de Ventoline, cette prise de Ventoline ayant lieu tout de suite après la spiro N°2. Il s’agit donc de « mon » protocole de diagnostic de l’HRB.

Les spirométries réalisées sur le terrain, par exemple chez le cycliste avant le départ puis dès l’arrivée, ont à mon avis un intérêt diagnostique bien supérieur aux tests réalisés au repos ; j’ai pour habitude de les réaliser très fréquemment lors de ma présence sur les courses cyclistes; je dispose de plusieurs centaines d’enregistrements ; et très souvent la baisse du VEMS est bien supérieure à 15%.

Les études statistiques montrent que 80% des sportifs allergiques présentent un asthme d’effort ; inversement de nombreux cas d’HRB sont dus ou majorés par un contexte allergique ; il est donc essentiel de réaliser un bilan allergologique chez un sportif asthmatique ; et tout aussi essentiel de rechercher une HRB chez un sportif allergique, en réalisant une spirométrie. Pour les tests allergiques il est logique de recourir à des tests respiratoires plutôt qu’à des tests cutanés (on fait inhaler au sportif des nébulisats à base des principaux allergène respiratoires), mais les services de pneumologie qui réalisent ces test spécifiques sont peu nombreux. Egalement des tests sanguins peuvent compléter le bilan allergologique.

Le test à la métacholine : il s’agit de faire respirer au sportif un produit qui déclenche l’asthme ; ce test est réalisé dans les services de pneumologie de certains centres hospitaliers ; cet examen n’est pas anodin car le sportif peut réellement faire une grosse crise pendant le test ; l’indication de cet examen doit à mon sens être réservée aux situations où les spirométries de repos, les spirométries à l’effort, et le test de réversibilité à la ventoline ne permettent pas d’affirmer le diagnostic de l’HRB. Il faut également savoir qu’un test à la métacholine négatif ne signifie pas qu’il n’y a pas d’HRB. Le test est considéré positif si la chute du VEMS est égale ou supérieure à 20% ; en fait l’interprétation des résultats est bien plus complexe ; également on doit mesurer le % d’amélioration du VEMS après avoir fait inhaler au sportif, après le test, de la ventoline ; à condition toutefois d’attendre une vingtaine de minutes après avoir administré la ventoline pour cette spirométrie (test de réversibilité)

 

Rappel des autres articles dont je conseille la lecture :

 

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