MAIGRIR SPORT ATTENTION DANGER

3 avril 2012 par Jean Jacques Menuet Laisser une réponse »

Dans cet exposé je vais évoquer les dangers voire même les dégâts que ma longue expérience de terrain dans plusieurs sport m’a amenée à rencontrer; la synthèse que j’ai faite a peut-être le mérite de classifier ces dangers en fonction de plusiuers critères: le jeune sportif, les sports exposés, les sports à catégories de poids, l’après-sport. Tout n’est pas forcément complet mais cela peut servir de base de réflexion …

 

Je vais également insister sur une composante trop souvent négligée: le soutien psychologique.

SPORTIF : perdre du poids, attention DANGER santé et équilibre psychologique

 

De nombreux sports justifient une vigilance par rapport au poids et « gérer son poids optimal » ça fait partie de la stratégie de « faire le métier » :

—– Avant tout sont concernés :

-les sports à catégories de poids : boxe, judo, lutte ;

-les sports où la baisse du poids est un facteur de performance puisque le « rapport poids/puissance » est un bon critère pour évaluer le potentiel d’un sportif, et donc si le poids baisse ce rapport augmente ; dans les sports d’endurance la performance passe par la notion du poids et du pourcentage de masse grasse optimaux. Dans les sports d’endurance les cyclistes surtout les grimpeurs, les coureurs de fond, les triathlètes, les adeptes des ironman doivent être vigilants pour être à leur poids idéal.

-Ensuite dans les sports qui étaient réservés aux « gros bébés » : hockey, hand, rugby : de plus en plus on intègre que du poids pour du poids ça ne sert à rien, il faut un muscle moins gras, plus tonique, plus dynamique,  plus endurant également, et au final il faut moins de masse grasse.

-Enfin des sports à « risque santé et psychologie », je vais le détailler plus loin : la danse, la gymnastique.

–Entre ces sports spécifiques on trouvera le tennis, le volley, le basket, la natation : on recherchera une masse grasse faible.

—–Si bien que de plus en plus les sportifs s’adjoignent les services de nutritionnistes du sport, qui proposent des protocoles de terrain avant-pendant-après l’effort, qui gèrent le poids idéal en fonction du calendrier sportif, des compétitions, pour souvent s’attacher à maintenir un poids pendant l’intersaison avec une limite haute, les jours de compétition à un poids minimum, et entre les compétitions un poids qui ne dépassera pas 1 à 2 kg par rapport à ce poids de compétition. Bien sûr cela dépend aussi de la saison (hiver et été) Le sportif devra bien sûr s’approprier les conseils avec l’objectif premier d’être autonome pendant sa saison et lors des compétitions de se gérer tout seul. Tout cela sans oublier la notion de génétique : un kényan ne sera jamais obèse, parce que génétiquement il est naturellement affûté, parce que culturellement il mange peu de graisses et beaucoup de fibres, un européen devra être plus vigilant.

—–Les risques : ma longue expérience de terrain depuis des dizaines d’années auprès de pôles espoirs, de clubs, d’équipe nationales, d’équipes ou clubs professionnels, et bien sûr de sportifs de tout niveau m’amène à mettre en place une véritable ALERTE sous la forme d’une synthèse que je vais développer :

ATTENTION chez le jeune sportif : j’ai connu trop d’enfants ou d’adolescents qui ont vécu un calvaire sous le joug d’entraîneurs qui leur ont greffé, consciemment ou inconsciemment, une balance dans la tête : la pesée tous les matins, en groupe donc sous le regard des autres, les brimades, « tu n’as pas vu comment tu es grosse » ; mais les entraîneurs d’aujourd’hui ont par bonheur souvent bien compris le retentissement d’une telle pression et des conseils sont apportés par des nutritionnistes pour une alimentation variée, diversifiée, permettant une croissance harmonieuse et un moindre risque de blessures. Surtout, si on dispose d’un suivi longitudinal, le spectre constant de la balance va créer le lit de troubles du comportement alimentaire à l’âge adulte: anorexie, boulimie. Malheureusement ce sont parfois les parents qui poussent l’enfant sportif à restreindre les apports alimentaires. MES règles : pas de pesée quotidienne, pas de pesée en groupe, ne jamais noter sur une fiche de synthèse le poids de tous les sportifs, et surtout : environnement psychologique paisible, et INTERDICTION de mettre en place des restrictions alimentaires jusqu’à la fin de la croissance ; bien sûr il sera utile d’éduquer un enfant qui se nourrit avec des viennoiseries du chocolat des chips et du coca ; la tranche de vie passée dans le sport devra faire l’objet de l’apprentissage d’une bonne façon de se nourrir. Des troubles hormonaux comme un grand retard de l’apparition des règles, une limitation de la taille peuvent être observés.

ATTENTION dans les sports à catégories de poids : le danger est réel ; je prends l’exemple du boxeur, que je connais bien.  INTERDIT de rentrer dans la tête la perte de poids chez le jeune boxeur ; j’ai vu des cadets qui lors de la pesée d’un championnat national arrivaient à jeun depuis 2 jours, et souvent même sans avoir bu, et perdre encore 500g d’eau avant la pesée (course à pied et corde à sauter avec un k-way, etc.) ; désolé mais l’entraîneur est alors responsable, il ne doit pas amener son boxeur sur une compétition s’il a perdu trop vite quelques kg ; mais les entraîneurs sont devenus pros et mettent en place une pédagogie très correcte même s’il existe encore des jeunes boxeurs mal entourés ; chez le boxeur adulte qui dirige sa vie il faut discuter, expliquer encore et encore : par exemple perdre 3% de son poids en une journée chez un boxeur lui fait perdre 30% de force sur le ring, sans compter le danger d’une hypoglycémie, d’une déshydratation. Mes règles : pas de « régime » chez le cadet voire même le junior même si bien sûr on va perdre du temps à lui expliquer ce que doit être une alimentation adaptée à son sport et à son âge ; veiller au choix de la bonne catégorie de poids en fonction de l’allonge et du poids optimal santé du boxeur, c’est la mission de l’entraîneur. Chez le boxeur adulte ne jamais être à plus de 3 kg de son poids de combat à un mois du combat, ne jamais être à plus de 2 petits kg à 15 jours du combat.

ATTENTION dans les sports d’endurance: la tentation est forte de perdre du poids, de s’  « affûter », de « sécher ». Mes règles : pas de « régime » chez le jeune sportif même si bien sûr on va prendre le temps de l’éduquer ; non aux « régimes » qui confinent à l’ésotérisme et dont la pratique est entretenue par la culture de chaque sport. Attention à la prise de protéines en excès et au déficit d’apport en glucides et en fibres car alors se trouve garantie la survenue de blessures à répétition, de tendinites, et d’un rapide retentissement psychologique péjoratif. Un régime trop contraignant est le meilleur moyen pour que le moral, l’  « envie », soient victimes de gros coups de « moins bien »

Retentissement hormonal d’une alimentation insuffisante chez la sportive : troubles des règles, aménorrhée précoce, hypocortisolémie, modifications du corps qui se masculinise (fesses et seins plats), ménopause précoce, troubles phosphocalciques précoces c’est à dire évolution vers une ostéoporose rapide, risque fracturaire. D’o’où la nécessité chez la sportive, à titre préventif, de bien veiller à des apports réguliers en vitamine D et en Calcium, ainsi que l’intérêt de réaliser chez la sportive « à risque » des ostéo-densitométries que pour ma part je prescris tous les deux ans à partir de 40 ans dès lors que la première ostéo-densitométrie objective un capital calcique limite.

ATTENTION après l’arrêt de la carrière: j’ai constaté chez quelques sportifs que l’arrêt du sport était responsable soit du maintien de la même rigueur vis à vis de la nutrition, soit au contraire d’un laisser-aller majeur qui peut alors favoriser sur un corps qui a déjà souffert,  une arthrose précoce, des troubles cardiovasculaires, et nous connaissons tous d’anciens sportifs devenus obèses ; plus curieux et moins connus sont quelques cas que j’ai pu constater où le sportif, logiquement privé des néons, de son Adrénaline et de ses émotions va, en réaction plus souvent inconsciente, reporter de façon parfois agressive et harcelante les contraintes alimentaires qu’il a vécues sur son épouse et sur ses enfants ; sur cet aspect j’ai fort bien documenté le dossier d’un de mes sportifs qui évoluait à un haut niveau.  Mes règles : très vite la famille doit réagir ; très vite l’entourage du sportif doit lui faire prendre conscience de cette attitude nuisible.

 

—–En plus des règles que j’ai énoncées : et là je m’adresse aux sportifs et peut-être surtout aux personnes qui ne pratiquent pas de sport : droit au PLAISIR de l’alimentation avec l’autorisation de bons repas lors des périodes à distance des objectifs ; vigilance quotidienne mais quelques aliments « plaisir » autorisés en quantité adaptée. Ne perdre du poids que tranquillement, régulièrement, s’y prendre à l’avance ; ATTENTION aux gourous, aux marchands de rêve, qui ne pensent pas à la santé du sportif, et de toute façon le mot « régime » ne doit pas être utilisé, il est synonyme de galère, de souffrance, de frustration, alors que notre confort psychologique est volontiers sous l’influence d’une alimentation cohérente qui se doit toutefois d’être adaptée pour une bonne hygiène de vie. Etre vigilant par rapport au lobbying de la « minceur » (revues, officines, gammes de produits dans les salles de sport etc.,) : il faut perdre les kg superflus, pas votre argent… Derrière le discours de certains se cache le risque très sérieux de déclencher des troubles du comportement alimentaire (« TCA ») comme l’anorexie, la boulimie ; se cache aussi le risque d’adopter un comportement vis-à-vis de l’alimentation qui pourra retentir sur les enfants (même les nourrissons) ATTENTION aux massacres organisés insidieusement par le marché des « plantes » : certain thés ou produits « naturels » peuvent avoir un retentissement cardiaque ; « MAIGRIR et MOURIR » avec des extraits thyroïdiens, de l’Ephédrine, des thés magiques, des diurétiques, l’abus des substituts de repas, des régimes bidons, un terrain dépressif majeur réactionnel !!!

Enfin et surtout il me semble essentiel de prendre en charge la psychologie de la personne qui souhaite perdre du poids en préservant sa santé ; des techniques paisibles de prise en charge du mental existent : le yoga, la relaxation, l’imagerie mentale, la sophrologie ; bref perdre du surpoids en étant bien dans sa tête pour être bien dans son corps.

 

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2 commentaires

  1. Nawel dit :

    Bonjour!
    Tout d’abord merci pour tous ces articles et ces conseils
    Alors je souhaite m’affiner et perdre de la graisse sur tout le corps je mesure 1m60 pour 59 kilos
    Je pratique le velo elliptique a raison de 5 fois 1h par semaine et la corde a sauter 10 min 3* par semaine
    Niveau nutrition : petit déj Krisprolls 2 fromage allégée the fruit
    Midi viande/poisson féculent légume
    Fruit en collation
    Soir idem midi sans féculent je suis cette base alimentaire tant bien que mal 🙂
    Mon poids n’arrive pas a décoller et je n’ai pas l’impression de perdre du gras que faire ?

  2. Jean Jacques Menuet dit :

    bjr et un gd merci pour votre commentaire; je comprends votre désarrois; ce site ne peut que développer des conseils généraux mais je ne peux vraiment pas vous proposer de cadre adapté à votre situation; ou alors vous passez me voir à St-Malo !Je vous conseille de consulter un médecin du sport qui gère les aspects de nutrition; cdlt, jjM

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