Prévention de la mort subite non traumatique du sportif: colloque du CNOSF

Une très grande avancée dans la prévention de « la mort subite non traumatique liée aux activités physiques et sportives », sous l’égide du CNOSF :

Aujourd’hui mardi 26 janvier 2010 s’est déroulé un colloque sur « la mort subite non traumatique liée aux activités physiques et sportives » à la « Maison du Sport français » à Paris (siège du CNOSF); réunion très riche d’enseignements pour tous les acteurs du sport, les sportifs, les médecins. A l’issue des travaux et réflexions des plus grands experts Cardiologues du sport, la synthèse des réflexions a fait l’objet d’un exposé et d’un débat auquel a assisté un nombreux public de médecins du sport et d’acteurs de terrain du sport en France.

APPELER  –  MASSER  –  DEFIBRILLER

Un document sera rédigé par le CNOSF dans les jours qui viennent, que je mettrai en ligne sur mon site. Ce document formulera des PROPOSITIONS qui seront ensuite soumises aux Ministères et Instances concernés.

Pour résumer cette journée :

°°° 1200 personnes meurent tous les ans de « mort subite non traumatique »; dont 600 en dehors du sport, et 600 sur des terrains de sport, à l’entraînement ou en compétition.

°°° Une démarche épidémiologique va être menée : quelles sont les causes de ces décès, et donc quelle prévention mettre en place.

°°° Peu (une trentaine par an) de sportifs de haut niveau sont concernés par ce drame de la mort subite.

°°° Les études sont menées chez les sportifs de moins de 35 ans car au delà des pathologies sans rapport avec le sport peuvent survenir.

°°° Le diagnostic est simple : le sportif s’écroule très brutalement, comme une masse, il a perdu connaissance, il ne respire plus, le cœur ne bat plus.

°°° Dans 95% des cas il s’agit de pathologies cardiaques génétiques (épaississement de la paroi du cœur, pendant l’effort les fibres du muscle cardiaque se contractent mal, d’où des troubles très sévères du rythme cardiaque) Une démarche préventive est donc à mettre en place auprès des membres de la famille d’un sportif qui a été touché par cette pathologie.

°°° Il faut former les médecins, les pompiers, les secouristes bien sûr, mais AUSSI et SURTOUT dans chaque club il faut sensibiliser des acteurs du sport : par exemple un entraîneur, un ou deux  joueur(s) par équipe, un arbitre ; cette formation de « sensibilisation » est simple et peut ne durer que 30 minutes. Cette formation doit être répétée plusieurs fois : il faut « réviser » et se mettre en situation plusieurs fois, à un rythme régulier, il doit y avoir des « répétitions » : qui fait quoi, et comment.

°°° Les fondamentaux : faire vite (En matière de réanimation une minute de gagnée, c’est 10% de chance de survivre en plus) : quelqu’un appelle les secours (QUI ? il faut le savoir, et quel(s) numéro(s) appeler ?) , un autre (QUI ??) met en place le massage cardiaque externe (100/minute, bras tendus, les 2 mains l’une sur l’autre, on entraîne une dépression du thorax d’environ 5 centimètres) ; ne pas arrêter de masser. Un autre (QUI ? il faut le savoir) va chercher immédiatement le défibrillateur cardiaque et le met en place. JUSQU’A L’ARRIVEE DES SECOURS, ne pas interrompre le massage.

 

DONC APPELER  –  MASSER  –  DEFIBRILLER

 

°°° Il faut modifier le concept de la visite médicale de non contrindication à la pratique du sport (= la première visite) : cf. aussi mon article : http://www.medecinedusportconseils.com/2009/11/01/le-certificat-de-non-contrindication-a-la-pratique-du-sport/ ) : le sportif n’a pas conscience de l’ importance de cet acte médical,  il pense souvent que son médecin peut rédiger le certificat sans voir le sportif : NON. Et en cas de problème la famille d’un joueur pourra toujours se retourner contre un médecin qui n’aura pas réalisé de façon complète cette visite médicale ; les experts recommandent que lors de la toute première visite médicale un électrocardiogramme soit réalisé ; des discussions sont en cours pour évaluer la fréquence des visites médicales pour suivre l’état de santé du sportif, en fonction des paramètres recueillis lors de la visite initiale. DONC le sportif doit comprendre l’importance extrême de cette visite médicale.

°°° 10 « règles d’or pour pratiquer le sport » sont en cours de rédaction et seront transmises aux sportifs (peut être lors de l’envoi de la licence annuelle), aux Fédérations, mises en ligne sur des sites officiels, etc. Bien évidemment que je m’engage à mettre en ligne ces « 10 règles d’or » dès leur parution. Par exemple règle d’or N°4 : « s’échauffer pendant 10 minutes avant  l’effort puis récupérer pendant 10 minutes » règle d’or N°7 : « je ne fume jamais une heure avant  ni 2 heures après une pratique sportive », etc.

°°° En France le concept du défibrillateur n’est pas entré dans les mœurs ; un expert Cardiologue du sport a formulé une réflexion très significative :  » en France y a-t-il dans chaque gymnase un extincteur ? réponse OUI ; en un an combien  y a-t-il de sportifs qui meurent brulés : réponse AUCUN ; en France combien y a-t-il de gymnases ou de terrains de sport équipés d’un défibrillateur ? réponse : TRES PEU ; par an combien il y a de morts subites chez le sportif ? réponse 600 «   TERRIBLE CONSTAT …

°°° A chaque réunion sportive une « check liste » devra avoir été vérifiée par l’organisateur (chaque Fédération pouvant avoir sa propre liste) ; rien ne doit manquer : où est le défibrillateur, qui l’utilisera, qui massera, qui appellera, quels numéros (pompiers, SAMU, etc.), quels services hospitaliers à prévenir, voies d’accès pour les secours, une pièce fermée si des soins médicaux sont nécessaires (intuber, perfusion ou autre) BREF TOUT DOIT ETRE PRET AU CAS OU

 

J’ai rédigé ce résumé en attente de la publication officielle très prochaine que Le CNOSF va diffuser, car les conclusions des experts aboutissent à des recommandations qui augurent d’une grande avancée pour la prévention de la mort subite du sportif. Et il me semble que tous les sites qi ont pour finalité d’échanger avec les sportifs se doivent de publier ces informations; c’est pourquoi dès la publication officielle du document du CNOSF je le mettrai en ligne sur ce site.

4 Comments Prévention de la mort subite non traumatique du sportif: colloque du CNOSF

  1. laurent

    merci pour cette article fort intéréssant docteur.je voulais savoir comment met on en place le défibrillateur et est ce que l’on continue le massage cardiaque une fois que le défibrillateur est en place?
    merci d’avance

  2. laurent

    est ce que tu penses que le massage cardiaque est adapté pour des enfants de 6 à 8 ans ou tu trouves que c’est risqué(risque d’écrasement des cotes)?
    merci d’avance

  3. Jean Jacques Menuet

    Ok pour cette question intéressante; mais …. je n’ai quasi aucune aucune expérience chez l’enfant de moins de 8 ans; il faudrait prendre l’avis d’un Pédiatre ou d’un CardioPédiatre; ce que je sais c’est qu’à moins de 8 ans on n’utilise qu’une seule main pour masser (et un doigt chez l’enfant de moins d’un an) Pour revenir sur la crainte de « casser » une côte, on ne reprochera jamais à quelqu’un d’avoir sauvé la vie d’une personne en lui cassant une ou plusieurs côtes ! ! très cordialement, JJM.

  4. Jean Jacques Menuet

    OK; je sélectionne ton commentaire et je m’excuse de ne pouvoir répondre aux dizaines de commentaires qui arrivent depuis hier, je ne peux pas répondre à tous; je réponds avec ce message à faire circuler: chaque structure de sport, chaque club doit se rapprocher d’un médecin, ou d’un Cardiologue, ou d’un secouriste formateur, pour réaliser une « démonstration » et SURTOUT comme cela a été dit lors de ce colloque dans chaque structure il faut former quelques sportifs, entraîneurs, arbitre, avec un SEUL message précis. Très cordialement; JJM

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *