tour de France: l’arrivée en Corse de notre équipe SOJASUN

Et voilà enfin la Corse; entre l’aéroport et le complexe hôtelier qui nous accueille les coureurs ont du mal à contenir un espace d’excitation ; pour deux d’entre eux ce Tour est leur premier, ceux qui ont l’expérience des grands Tours les rassurent, les conseillent : une belle ambiance de famille, manifestement le groupe est déjà soudé et prêt à partager cette aventure collective dans une ambiance qui s’annonce chaleureuse.

Il fait chaud, 25° à l’ombre, ça change de la température frisquette des championnats de France du week-end dernier en Bretagne ! les organismes vont devoir s’habituer, et ça tombe bien car le délai physiologique d’adaptation à la chaleur est de l’ordre de 2 à 3 jours ; je jette un coup d’œil pour modifier les menus du midi et du soir en fonction des possibilités du restaurateur ; la société organisatrice du Tour (« ASO ») a prévu les menus mais parmi nos coursiers certains n’aiment pas le poisson … (au menu ce soir : bouillabaisse corse), et notre cuistot n’arrive que samedi ; les gars sont allé rouler 3 heures, idem demain. Un de nos kinés a une angine, je l’examine et lui remets un traitement, je lui demande pendant deux jours de porter un masque pendant qu’il masse ses coureurs. Avant le dîner je réunis les 9 coureurs dans ma chambre pendant une petite heure pour évoquer les modalités du suivi médical que je vais leur proposer pendant les trois semaines de course ; avec attention j’ai retenu leurs avis, cela fait longtemps que j’ai perçu que le doc ne doit pas s’assoir sur ses certitudes, l’avis du sportif est essentiel ; par exemple on évoque la stratégie à mettre en place si des crampes menacent pendant la course avec la possibilité de demander à la voiture un « bidon spécial crampes », dont je leur détaille la composition. Mon message essentiel est de les convaincre de ne pas sous-estimer le moindre bobo, la moindre douleur : sur 3 semaines de course il faut intervenir très vite pour résoudre le moindre petit souci : il n’y a pas de « petit rhume », de « petite douleur au genou », au côté de nos 3 kinés et de notre ostéopathe je leur explique que c’est ensemble que nous examinerons le moindre problème de carrosserie pour adapter la meilleure prise en charge. Je prends le temps d’expliquer à nos deux coureurs qui découvrent le Tour que chaque jour, en dehors des heures de selle, il faut éviter la moindre calorie de dépense inutile, savoir dire non à certaines sollicitations, trier ses appels téléphoniques. Je m’apprête à la demande de certains, à enregistrer une séance de sophrologie centrée sur la « récupération », il s’agit d’un outil que je propose régulièrement, certains sont fans tandis que d’autres n’y trouvent pas d’intérêt, ce que je leur demande c’est d’être honnêtes sur leur évaluation et leur ressenti de cette technique de travail du mental ; ce travail de sophro est totalement « open », et les coureurs intéressés utiliseront mon enregistrement à chaque fois qu’ils en ressentiront le besoin. Mon expérience m’a prouvé que sur ce type d’évènement sportif il faut accepter de laisser le terrain au sportif, c’est à lui qu’appartient la compétition, le doc et à mon sens cela concerne tout  le staff, ne doit pas prendre trop de place : si l’encadrement est là pour apporter une expérience et une compétence, le sport appartient au sportif. A demain, les coureurs sont déjà informés que le réveil sonnera tôt : l’UCI (= la Fédération internationale de cyclisme) organise un bilan biologique pour tous les coureurs, dans toutes les équipes. Le sport cycliste, quoiqu’on en dise est vraiment en avance dans la lutte contre le dopage, j’aurai l’occasion de détailler tout cela et de livrer mon avis, sans langue de bois …

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