la nutrition pendant le Tour de France

Site de conseils en médecine du sport : https://www.medecinedusportconseils.com/

Site de séances de sophrologie : https://www.seance-sophrologie.com/

Chronique N°16/21 Tour de France 2018 jjdok médecin référent équipe « Fortunéo-Samsic » : dépense énergétique et apports énergétiques

Pendant les 3 semaines de course sur ce Tour de France 2018 je rédige chaque jour une chronique médicale, avec des thèmes variés mais qui concernent le terrain : la nutrition, les bobos du cycliste, le dopage, la santé, l’hygiène de vie, etc. Parfois le ton est caustique, mais c’est juste pour vous réveiller   En quelque sorte je vous fais partager mon expérience, qui s’est construite au fil du temps grâce avant tout au coureur avec qui j’ai toujours engagé une relation de respect, d’écoute, pour un travail interactif ; une relation médicale est, comme toute relation, le résultat d’une rencontre où chacun vient vers l’autre. C’est le coureur qui m’a appris l’essentiel de mon job.

Chroniques précédentes :

Donc aujourd’hui :

Quelle dépense énergétique et quels apports énergétiques pendant les étapes du Tour de France

Je vais me contenter de lister des données précises, relevées par mon tableur et le logiciel de nutrition (Nutrilog) que j’utilise :

Dépense énergétique moyenne de nos 8 coureurs pendant l’étape :

  • Le contre la montre de 35km : 800 calories brûlées
  • L’étape de plat la plus « cool » : 2200 calories brûlées
  • L’étape la plus exigeante, avec 5000m de dénivelé : 4650 calories brûlées

Cette dépense énergétique est fonction de plusieurs paramètres : le poids du coureur, la durée de l’étape, le dénivelé, et surtout la façon dont a été gérée l’étape : le coureur échappé va brûler environ 25% de calories en plus ; il devra en tenir compte pour ses apports énergétiques pendant cette étape

Apports énergétiques pendant l’étape :

800 à 2400 calories (bidons, barres, gels, emballés, compotes, etc.)

Je rappelle que « fort heureusement » environ 50% de la dépense énergétique de l’étape est assurée par la lipolyse (les graisses qui sont brûlées), et que 500 à 600 calories sont apportées par les réserves de glycogène accumulées grâce à la nutrition de la veille au soir et au petit déjeuner d’avant étape.

Apports énergétique totaux :

(nutrition course et nutrition hors course) pendant 24 heures : 4100 à 6200 calories

  

Merci à tous pour votre fidélité sur ce site de conseils en médecine et en nutrition du sport qui chaque jour réunit 4000 à 7000 visiteurs

J’« alimente » régulièrement ce site de conseils en médecine du sport et en nutrition du sport ; également mon webmaster gère un site de séances de sophrologie du sport sur lequel je poste des enregistrements de terrain qui s’adressent à tous les sportifs, avec des séances spécifiques pour le cycliste, le joueur de tennis, le joueur de foot, etc. etc. . Comment mieux récupérer, techniques pour optimiser la préparation d’un objectif, comment mieux dormir, etc. etc. Ce site : https://www.seance-sophrologie.com/

comment augmenter le taux de testostérone naturellement

Site de conseils en médecine du sport : https://www.medecinedusportconseils.com/

Site de séances de sophrologie : https://www.seance-sophrologie.com/

Chronique N°16/21 Tour de France 2018 jjdok médecin référent équipe « Fortunéo-Samsic » : comment booster naturellement son taux de testostérone ?

Pendant les 3 semaines de course sur ce Tour de France 2018 je rédige chaque jour une chronique médicale, avec des thèmes variés mais qui concernent le terrain : la nutrition, les bobos du cycliste, le dopage, la santé, l’hygiène de vie, etc. Parfois le ton est caustique, mais c’est juste pour vous réveiller   En quelque sorte je vous fais partager mon expérience, qui s’est construite au fil du temps grâce avant tout au coureur avec qui j’ai toujours engagé une relation de respect, d’écoute, pour un travail interactif ; une relation médicale est, comme toute relation, le résultat d’une rencontre où chacun vient vers l’autre. C’est le coureur qui m’a appris l’essentiel de mon job.

Chroniques précédentes :

Donc aujourd’hui : conseils pour augmenter naturellement son taux de testostérone

Pour ceux qui n’ont ni la patience ni le courage de lire cet article : ne retenez qu’une chose : « je suis trop rigoureux dans ma nutrition, j’arrête toutes les graisses, je fais des journées de jeûne = je perds trop de masse grasse = je baisse mon taux de testo = je perds de la puissance et de la libido …. »

Est-ce qu’il existe des vraies solutions efficaces pour augmenter naturellement le taux de testostérone : cette question est souvent posée par nos patients et nos sportifs : pourquoi, comment, comment ça marche ??

Quel est le rôle de la testostérone chez le sportif, mais aussi chez la personne sédentaire : la testostérone a bien sûr une action sur la libido et la « potentia », mais elle permet aussi le maintien de la masse musculaire, le maintien de la densité des os, la stimulation de la production des globules rouges par la moelle osseuse. Un « repère » classique d’un taux correct de testostérone est la qualité et la fréquence de l’érection matinale.

Son déficit expose à une libido défaillante, une baisse de l’humeur vitale avec parfois une composante de dépression, le stockage de graisses plus volontiers au niveau abdominal, une fatigue physique, de moins bonnes capacités de récupération chez le sportif, et surtout une perte de puissance physique mais aussi d’agressivité dans la gestion du mental.

Les solutions et conseils pour faire augmenter naturellement le taux de testostérone :

Prendre de la testostérone en se la faisant prescrire par un médecin ou en utilisant des circuits détournés comme des sites internet qui vendent des anabolisants dont de la testostérone : bien évidemment non, d’abord parce que médicalement c’est dangereux : ça favorise le déclanchement de certains cancers ; seuls certaines situations médicales parfaitement documentées peuvent bénéficier de la prescription de testostérone mais ce sera toujours sous la surveillance d’un médecin endocrinologue  et consommer de la testostérone va freiner voire même suspendre la sécrétion naturelle de cette hormone ; et le sportif sera également … suspendu d’autant plus que les contrôles urinaires anti-dopage retrouvent très facilement la prise de testostérone.

Il existe certains produits naturels qui n’augmentent pas vraiment le taux naturel de testostérone mais qui semblent faciliter l’utilisation de la testostérone par le muscle, au repos comme à l’effort : l’arginine, l’acide aspartique, le tribulus ; également un produit homéopathique : l’Amphosca à l’Orchitine. Inutile d’aller fouiller dans la pharmacopée chinoise ou exotique chercher de la poudre de rhinocéros (50000$ le kilo … pour de la simple kératine…) ou de défense d’éléphant, c’est de la … tromperie et le sportif ne verra pas beaucoup d’action au niveau de sa trompe … Sportifs : soyez toujours vigilants, branchez votre esprit critique, vous êtes des proies vulnérables pour les marchands de rêve. e

La nutrition peut faciliter la production naturelle de testostérone par l’organisme, à plusieurs niveaux :

Tout d’abord la synthèse de la testostérone se fait à partir de certaines graisses dont l’acide arachidonique. Sans détailler les mécanismes, une alimentation enrichie dans certaines graisses peut faciliter la synthèse de testostérone ; mes conseils : 10g de beurre cru à chaque repas ; un avocat une fois par semaine ; une cuillère à café d’huile de noix et 2 cuillères à café d’huile d’olive tous les jours et consommer une dizaine de noix par semaine ; une boite de foies de morue une fois par semaine (on en trouve dans tous les hypermarchés au rayon des conserves de poisson) ; du Parmesan une cuillère à café tous les jours sur les pâtes ou le riz ou les pommes de terre.

On sait également qu’une carence en Vitamine D freine la synthèse de la testostérone (une étude scientifique a montré qu’une complémentation en vitamine D de 100000U par mois pendant un an augmente la production de testostérone); MAIS attention au surdosage en vitamine D : une complémentation ne peut s’envisager QUE sous contrôle médical ; et cette carence en vitamine D est très fréquente chez le sportif … à condition qu’on la recherche en dosant cette vitamine dans le cadre d’un bilan sanguin structuré et adapté au cahier des charges d’un sportif soumis à une activité sportive intense ; en médecine comme ailleurs on ne trouve que ce qu’on cherche ; mon expérience de terrain m’amène à constater que le sportif ne s’inscrit pas dans une démarche de prévention: la médecine du sport ce n’est pas « SOS-médecins », c’est avant tout de la prévention …  http://www.medecinedusportconseils.com/2014/01/13/sportifs-votre-attention-sil-vous-plait-la-prevention-devrait-etre-une-priorite/ Cette étude sur la complémentation en vitamine D : “ compared to baseline values, a significant increase in total testosterone levels (from 10.7 ± 3.9 nmol/l to 13.4 ± 4.7 nmol/l; p < 0.001), bioactive testosterone (from 5.21 ± 1.87 nmol/l to 6.25 ± 2.01 nmol/l; p = 0.001), and free testosterone levels (from 0.222 ± 0.080 nmol/l to 0.267 ± 0.087 nmol/l; p = 0.001) were observed in the vitamin D supplemented group. By contrast, there was no significant change in any testosterone measure in the placebo group “

Juste une précision : la prise de 3 gouttes par jour de vitamine D me semble préférable pour un apport stable, plutôt qu’une ampoule par mois.

Egalement la prise de Zinc (fruits de mer, surtout les huîtres), de Magnésium(fruits, légumes, céréales, germe de blé, eau Hépar), de vitamine B6 (viande rouge) facilitent la production naturelle de testostérone. Egalement privilégier une alimentation à base de glucides à index glycémique bas (pâtes, pommes de terre cuites à la vapeur avec la peau, riz plutôt basmati, semoule de maïs, légumes secs, quinoa, etc.) en associant dans la même assiette la ration de féculents avec un peu de légumes verts cuits. Le sans gluten propose des aliments à index glycémique trop élevé (notamment riz, semoule de maïs)

Une meilleure connaissance des processus de récupération après l’entraînement et la compétition permet également de faciliter la resynthèse de la testostérone par l’organisme ; il semble ainsi que la consommation d’acides aminés branchés (« BCAA » : valine, leucine, isoleucine) optimise la synthèse de testostérone après l’effort ; surtout si le sportif a d’abord consommé un sucre rapide qui permet de créer une montée d’insuline après l’effort. Mon schéma serait donc : « je me sucre après l’effort puis je consomme des BCAA »

Autres conseils pour favoriser la synthèse naturelle de testostérone : le stress inhibe probablement la sécrétion de testostérone d’où le conseil logique d’acquérir des techniques de lutte contre le stress , comme la sophrologiehttp://www.seance-sophrologie.com/ ), la relaxation. Le stress induit volontiers la stimulation de la production de cortisol qui est une hormone qui freine la sécrétion de testostérone. De même que la qualité du sommeil(http://www.medecinedusportconseils.com/2013/08/31/10-conseils-pour-mieux-dormir-pour-un-meilleur-sommeil/ ) facilite la sécrétion de la testostérone. L’exercice en endurance prolongée constitue plutôt un frein à la production de testostérone, et cette hormone est utilisée par le muscle pendant l’effort ; alors que l’exercice fractionné (exercice court et intense), plutôt réalisé à jeun (déjeuner ensuite), semble faciliter la production de testostérone, de même que des séances courtes de musculation (moins de 45mn)

Les erreurs que je constate trop souvent : le sportif cherche à s’affûter (le « fameux » rapport poids/puissance …), logique, car un surpoids expose à une dépense énergétique plus élevée, à une moindre « explosivité », à un retentissement articulaire (chevilles, genoux, hanches, dos) Et le cycliste en surpoids sera « scotché » dans les bosses. MAIS la stratégie pour perdre du poids doit être progressive, maîtrisée, avec des conseils adaptés : pas de suppression totale des graisses, pas de perte trop rapide de poids ; sportifs, n’hésitez-pas à vous faire coacher au niveau de votre nutrition ; trop de blessures, coups de moins bien, états de méforme, sont en relation avec une nutrition peu performante au quotidien, ou avant-pendant-après l’effort. Votre taux de testostérone tombe dans les chaussettes (et pas que lui …) dès lors que vous cherchez à « dégraisser » trop vite. Sur de très nombreux dossiers de sportifs de haut niveau j’ai corrélé sur des courbes le taux de testostérone et le % de masse grasse (prise des plis cutanés) : à l’évidence il existe une relation DIRECTE entre les 2 courbes 

  

Merci à tous pour votre fidélité sur ce site de conseils en médecine et en nutrition du sport qui chaque jour réunit 4000 à 7000 visiteurs

J’« alimente » régulièrement ce site de conseils en médecine du sport et en nutrition du sport ; également mon webmaster gère un site de séances de sophrologie du sport sur lequel je poste des enregistrements de terrain qui s’adressent à tous les sportifs, avec des séances spécifiques pour le cycliste, le joueur de tennis, le joueur de foot, etc. etc. . Comment mieux récupérer, techniques pour optimiser la préparation d’un objectif, comment mieux dormir, etc. etc. Ce site : https://www.seance-sophrologie.com/

 

 

 

sport de haut niveau et les tentations du mystique et de l’ésotérisme …

Site de conseils en médecine du sport : https://www.medecinedusportconseils.com/

Site de séances de sophrologie : https://www.seance-sophrologie.com/

Chronique N°16/21  Tour de France 2018 jjdok médecin référent équipe « Fortunéo-Samsic » : sport de haut niveau, la tentation du « mystique » et de l’ésotérisme

Pendant les 3 semaines de course sur ce Tour de France 2018 je rédige chaque jour une chronique médicale, avec des thèmes variés mais qui concernent le terrain : la nutrition, les bobos du cycliste, le dopage, la santé, l’hygiène de vie, etc. Parfois le ton est caustique, mais c’est juste pour vous réveiller   En quelque sorte je vous fais partager mon expérience, qui s’est construite au fil du temps grâce avant tout au coureur avec qui j’ai toujours engagé une relation de respect, d’écoute, pour un travail interactif ; une relation médicale est, comme toute relation, le résultat d’une rencontre où chacun vient vers l’autre. C’est le coureur qui m’a appris l’essentiel de mon job.

Chroniques précédentes :

 

Donc aujourd’hui : le sport de haut niveau et la tentation du mystique et de l’ésotérisme

Oups, je me lance aujourd’hui dans une réflexion complexe ; chaque jour 5000 à 7000 internautes lisent mes articles sur ce site, sans nul doute je vais faire un floppp complet avec cet article ; pas grave, j’essaye de réfléchir sur une donnée souvent méconnue du sport de haut niveau …. Les « médecines naturelles » sont de plus en plus polluées par des gourous qui s’improvisent thérapeutes et proposent leurs services à des sportifs en détresse. Les dérives « sectaires » sont certaines. Je vais structurer cet article à partir de mon expérience de terrain, en listant des points de réflexion :

Le sport de haut niveau est éclairé par les spots, la lumière, les médias ; tentant pour toute personne d’infiltrer ce milieu pour vivre aux côtés du sportif, par procuration, des émotions, pour « exister »

De nombreux intervenants cherchent donc leur place ; il est bien difficile de mesurer le sérieux et l’impact de ces nouveaux « praticiens » tant les CV varient et l’environnement du cyclisme accuse un retard incroyable dans son approche des sciences du cerveau et de l’esprit … : « préparateurs mentaux », « ostéos » (attention, il existe de nombreux excellents ostéos qui restent dans leurs compétences), « psychologues du sport », diplômes prestigieux délivrés par des facultés du sport avec de tout jeunes praticiens qui sur leurs cartes de visite proposent une riche panoplie : préparation physique, préparation mentale, nutrition, réathlétisation, entraînement, coaching. Les gourous rôdent, les guérisseurs, les magnétiseurs ; la liste est longue.

Pourquoi le sportif est-il tenté ?

  • Son propre cursus l’a amené très vite à s’engager dans son sport, dès le plus jeune âge ; les bases objectives de sa réflexion sont donc parfois limitées ; pas question de mettre en doute l’ « intelligence » d’un sportif ; je ne me suis jamais assis sur la notion de pouvoir médical, chacun de nous est intelligent, juste nos intelligences sont différentes ; pour bien connaître la boxe de haut niveau j’ai pu apprécier l’intelligence diabolique de boxeurs alors que certains avaient quitté l’école à 14 ans.

 

  • Les sacrifices auxquels il consent sont tout simplement énormes : vie personnelle, vie familiale ; et donc la tentation est grande de trouver un « petit plus », une solution « miracle » ; les « gourous » connaissent bien les failles et s’engouffrent ; le sportif n’est en aucun cas responsable ; juste le staff est responsable : si on ne propose pas un cadre sérieux qui repose sur des bases scientifiques, si on n’installe pas une relation d’accompagnement et de pédagogie, alors le sportif va chercher d’autres solutions.

 

  • La déontologie que s’imposent les professionnels de santé ne leur permet pas d’infiltrer cette fragilité émotionnelle du sportif : il existe un Ordre des médecins, un Ordre des kinés ; toute « publicité » est interdite, par exemple un médecin peut être condamné pour proposer des solutions qui ne sont pas basées sur des preuves scientifiques.

 

  • Parce que nous, professionnels de santé, on est « moins bons » que de nombreux charlatans pour ouvrir la porte de communication avec le sportif ; rester enfermés dans nos cabinets de consultation, rester campés sur des certitudes et des dogmes, surjouer d’un « pouvoir médical », refuser de concevoir qu’un sportif de haut niveau fonctionne 50% dans les jambes et 50% dans la tête : tout cela amène le sportif à ne pas être en phase avec nous et à aller voir ailleurs. L’approche médicale « classique » ne séduit pas le sportif.

 

Les solutions : je n’ai pas la prétention de détenir une certitude, j’essaye de réfléchir

  • Accepter cette fragilité du sportif, mettre en place une prise en charge qui intègre cette donnée ; sans céder à la tentation de jouer les gourous ; juste faire son job, expliquer et expliquer encore au sportif ce qu’on peut lui proposer, dans une relation de respect, d’écoute, de partage, d’accompagnement ; passer du temps à discuter, sentir les failles et la fragilité éventuelle d’un sportif.

 

  • Le sport cycliste pourrait s’inspirer d’autres sports, tels que la voile, milieu que je connais bien : chaque intervenant est hyper spécialisé, chacun joue son rôle, à sa place.

 

 

  • Au staff dirigeant, aux Managers de structurer des staffs de compétence.

 

Juste pour terminer et sourire (mais moi ça m’attriste plutôt …), voici quelques exemples « vécus »

  • Un ostéo qui a « remis en place la moelle épinière » à un cycliste qui présentait une lombalgie (et qui bien sûr a « remis le bassin »)
  • Un coureur qui sur un Tour de France posait tous les soirs sur ses plantes de pieds un patch pour « retirer les toxines » la nuit ; ahhhh ces toxines …. ce foie engorgé ….
  • Un coureur qui appelait sa voyante tous les soirs
  • Et bien sûr le « fameux » bracelet que portait 90% du peloton il y a quelques années (censé apporter de l’énergie et maintenir l’équilibre sur le vélo)

En aucun cas je ne me moque du coureur, il souffre dans sa vie perso, il souffre dans son corps, il est souvent dévoré par l’incertitude et le stress, et donc il cherche des solutions ; juste certains « professionnels » profitent et s’engouffrent … Aux staffs dirigeants de professionnaliser leur staff.

Allez je termine par une dernière précision : nombreux sont ceux qui connaissent mon approche très « réservée » sur l’ostéopathie ; juste parce que mon expérience personnelle m’a amener à constater des dérives ; MAIS j’affirme qu’il existe de nombreux ostéos excellents, qui se limitent au champ de leurs compétences. Tout comme il existe de mauvais praticiens médecins ou kinés; je ne défends pas ma profession, je ne défends pas un quelconque pouvoir, juste je m’attriste très sérieusement des dérives sectaires dans le sport de haut niveau ….

Merci à tous pour votre fidélité sur ce site de conseils en médecine et en nutrition du sport qui chaque jour réunit 4000 à 7000 visiteurs

J’« alimente » régulièrement ce site de conseils en médecine du sport et en nutrition du sport ; également mon webmaster gère un site de séances de sophrologie du sport sur lequel je poste des enregistrements de terrain qui s’adressent à tous les sportifs, avec des séances spécifiques pour le cycliste, le joueur de tennis, le joueur de foot, etc. etc. . Comment mieux récupérer, techniques pour optimiser la préparation d’un objectif, comment mieux dormir, etc. etc. Ce site : https://www.seance-sophrologie.com/

comment bien récupérer après la course, conseils de terrain pour la récup

Site de conseils en médecine du sport : https://www.medecinedusportconseils.com/

Site de séances de sophrologie : https://www.seance-sophrologie.com/

Chronique N°15/21  Tour de France 2018 jjdok médecin référent équipe « Fortunéo-Samsic » : comment bien récupérer après l’étape

Pendant les 3 semaines de course sur ce Tour de France 2018 je rédige chaque jour une chronique médicale, avec des thèmes variés mais qui concernent le terrain : la nutrition, les bobos du cycliste, le dopage, la santé, l’hygiène de vie, etc. Parfois le ton est caustique, mais c’est juste pour vous réveiller  En quelque sorte je vous fais partager mon expérience, qui s’est construite au fil du temps grâce avant tout au coureur avec qui j’ai toujours engagé une relation de respect, d’écoute, pour un travail interactif ; une relation médicale est, comme toute relation, le résultat d’une rencontre où chacun vient vers l’autre. C’est le coureur qui m’a appris l’essentiel de mon job.

Chroniques précédentes :

 

Donc aujourd’hui : conseils et protocole de récupération après l’étape

Envisageons de façon chronologique les étapes de la récup :

Avant tout la récup active, avec 2 situations

  • Le coureur termine dans le grupetto et « tourne les pattes » sur les derniers kms : la récup active est faite !
  • Le coureur termine dans le dur ou il a participé au final de l’étape : alors soit il fait 10 minutes de home traîneur (puls à 60% du max) en tournant bien les jambes, soit quand c’est possible il va rouler un peu sur route
  • S’il a fait très très chaud sur l’étape, refroidir les muscles qui ont travaillé est une priorité : le port d’un gilet thermique pendant quelques minutes, et très vite une stratégie pour refroidir les cuisses et les mollets : on utilise le procédé « Game-Ready », les 8 coureurs sont dans le bus pendant le transfert arrivée-hôtel ; de l’eau à 1-2° circule dans les bottes, associé à de la pressothérapie.

L’assistant qui fait l’arrivée propose tout de suite aux coureurs une boisson, souvent un mélange de Vichy St Yorre (= bicarbonate + sel) et de jus de raisin noir (= sucre « rapide » + potassium) ; puis pendant la première heure qui suit l’arrivée le coureur va boire : des boissons sucrées et des aliments semi-liquides comme de la compote (c’est frais, et c’est un aliment très alcalin)

 

La nutrition : une collation est proposée,

  • Avec un glucide plutôt « rapide » (pour vite recharger les réserves de glycogène musculaire et hépatique) : riz ou polenta ou pâtes ou pommes de terre cuites à la vapeur avec la peau, ou quinoa, ou un gâteau de semoule avec des raisins secs (le raisin sec est un produit très alcalin) ; PAS de crudités ni salade, l’estomac qui est dans le dur ne tolère pas de fibres crus. Du jambon ou de la dinde ou du poulet.
  • Au bout d’une heure : quelques fruits secs comme des dattes, des figues, de l’ananas ou du raisin noir bien sucré.
  • Un shaker de protéines est très souvent consommé : du lait végétal, du sirop de fruits, une ou deux doses de protéines à plus de 80% de protéines.

Cette stratégie correspond à ce que je dénomme l’« opération portes ouvertes » c’est à dire que pendant les 90 minutes qui suivent la fin d’un effort prolongé en endurance, tout (carbohydrates et acides aminés) ce qui est ingéré va s’ « engouffrer » dans les muscles qui ont travaillé et dans le foie : c’est là que la récupération nutritionnelle se fait ; le repas du soir servira surtout à stocker pour l’étape du lendemain.

Avec de simples bandelettes urinaires j’analyse les urines du coureur dès l’arrivée ; la mesure du PH (acidité), la concentration des urines, la présence éventuelle de protéines dans les urines : ce sont des éléments fiables qui permettent de guider un protocole de récup adapté à chaque coureur.

La « microsieste » (cf. chronique d’hier) constitue un super moyen pour optimiser la récupération. ; elle ne dure que 10 à 15 minutes.

Le massage réalisé par l’assistant le kiné ou l’ostéo: c’est un élément « culturel » du sport cycliste, avec un rituel; je conteste parfois le contenu (quand les masses musculaires sont « broyées » par la massage …); je pense que seul un kiné est capable d’adapter et structurer un massage adapté à chaque coureur, et surtout de recueillir d’éventuels éléments pathologiques (tendinopathies, problèmes musculaires, etc); mais certains assistants massent très bien, et ont avec leur coureur pendant le massage un relationnel qui permet la détente.

Le repas du soir est adapté à chaque coureur : l’apport en carbohydrates dépend d’un paramètre essentiel : la différence entre la dépense énergétique pendant l’étape et les apports caloriques pendant l’étape ; je recueille ces éléments dès l’arrivée, par l’intermédiaire d’un tableur Excel que j’ai conçu, les gars complètent le tableur pendant le retour en bus.

Je communique beaucoup au niveau du staff pour imposer qu’après le dîner, quand le coureur est rentré dans sa chambre, il doit être chez lui, on le laisse tranquille, il est au contact (téléphone, skype) avec ses proches, sa famille, la course est terminée, place à la récup tranquille …

Le sommeil (cf. chronique le sommeil facteur ESSENTIEL pour la récupération) est à mon sens LE PRINCIPAL OUTIL de la RECUPERATION.

Le sportif amateur pourra trouver dans ces conseils des solutions pour bien récupérer.

Ces conseils sont le résultat de mon expérience et surtout de celle des coureurs, dans une relation qui doit toujours être interactive: recueil des sensations après l’étape, et données factuelles: plus cutanés, bandelettes urinaires ; sur de nombreux sites vous trouverez d’autres conseils, d’autres réflexions, probablement plus « fouillées », « scientifiques »  et structurées ; mon site n’a pour objectif que de décrire avec un langage simple mon expérience de terrain.

Merci à tous pour votre fidélité sur ce site de conseils en médecine et en nutrition du sport qui chaque jour réunit 4000 à 7000 visiteurs

J’« alimente » régulièrement ce site de conseils en médecine du sport et en nutrition du sport ; également mon webmaster gère un site de séances de sophrologie du sport sur lequel je poste des enregistrements de terrain qui s’adressent à tous les sportifs, avec des séances spécifiques pour le cycliste, le joueur de tennis, le joueur de foot, etc. etc. . Comment mieux récupérer, techniques pour optimiser la préparation d’un objectif, comment mieux dormir, etc. etc. Ce site : https://www.seance-sophrologie.com/

 

La microsieste: intérêt chez le sportif

Site de conseils en médecine du sport : https://www.medecinedusportconseils.com/

Site de séances de sophrologie : https://www.seance-sophrologie.com/

Chronique N°14/21  Tour de France 2018 jjdok médecin référent équipe « Fortunéo-Samsic » : la microsieste

Pendant les 3 semaines de course sur ce Tour de France 2018 je rédige chaque jour une chronique médicale, avec des thèmes variés mais qui concernent le terrain : la nutrition, les bobos du cycliste, le dopage, la santé, l’hygiène de vie, etc. Parfois le ton est caustique, mais c’est juste pour vous réveiller  En quelque sorte je vous fais partager mon expérience, qui s’est construite au fil du temps grâce avant tout au coureur avec qui j’ai toujours engagé une relation de respect, d’écoute, pour un travail interactif ; une relation médicale est, comme toute relation, le résultat d’une rencontre où chacun vient vers l’autre. C’est le coureur qui m’a appris l’essentiel de mon job.

Chroniques précédentes :

 

Donc aujourd’hui : la microsieste ou comment profiter d’une petite sieste pour récupérer et bosser son mental !

Ma conception de cet excellent outil de travail du mental a été reprise dans un article du site « Doctissimo » : http://www.doctissimo.fr/html/psychologie/bien_dormir/articles/15246-micro-sieste.htm#qu-est-ce-que-la-micro-sieste, dans lequel j’évoque plusieurs éléments essentiels:

  • Savoir faire une microsieste ça s’apprend, même si spontanément on est tous capable de faire la sieste
  • Une microsieste c’est se « mettre entre parenthèses » pendant quelques minutes (5 à 10, pas plus)
  • Mais c’est aussi profiter de cet espace privilégié du mental pour mettre en place un TRAVAIL : par exemple pour un sportif à ressentir les muscles qui se détendent, recharger les batteries, visualiser un objectif sportif qui approche, activer la cicatrisation d’une blessure, travailler sur la confiance, la concentration, le « lâcher prise », etc. etc. ;

Bref pendant la microsieste le sportif récupère mais en même temps il bosse !

Mon expérience dans cet excellent outil concerne de nombreux sports : la navigation solitaire bien sûr, mais aussi les sports co et les sports individuels ; sur mon site de séances de sophrologie j’ai enregistré quelques exemples de séances de microsieste, mais rien ne peut remplacer un travail individuel avec un professionnel de santé rompu aux techniques de préparation mentale ; car chaque séance est différente, en « collant » aux images du sportifs, à ses représentations, à ses souvenirs, à ses objectifs.

Merci à tous pour votre fidélité sur ce site de conseils en médecine et en nutrition du sport qui chaque jour réunit 4000 à 7000 visiteurs

J’« alimente » régulièrement ce site de conseils en médecine du sport et en nutrition du sport ; également mon webmaster gère un site de séances de sophrologie du sport sur lequel je poste des enregistrements de terrain qui s’adressent à tous les sportifs, avec des séances spécifiques pour le cycliste, le joueur de tennis, le joueur de foot, etc. etc. . Comment mieux récupérer, techniques pour optimiser la préparation d’un objectif, comment mieux dormir, etc. etc. Ce site : https://www.seance-sophrologie.com/

 

forte chaleur : les conséquences et les conseils chez un cycliste pendant le Tour de France

Site de conseils en médecine du sport : https://www.medecinedusportconseils.com/

Site de séances de sophrologie : https://www.seance-sophrologie.com/

Chronique N°12/21  Tour de France 2018 jjdok médecin référent équipe « Fortunéo-Samsic » : comment lutter contre la canicule ?

Pendant les 3 semaines de course sur ce Tour de France 2018 je rédige chaque jour une chronique médicale, avec des thèmes variés mais qui concernent le terrain : la nutrition, les bobos du cycliste, le dopage, la santé, l’hygiène de vie, etc. Parfois le ton est caustique, mais c’est juste pour vous réveiller  En quelque sorte je vous fais partager mon expérience, qui s’est construite au fil du temps grâce avant tout au coureur avec qui j’ai toujours engagé une relation de respect, d’écoute, pour un travail interactif ; une relation médicale est, comme toute relation, le résultat d’une rencontre où chacun vient vers l’autre. C’est le coureur qui m’appris l’essentiel de mon job.

Chroniques précédentes :

 

Donc aujourd’hui : comment lutter contre la canicule, quelles sont les conséquences d’une forte chaleur quand on fait du vélo …

Un chiffre d’abord : si un coureur perd 1% de son poids en eau, alors il perd 10% de puissance ; exemple un coureur pèse 68kg, il perd 2 litres d’eau pendant la course ; alors il disposera de 30% de puissance en moins sur le final … Tout juste énorme !!!

Sur ce Tour de France les températures dépassent 28° depuis la 1ère étape

Le SEUL moyen qu’a trouvé l’organisme pour se rafraîchir : la transpiration !!! c’est l’évaporation de la sueur qui rafraîchit la peau et évite ainsi l’hyperthermie

MAIS … plus on transpire plus on perd de l’eau mais aussi … des minéraux, et même des métaux lourds …

J’ai fait analyser à plusieurs reprises la sueur de sportifs pendant l’effort ; pour avoir une idée précise de la composition de la sueur ; j’en ai « déduit » une composition de minéraux en poudre, que notre partenaire nutrition (Overstims) nous fabrique.

Les conséquences de la déshydratation : la perte de puissance ainsi que je l’ai déjà évoqué ; la déshydratation = l’organisme perd de l’eau et des minéraux et donc : le système de « refroidissement » (le « radiateur » du moteur !!) ne fait pas son travail, la température du corps augmente ; moins hydratés les muscles et les tendons souffrent ; le cerveau est également victime du manque d’eau : moins de lucidité, moins de réflexes ; dans les vaisseaux le sang est plus épais et circule moins, les muscles sont donc moins nourris pendant l’effort.

Alors, quels sont les conseils simples pour lutter contre les conséquences de la chaleur :

  • Boire une boisson riche en minéraux pendant l’heure qui précède le départ
  • Se protéger de la chaleur pendant l’heure qui précède le départ (ombre, casquette blanche, interviews à l’ombre, etc.) ; la clim est mise dans le bus.
  • Pendant l’étape toutes les boissons glucidiques sont enrichies en minéraux ; en plus des boissons glucidiques le coureur consomme quelques bidons d’eau ; sur une grosse étape de montagne, la moyenne des bidons consommés par coureur peut atteindre 10 bidons glucidiques et 3-4 bidons d’eau (que le coureur utilise pour boire mais aussi pour s’arroser)
  • Avant le départ, si besoin on lutte contre la chaleur en faisant porter aux coureurs un gilet réfrigérant
  • Pendant l’étape le cycliste va s’arroser (visage, cuisses) pour abaisser la température
  • Dès l’arrivée on propose à nouveau les gilets réfrigérants
  • La réhydratation post étape est guidée par l’analyse de paramètres subjectifs (crampes ? maux de tête etc.) et objectifs (pli cutané, analyse de la densité urinaire)
  • Tous les couruers rejoignent l’hôtel en bus et pendant le trajet je mets en place une cryothérapie par Game-Ready (= pressothérapie + froid cuisses et mollets); mon expérience et celle de la plupart des coureurs me fait jeter un regard très critique sur la cryothérapie « corps entier »: les températures sont trop froides (-110°), ça sert à quoi de refroidir les bronches et le ventre d’un coureur (très souvent surviennent des troubles digestifs avec ces séances de cryothérapie) ? Et surtout la logistique ne permet pas de concevoir cette lourde technique à l’arrivée; éventuellement sur le parking de l’hôtel mais il n’est pas utile de refroidir un muscle qui n’est plus chaud; à mon sens la cryothérapie n’est utile que très rapidement après l’arrivée.
  • Des boissons minéralisées sont proposées aux coureurs jusqu’au coucher
  • Et le dîner commence par …. Un potage de légumes !!! OUI !!!, même s’il a fait très chaud ; le potage est un super aliment pour réhydrater ; consommé chaud, tiède ou froid.

 

Merci à tous pour votre fidélité sur ce site de conseils en médecine et en nutrition du sport qui chaque jour réunit 4000 à 7000 visiteurs

J’« alimente » régulièrement ce site de conseils en médecine du sport et en nutrition du sport ; également mon webmaster gère un site de séances de sophrologie du sport sur lequel je poste des enregistrements de terrain qui s’adressent à tous les sportifs, avec des séances spécifiques pour le cycliste, le joueur de tennis, le joueur de foot, etc. etc. . Comment mieux récupérer, techniques pour optimiser la préparation d’un objectif, comment mieux dormir, etc. etc. Ce site : https://www.seance-sophrologie.com/

cyclisme et dopage ? Je pose la réflexion ….

Site de conseils en médecine du sport : https://www.medecinedusportconseils.com/

Site de séances de sophrologie : https://www.seance-sophrologie.com/

Chronique N°12/21  Tour de France 2018 jjdok médecin référent équipe « Fortunéo-Samsic » : dopage et cyclisme …

Pendant les 3 semaines de course sur ce Tour de France 2018 je rédige chaque jour une chronique médicale, avec des thèmes variés mais qui concernent le terrain : la nutrition, les bobos du cycliste, le dopage, la santé, l’hygiène de vie, etc. Parfois le ton est caustique, mais c’est juste pour vous réveiller ? En quelque sorte je vous fais partager mon expérience, qui s’est construite au fil du temps grâce avant tout au coureur avec qui j’ai toujours engagé une relation de respect, d’écoute, pour un travail interactif ; une relation médicale est, comme toute relation, le résultat d’une rencontre où chacun vient vers l’autre. C’est le coureur qui m’appris l’essentiel de mon job.

Chroniques précédentes :

 

Et donc aujourd’hui : cyclisme et dopage

Le dopage est-il présent dans le cyclisme ? je vais essayer de poser une réflexion tranquille, objective, lucide.

Le cyclisme a vécu des années noires ; les podiums des grands Tours étaient occupés par des cyclistes qui manifestement dérapaient ; avec une logistique dans le dopage qui était probablement fonction des moyens financiers dont disposaient les coureurs concernés ; l’objet de cette chronique n’est pas de revenir sur ce passé, mais de réfléchir sur le présent. Juste avant d’avancer sur mon analyse, .

il faut lucidement se poser la question sur le dopage dans les autres sports : certains ont-ils ou sont-ils encore « protégés » politiquement sportivement et médiatiquement ? Pour la réponse je joue mon joker. Juste je constate que dans le cyclisme les contrôles sont 10 fois plus fréquents que dans d’autres sports; et les données « officielles » placent le cyclisme bien après d’autres sports pour le nombre de cas positifs après contrôle anti-dopage.

Il faut lucidement réfléchir sur la tentation bien franchouillarde de penser que le dopage ne concerne que les « vilains » étrangers, et aucunement les « gentils » français.

Alors aujourd’hui le dopage existe encore ? Ma réponse ne vaut ni expertise ni certitude ; je suis un médecin de terrain, missionné pour que les cyclistes de mon équipe soient en bonne santé et respectent une éthique médicale ; comment m’en assurer ?

  • Aucun médicament ne peut être pris par un des coureurs de l’équipe sans que je n’en ai été préalablement informé; car sans chercher à se doper un sportif peut être positif à un contrôle si le médecin a prescrit un produit interdit ; un simple exemple : un corticoïde en comprimés prescrit pour une sinusite : traitement autorisé hors compétition, interdit en compétition.
  • Les coureurs de l’équipe signent le règlement médical interne qui leur interdit le recours à une liste de produits. En particulier le recours à certains corticoïdes locaux car OUI la porte est encore ouverte pour le dopage aux « microdoses » de corticoïdes : la réflexion est complexe, je la développe ici ; (Cet article est un peu « hard » mais expose je pense clairement comment la porte aux « microdoses » est encore ouverte …) ; il me semble qu’il serait facile pour les Instances de fermer la porte à cette possibilité de détourner la réglementation.
  • Le recours à certaines substances « récréatives » est strictement interdit par mon règlement médical : en particulier le snuss et certains somnifères (le Stilnox …) ; pas certain que ces produits ne circulent pas dans certaines équipes …
  • Les bilans biologiques réguliers auxquels sont soumis les coureurs : bilans sanguins (10 à 30 par an) hors compétition et en compétition ; bilans urinaires. L’analyse des résultats est partagée par la médecine fédérale, les Instances internationales, et moi-même.
  • L’adhésion de notre équipe au « MPCC » nous engage au respect de règles complémentaires ; par exemple l’interdiction de prescrire du Tramadol, produit non dopant (= non inscrit ce jour sur la liste des produits interdits), mais qui possèdent des effets antalgiques puissants, et des effets secondaires nuisibles pour la sécurité du coureur : vertiges, troubles de l’équilibre.

Puis-je être certain à 100% qu’aucun de « mes » coureurs triche ? NON, je ne couche pas chez eux, je ne fouille pas les valises ; juste je cherche aussi à installer avec eux une relation de respect réciproque, j’ouvre un espace de discussion et d’échange. Je suis attentif à tout signe d’alerte, notamment lors de périodes « à risque de dopage » : fin de contrat, blessure, etc. J’observe l’arrivée d’une génération de jeunes coureurs qui s’oppose à toute « médicalisation » de l’environnement sportif ; et je les encourage dans cette idée qu’un sportif n’a pas besoin d’un médecin pour gagner. Proposer à un sportif un « cadre » (nutrition, hygiène de vie, conseils pour mieux récupérer, etc.) c’est aussi je pense l’éloigner de la tentation d’aller chercher « autre chose » Je n’ai pas la prétention de dire que dans notre équipe « on lave plus blanc », j’imagine que des médecins dans d’autres équipes sont tout autant vigilants que moi pour cadrer le suivi de leurs coureurs.

Que se passe -t-il dans les autres équipes de vélo, que se passe-t-il dans les autres sports ? Perso je m’occupe de ce que je fais, de la mission qui m’est confiée ; et constamment je renvoie « mes » coureurs à cela : « on s’occupe de ce qui se passe chez nous, on se concentre sur ce qu’on fait » ; clairement certaines images du Giro m’ont interpellé et certains exploits ne me font pas rêver ; en même temps je ne suis pas légitime pour juger et décerner des bons et mauvais points. Je ne suis pas légitime, mais je pense que d’autres le sont encore moins: des personnes qui pensent connaître le milieu mais qui ne le connaissent pas, des personnes qui l’ont connu mais qui ne le connaissent plus; des « pseudo » observateurs agitateurs d’idées pour exister, ou réexister. Juste j’espère que pour leur santé certains sportifs ne paieront pas cher les démarches pour tricher ; juste j’espère que les Instances progressent dans la recherche de molécules indétectables, dans la recherche sur le dopage génétique. L’histoire du dopage dans le vélo a montré que les investigations policières portaient leurs fruits, autant voire plus que les démarches des Autorités anti-dopage ; il semble que ça fait longtemps qu’on n’a pas entendu parler de contrôles de véhicules ou de valises …

L’homme a toujours été tenté d’aller au-delà de ses capacités : l’étudiant pour préparer un examen, le politique pour se coucher tard et serrer des milliers de poignées de mains, certains pour aiguiser leurs performances sexuelles ; pour mieux dormir, pour être en forme le matin, etc. Je ne suis ni juge ni flic ni curé ; juste j’observe et comme chacun j’ai le droit de réfléchir et d’exprimer un avis. Vous aurez compris que je ne me fais aucune illusion : le dopage est présent et sera toujours présent ; simplement, avec mes moyens j’essaye de mettre en place un cadre préventif; et j’ai vraiment l’impression que de nombreux coureurs, dans mon équipe comme dans d’autres équipes, jouent le jeu pour une éthique sportive et médicale.

Merci à tous pour votre fidélité sur ce site de conseils en médecine et en nutrition du sport qui chaque jour réunit 4000 à 7000 visiteurs

J’« alimente » régulièrement ce site de conseils en médecine du sport et en nutrition du sport ; également mon webmaster gère un site de séances de sophrologie du sport sur lequel je poste des enregistrements de terrain qui s’adressent à tous les sportifs, avec des séances spécifiques pour le cycliste, le joueur de tennis, le joueur de foot, etc. etc. . Comment mieux récupérer, techniques pour optimiser la préparation d’un objectif, comment mieux dormir, etc. etc. Ce site : https://www.seance-sophrologie.com/

TOUR DE FRANCE: quelles sont les pathologies médicales les plus fréquentes

Site de conseils en médecine du sport : https://www.medecinedusportconseils.com/

Site de séances de sophrologie : https://www.seance-sophrologie.com/

On arrive déjà à la moitié de la course … Voici ma chronique quotidienne N°11/21  sur ce Tour de France 2018 en qualité de médecin référent de l’équipe française « Fortunéo-Samsic » : les pathologies médicales rencontrées sur un Tour de France

Pendant les 3 semaines de course sur ce Tour de France 2018 je rédige chaque jour une chronique médicale, avec des thèmes variés mais qui concernent le terrain : la nutrition, les bobos du cycliste, le dopage, la santé, l’hygiène de vie, etc. Parfois le ton est caustique, mais c’est juste pour vous réveiller ? En quelque sorte je vous fais partager mon expérience, qui s’est construite au fil du temps grâce avant tout au coureur avec qui j’ai toujours engagé une relation de respect, d’écoute, pour un travail interactif ; une relation médicale est, comme toute relation, le résultat d’une rencontre où chacun vient vers l’autre. C’est le coureur qui m’appris l’essentiel de mon job.

Chroniques précédentes :

Les pathologies médicales rencontrées sur un Tour de France

Il s’agit de mon 15ème Tour de France, plus quelques Vuelta, je pense donc pouvoir énoncer une réflexion cohérente sur les problèmes médicaux que peut rencontrer un coureur pendant 3 semaines de course.

La fatigue ? Oui, à un moment donné, pédaler 5 heures par jour ça fatigue ; SAUF QUE le public retient l’image de ce que montrent les caméras : l’échappée, la tête du peloton, le final de la course ; alors qu’il faut bien comprendre que la stratégie d’une équipe c’est d’envoyer à la guerre un ou 2 coureurs par jour, et pendant cette étape 2-3 coureurs sont en mode récup pour aller à leur tour à l’assaut 1 ou 2 jours plus tard : la gestion de l’effort est nécessaire,  se calcule, bien évidemment. Le cyclisme est un sport porté, bien moins traumatisant que la course à pied, ou les ultra trails XXL qui recrutent de plus en plus d’adeptes. Autre élément pour la réflexion : la 1ère semaine les sprinters ont du travail, alors que les grimpeurs sont juste soucieux de ne pas perdre de temps et de ne pas chuter ; un coureur n’est pas « occupé » pendant les 3 semaines d’un grand Tour. Les coureurs dormant en moyenne de 22h30 à 8h30 ; parfois plus tard lorsque c’est possible. Tout est géré autour d’eux au millimètre pour diminuer les contraintes : une équipe c’est 8 coureurs mais aussi plus de 20 personnes dans le staff : assistants, kinés, ostéo, doc. Les soins de récupération sont attentifs : massages, cryothérapie, pressothérapie. Une grande attention est portée à la qualité du sommeil ; par exemple chaque coureur dispose d’un oreiller et d’un surmatelas adaptés à sa morphologie.

 

Les troubles du sommeil : plus les jours passent plus le sommeil se dégrade, mais chaque coureur est différent, certains dormant parfaitement bien, d’autres rencontrent des difficultés, auxquelles je réponds par des solutions non médicamenteuses : je ne remets aucun somnifère ; le risque de chute le lendemain serait augmenté ; à titre vraiment exceptionnel la remise d’une petite dose d’un hypnotique peut s’envisager, par exemple le soir d’une étape où le coureur a chuté et a mal. Les solutions que je propose : l’homéopathie, la Mélatonine, la phytothérapie, des mesures d’ « hygiène du sommeil » (cf. ma chronique sur le sommeil) ; quelques coureurs bénéficient de séances personnalisées de sophrologie que je leur ai enregistrées pour le Tour

 

Les problèmes de carrosserie :

  • La macrotraumatologie : en relation avec les chutes ; les fractures les plus fréquentes : clavicule, côtes, omoplate, scaphoïde, bassin, fémur
  • La microtraumatologie, essentiellement les tendinopathies : genoux principalement ; mais aussi les chevilles, les poignets. La plupart du temps une tendinopathie est liée à une mauvaise relation entre le coureur et sa machine : position et ou matériel (selle, cadre, chaussures)
  • Les problèmes de dos sont fréquents, parfois en rapport avec des déséquilibres du bassin

 

Les problèmes de périnée :

  • Atteintes superficielles, échauffements, eczéma
  • Nodules, kystes
  • Une prise en charge préventive est essentielle : qualité de la peau de chamois du cuissard, lessive peu agressive, pas de sèche-linge, changement fréquent de cuissard ou de combi ; également une toilette locale attentive le matin, après la course, et avant le coucher.

 

Les pathologies digestives :

  • Le coureur est assis sur son vélo 5h par jour, assis dans le bus 4h par jour, allongé 10h par jour ; autant dire que son tube digestif est peu « verticalisé » ; d’où des problèmes fréquents de constipation.
  • à l’inverse, lorsqu’il fait très chaud les problèmes de diarrhée sont fréquents; on veille très strictement à respecter la chaîne du froid pour la nutrition proposée aux coureurs.
  • Sur le vélo l’estomac et le colon sont soumis à des contraintes mécaniques ; en résultent des problèmes fréquents de reflux gastrique, de dysfonctionnement du colon: ballonnements, nausées.
  • Les contraintes au niveau de la selle entraînent des problèmes hémorroïdaires fréquents.
  • Une pathologie souvent méconnue, simplement parce qu’on ne la recherche pas : la présence d’hélicobacter pylori au niveau de la muqueuse de l’estomac ; depuis le début de saison 5 coureurs ont présenté cette pathologie ; le traitement est simple et rapide.

 

Les problèmes liés à la chaleur :

  • Un mauvais retour veineux, les veines gonflent ; dans la chaussure le pied gonfle. Il est essentiel que les chaussures et les semelles soient bien adaptées.
  • La présence de varices est fréquente.
  • Le coup de chaleur : il apparaît lorsque les capacités d’adaptation de l’organisme sont débordées ; c’est vraiment une urgence, un malaise peut survenir. Plus il fait chaud plus le coureur va boire, et plus les boissons seront minéralisées car plus on transpire plus on perd des minéraux.
  • Les coups de soleil : oui ! le coureur se protège avec des produits à indice 50
  • Le port de gilets réfrigérés, avant le départ ou dès l’arrivée, est utilisé s’il fit vraiment très chaud.

 

Bronches, ORL

  • Au repos on respire 5 litres d’air par minute ; en plein effort le cycliste ventile jusqu’à 40 fois plus d’air, et donc il respire 40 fois plus de fumées, gaz d’échappement, poussière, pollens, et autres microparticules ; les muqueuses vont réagir : conjonctivite, pharyngite, trachéite, rhinite, bronchite, asthme d’effort.
  • Plus le coureur est « affûté » plus ses défenses immunitaires sont abaissées ; et sur un grand Tour, le % de masse grasse de tous mes coureurs se situe entre 5 et 7%. Et donc la survenue d’infections ORL est fréquente.
  • Attention à la clim, aux fortes variations de température.

 

Je n’évoque pas les pathologies vasculaires (la « fameuse » endofibrose de l’artère iliaque externe), les pathologies neurologiques avec de fréquents syndromes canalaires en particulier au niveau des poignets, les fréquents problèmes concernant la relation avec l’alimentation (régimes, privations, etc.) ; car ces pathologies ne sont pas spécifiques d’un grand Tour.

 

Merci à tous pour votre fidélité sur ce site de conseils en médecine et en nutrition du sport.

J’« alimente » régulièrement ce site de conseils en médecine du sport et en nutrition du sport ; également mon webmaster gère un site de séances de sophrologie du sport sur lequel je poste des enregistrements de terrain qui s’adressent à tous les sportifs, avec des séances spécifiques pour le cycliste, le joueur de tennis, le joueur de foot, etc. etc. . Comment mieux récupérer, techniques pour optimiser la préparation d’un objectif, comment mieux dormir, etc. etc. Ce site : https://www.seance-sophrologie.com/

la journée de repos sur le Tour de France, comment bien récupérer ?

Site de conseils en médecine du sport : https://www.medecinedusportconseils.com/

Site de séances de sophrologie : https://www.seance-sophrologie.com/

Chronique N°10/21  Tour de France 2018 jjdok médecin référent équipe « Fortunéo-Samsic » : la journée de repos sur le Tour de France

Pendant les 3 semaines de course sur ce Tour de France 2018 je rédige chaque jour une chronique médicale, avec des thèmes variés mais qui concernent le terrain : la nutrition, les bobos du cycliste, le dopage, la santé, l’hygiène de vie, etc. Parfois le ton est caustique, mais c’est juste pour vous réveiller ? En quelque sorte je vous fais partager mon expérience, qui s’est construite au fil du temps grâce avant tout au coureur avec qui j’ai toujours engagé une relation de respect, d’écoute, pour un travail interactif ; une relation médicale est, comme toute relation, le résultat d’une rencontre où chacun vient vers l’autre. C’est le coureur qui m’appris l’essentiel de mon job.

Chroniques précédentes :

 

Et donc aujourd’hui : la journée de repos : qui fait quoi ? les coureurs, le staff; il s’agit de la première journée de repos sur le Tour, après 9 jours de course; la seconde journée de repos c’est lundi prochain, à Carcassonne.

7h, petit déjeuner pris pou jjdok, la « journée de repos » commence ! L’hôtel à Annecy est sympa, on est la seule équipe ; au bord du lac d’Annecy ; l’hôtel est équipé d’une piscine, d’un SPA ; les gars vont pouvoir récupérer après cette première semaine ; hier l’étape Arras-Roubaix a fait des dégâts ; pour un de nos coureurs quelques pansements hier soir et pendant encore 3-4 jours.

La journée de repos qui fait quoi ? :

Le staff bosse ! les assistants nettoient les véhicules, bus, camion, refont les stocks de produits (alimentation, ravitos, produits ménagers etc.) pour la semaine prochaine ; le kiné va faire le tour des gars ; et moi je vais faire une synthèse médicale de cette première semaine : carrosserie, nutrition, digestif, périnée, pieds, sommeil etc. Les organismes sont déjà un peu entamés, mais on a veillé à proposer des conditions de récupération qui représentent vraiment l’élément essentiel de la gestion médicale et nutritionnelle d’un grand Tour. Je vais recevoir dans ma chambre chaque coureur pendant 30 minutes environ, examen clinique, discussion.

Vraiment il faut qu’on laisse les gars tranquilles aujourd’hui ; la tentation est grande pour le staff sportif et le staff de la com de solliciter les coureurs, de multiplier les réunions, entretiens ; non, priorité à la récup ; laissons les coureurs dans leur bulle.

Une sortie est prévue ce matin, de 10h à midi, mais certains ne rouleront qu’une heure, c’est vraiment à la carte.

Les conseils pour la nutrition aujourd’hui: à midi beucoup de légumes verts cuits, un peu de féculents; du poisson; ce soir un peu plus de féculents pour recharger les stocks de carburant pour l’étape de demain …

Une question qui m’est régulièrement posée depuis une vingtaine d’années lorsque je suis présent sur un grand Tour (Tour de France ou Vuelta) : si les copines ou femmes des coureurs sont présentes que doit faire le coureur ? repos ou non ?? Bref, peut-il ou non solliciter son système hormonal !! Et bien la réponse est claire : chaque coureur est libre, le doc ne se permet pas de donner un avis, et les études « scientifiques » que j’ai pu lire ne montrent pas de différence, pour la performance sportive du lendemain, entre un coureur actif et un coureur abstinent !

Je vous dis à demain, j’évoquerai les principales pathologies que le doc peut rencontrer pendant un grand Tour

 

Merci à tous pour votre fidélité sur ce site de conseils en médecine et en nutrition du sport.

J’« alimente » régulièrement ce site de conseils en médecine du sport et en nutrition du sport ; également mon webmaster gère un site de séances de sophrologie du sport sur lequel je poste des enregistrements de terrain qui s’adressent à tous les sportifs, avec des séances spécifiques pour le cycliste, le joueur de tennis, le joueur de foot, etc. etc. . Comment mieux récupérer, techniques pour optimiser la préparation d’un objectif, comment mieux dormir, etc. etc. Ce site : https://www.seance-sophrologie.com/

L’étape des pavés sur le Tour de France : spécificités médicales des pavés

Site de conseils en médecine du sport : https://www.medecinedusportconseils.com/

Site de séances de sophrologie : https://www.seance-sophrologie.com/

Chronique N°10/21  Tour de France 2018 jjdok médecin référent équipe « Fortunéo-Samsic » : les courses sur pavés : spécificités médicales et aussi psychologiques

Pendant les 3 semaines de course sur ce Tour de France 2018 je rédige chaque jour une chronique médicale, avec des thèmes variés mais qui concernent le terrain : la nutrition, les bobos du cycliste, le dopage, la santé, l’hygiène de vie, etc. Parfois le ton est caustique, mais c’est juste pour vous réveiller ? En quelque sorte je vous fais partager mon expérience, qui s’est construite au fil du temps grâce avant tout au coureur avec qui j’ai toujours engagé une relation de respect, d’écoute, pour un travail interactif ; une relation médicale est, comme toute relation, le résultat d’une rencontre où chacun vient vers l’autre. C’est le coureur qui m’a appris l’essentiel de mon job.

Chroniques précédentes :

 

Et donc aujourd’hui : la spécificité des courses sur pavés

Rouler sur autoroute et rouler sur des pavés sont deux choses différentes !!  au point que des vélos spécifiques sont utilisés (moins rigides, pneus adaptés et pression moins élevée, guidoline plus épaisse ou certains coureurs placent 2 couches de guidoline, gants adaptés) ; l’objectif du « matos » étant d’amortir un peu les secousses sans toutefois perdre du rendement, ça c’est le boulot de nos excellents mécanos. Quelques astuces, des combines, chaque coureur trouve ses solutions pour dompter les pavés du Nord. J’ai connu un coureur (dont je ne précise pas la nationalité) qui avant le départ se protégeait avec des pansements qu’il plaçait partout, au niveau des hanches en particulier :

« J.J, au cas où : les pansements sont déjà faits » !!!

Les contraintes des pavés :

  • Je place en premier les aspects psychologiques, avec le stress, le frisson, l’envie d’en découdre, la conscience de participer à quelque chose de l’ordre du « mythe » ; c’est le cas pour cette étape aujourd’hui sur le Tour de France 2018 avec l’étape Arras-Roubaix ; il est certain que cette étape sera dantesque, EXTRA ordinaire, car tous les coureurs ne passent bien les pavés … Au-delà des paramètres physiques et tactiques la sélection se fera aussi et surtout sur ces paramètres mentaux : être à l’aise, avoir confiance, accepter de frotter ; mais jusqu’à un certain point … Le profil psychologique de chaque coureur se dévoile sur une telle étape ; tout simplement passionnant.
  • La carrosserie va souffrir, logique, d’autant que le temps sera sec, donc ça va « taper » plus : les chevilles, les genoux, le bassin, le dos, les cervicales, les épaules, les poignets ; assurément du boulot ce soir pour nos kinés et ostéos …
  • Le tube digestif est mis à mal avec les secousses : l’estomac, le colon; la nutrition avant et pendant la course est adaptée pour optimiser le confort digestif.
  • Le périnée est agressé, ça tape, le cuissard frotte.
  • Tout le système urinaire (tuyauterie et prostate) est mis sous contrainte.
  • Soleil et chaleur aujourd’hui: les gars vont respirer de la poussière, les gaz d’échappement des voitures; les yeux (conjonctives) vont être agressés.

Voilà tout ce à quoi l’organisme et le mental vont devoir être confrontés ; avec des solutions de prévention pour chaque contrainte ; et ma trousse de pansements prête pour l’arrivée !! c’est le job du dok !!

On va vivre une belle journée, vous devant votre télé ; et les coureurs, que l’on se doit de vraiment respecter pour leur courage, vont ressentir un superbe frisson; vous allez vibrer devant votre écran, les coureurs vont vibrer sur les pavés 😉

Une belle étape qui a du sens, et qui sans nul doute va participer à écrire une nouvelle belle page de l’histoire du Tour; respect pour tous ces guerriers à l’assaut de l’enfer du Nord 🙂

 

Merci à tous pour votre fidélité sur ce site de conseils en médecine et en nutrition du sport; à demain, c’est la journée de repos; ma chronique reprendra les détails de la journée du dok, du lever au coucher 😉

Jean-Jacques

 

J’« alimente » régulièrement ce site de conseils en médecine du sport et en nutrition du sport ; également mon webmaster gère un site de séances de sophrologie du sport sur lequel je poste des enregistrements de terrain qui s’adressent à tous les sportifs, avec des séances spécifiques pour le cycliste, le joueur de tennis, le joueur de foot, etc. etc. . Comment mieux récupérer, techniques pour optimiser la préparation d’un objectif, comment mieux dormir, etc. etc. Ce site : https://www.seance-sophrologie.com/