POURQUOI le sportif est-il plus sensible aux allergies: tout simplement parce que pendant l’effort il respire beaucoup plus d’air (la fréquence respiratoire augmente +++) et donc il va respirer et capter beaucoup plus de pollens qu’une personne qui est au repos, logique !!
Et puis les sorties d’entraînements, par exemple en course à pied ou à vélo, ont volontiers lieu sur des chemins de campagne ou qui bordent des bois.
Les particules dégagées par la pollution sont également inhalées, et majorent sévèrement l’agression des pollens: le gasoil (véhicules diésel), macadam, fumées, etc. si bien qu’on peut aussi se demander s’il ne faut pas éviter de faire un footing en centre ville, de se déplacer à vélo en ville derrière les pots d’échappement, etc. …..
L’hiver a été long, le printemps va démarrer brutalement, et avec lui l’arrivée brutale des allergies ORL et/ou bronchiques et/ou oculaires ; nous sommes le 11 mars, je peux vous dire que déjà en clientèle je vois tous les jours de nombreux cas d’allergies (dans le nord de la France on a des après-midi ensoleillées, et surtout du vent ; on respire donc déjà des pollensCes allergies sont dues soit aux pollens (des arbres) soit aux graminées (« herbes »)
Pour l’aspect très spécifique « ASTHME ET SPORT » (car il existe très fréquemment une relation sport-asthme-allergies) LIRE L’ARTICLE http://www.medecinedusportconseils.com/2009/10/31/asthme-et-sport/
Ces allergies parcourent la France selon un « CALENDRIER » qu’il est important de suivre ; un excellent site communique ce calendrier régulièrement tout au long de l’année : http://www.pollens.fr/les-bulletins/bulletin-allergo-pollinique.php ; il est essentiel, pour les sportifs allergiques de prendre connaissance très régulièrement de ce calendrier, car en matière d’allergie c’est le TRAITEMENT PREVENTIF qui doit être privilégié. Quand l’allergie est déclarée, il est souvent trop tard ….
Dans cet article je ne peux pas développer les différents traitements : SEUL votre médecin traitant peut prendre en charge la conduite à tenir car chaque allergique est différent.
Ce que je vous conseille très vivement c’est d’aller rapidement consulter votre médecin, puis de le voir régulièrement tout au long de la saison des allergènes qui vous concerne.
Comment pouvez-vous respirer avec un nez bouché, les bronches enflammées et qui spasment ???? Comment pouvez-vous être en forme avec des yeux gonflés et larmoyants ?? Toute allergie déclenche un état de fatigue qui peut être sévère. Le sommeil est souvent très altéré.
FAITES VOUS DONC PRESCRIRE UN TRAITEMENT PREVENTIF ; en comprimés (il existe aussi des comprimés qu’on laisse fondre sous la langue, faciles à utiliser car pas besoin d’un verre d’eau), en collyre (il existe des collyres unidoses), en spray nasal.
MAIS ATTENTION : il existe une règlementation anti-dopage RIGOUREUSE avec une liste de produits interdits (qui positivent un contrôle anti-dopage), et pour soigner une allergie il y a des produits autorisés mais aussi des produits qui font partie de la liste des produits interdits. Vous devez donc toujours dire à votre médecin que vous êtes licenciés dans une Fédération sportive ; sans avoir eu l’intention de vous doper vous pourriez être positif lors d’un contrôle anti-dopage, et donc sanctionnés, sans recours possible.
Pour tout renseignement, lire régulièrement et très attentivement les articles du site de l’Agence Française de Lutte contre le Dopage (« AFLD ») : http://www.afld.fr/ car les règlementations peuvent changer à tout instant.
Je termine par quelques petits conseils pour les sportifs allergiques :
lorsque vous êtes à l’extérieur au « milieu » des pollens, vos habits et vos cheveux sont contaminés par ces pollens ; c’est pourquoi je conseille de se laver les cheveux le soir (sinon vous dormez dans un « nid » de pollens !) et si possible de bien aérer les vêtements extérieurs que vous avez portés. Enfin, éviter de faire sécher du linge à l’extérieur en particulier les draps de lit.
SPORT et ASTHME: lire mon article : http://www.medecinedusportconseils.com/2009/10/31/asthme-et-sport/
ET





jj, peut on devenir allergique d’une année sur l’autre?
Salut Jesse; en fait le printemps cette année a déboulé très vite, bcp plus vite que d’habitude, de façon brutale, et les pollens sont présents de façon massive; si bien que des patients développent cette saison de fortes réactions (surtout les sportifs car ils ventilent plus pendant l’effort) alors qu’ils n’y étaient pas sujets les années précédentes; donc un conseil: tu te limites à faire de la chaise longue avec une écharpe pour protéger le nez; amic, JJ
Pour les allergiques Amiénois, le lien direct du calendrier avec comparatif 2009/2010 pour les graminées: http://www.pollens.fr/les-risques/risques-par-ville-details.php?id_ville=40&id_taxon=9 Pour changer d’allergène il faut utiliser le menu de droite.
Sinon docteur, je me posais une question à laquelle je ne trouve aucune réponse même en ayant retourné Google quelques fois.
1- Avons nous assez de recul, ou existe-t’il des études sur les retentissements sur la santé de la prise d’anti-histaminique QUOTIDIENNEMENT pendant de nombreuses années. J’ai 25 ans, je prends un antihi chaque jour à cause d’allergies croisées (acariens / graminées), je me demande si le fait d’en prendre chaque jour jusqu’à mes 80 ans peut avoir des effets sur ma santé (même si ne pas en prendre est pire).
2- Au niveau de la résistance sur les médicaments (ou l’accoutumance), est-ce qu’une rotation des anti-histaminique permet à nouveau de le rendre efficace, ou alors une fois que notre corps s’est habitué à un anti-hi, c’est pour toujours et on doit à terme racler les fonds de tiroir des antihi (X générations) existants ?
Excellente question John ;
et grand débat, difficile à traiter en quelques lignes ; les anti-histaminiques sont utilisés pour les rhinites allergiques saisonnières (pollens, graminées) et aussi pour les rhinites « perannuelles » c’est à dire qui dépendent d’allergènes auxquels le patient est allergique toute l’année (poussière, poils d’animaux et autres) ; également pour des urticaires aigus ou chroniques. Je pense de façon générale que la prise de tout médicament doit être mesurée et réfléchie car même un comprimé de Paracétamol, et encore pire d’Aspirine, peut mener à des complications ou effets indésirables. Dans le même registre on peut aussi se poser le problème pour l’alcool, le tabac, certaines drogues et toute addiction en général et cela concerne alors des millions de français, sans parler d’une éventuelle « malbouffe » délétère pour la santé, ou encore d’activités physiques et/ou sportives qui pratiquées à outrance peuvent avoir aussi un effet néfaste pour la santé physique comme psychologique. Bref le débat sur le « médicament » est à relativiser. Il existe de « vieux » anti-histaminiques très peu sélectifs et entraînant des effets secondaires en particulier à type de somnolence (et donc responsables d’une probable dépendance tout comme avec les benzodiazépines qui sont des « calmants ») alors que plus un anti-histaminique est récent plus il est sélectif donc ayant moins de retentissement sur la vigilance. N’oublions pas aussi que certains anti-allergiques (dont un très récent) doivent être utilisés avec prudence en cas de certaines pathologies cardiaques (anomalies ECG) ou encore ne peuvent pas être associés avec certains médicaments comme les macrolides (une classe d’antibiotique) Je note aussi que consommer un anti-histaminique avec de l’alcool ça augmente considérablement un éventuel effet sédatif. Il est clair qu’il est à mon sens ABERRANT que la plupart des anti-allergiques soient en vente libre : tant mieux …. pour le pharmacien (et bientôt les hypermarchés ?, mais c’est grave pour le consommateur qui considère qu’un produit en vente libre est inoffensif ; j’ai déjà rencontré plusieurs patients manifestement dépendants à la « Chorphéninamine » qui est une molécule contenue dans le « leader » des ventes libres et de la pub télé, désolant … Que dire aussi de la « pseudoéphédrine » contenue également dans des médicaments sur ordonnance et aussi en vente libre : elle possède des effets cardiovasculaires et neurologiques que certains consommateurs recherchent et en deviennent dépendants. John nous parle des anti-allergiques en comprimés, mais il faut aussi évoquer les produits à usage nasal qui contiennent pour certains des corticoïdes +/- associés à de la pseudo-éphédrine : même si c’est à petite dose le corticoïde passe dans le sang (d’où des effets nocifs en cas d’utilisation prolongée) et il est souvent responsable d’une atrophie de la muqueuse qui déclenche des épistaxis (saignements de nez) Bref « l’affaire est complexe » surtout si j’ajoute la notion qu’un patient souffrant d’une allergie ORL (nez qui coule, éternuements, nez qui gratte, nez bouché la nuit) respire moins bien, risque une sinusite ou une surinfection, ça fatigue énormément car le sommeil est moins récupérateur car respirant mal l’oxygène capté est moindre, s’il s’agit d’un sportif son « foncier » va être moins performant (moins d’oxygène, et souvent spasmes bronchiques associés à l’allergie ORL dans 80% des cas de rhinite) Donc seul le patient (qui au final et le seul à gérer son traitement car le médecin est là pour informer et proposer des choix thérapeutiques) prendra sa décision en facteurs de nombreux éléments : son respect d’une forme d’écologie de son corps, les troubles du sommeil, les sensations sportives altérées, la fatigue, etc.
Pour John: à partir du moment où ton allergie est permanente tout au long de l’année le traitement s’impose, surtout que les traitements par désensibilisation donnent des résultats assez alléatoires; des molécules spécifiques existent; il est vrai qu’on ne retrouve pas d’études scientifiques pour étayer une éventuelle dépendance MAIS je fais confiance au « pouvoir » des laboratoires pharmaceutiques pour ne pas développer cette recherche. Le recul que j’ai dans mon acivité sur des milleirs de patients depuis de (trop) nombreuses années ne m’amène pas à conclure en faveur d’une dépendance au traitement; par contre il semble utile de varier les molécules par exemple tous les ans. Très cordialement. J.JM
Espérant avoir en partie répondu à ce fidèle internaute ; J.JM
Un grand merci pour toutes ces précisions.
J’ai continué à me documenter en me disant qu’après tout si allergie il y avait, sur-réaction il y avait aussi, et donc probables leucocytes performants (j’espérais en tout cas), et je suis tombé sur un article qui peut permettre aux allergiques de faire contre mauvaise fortune bon coeur: http://www.petitmonde.com/Doc/Article/Les_allergies_reduisent_les_risques_de_cancer
L’étude semble relativement bien menée statistiquement. C’est intéressant.
un grand merci à cet Internaute à qui je ne vais pas tarder à décerner un diplôme d’Allergologue! très cordialement, JJM