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4 octobre 2014 par Jean Jacques Menuet Laisser une réponse »

Je mets en ligne le contenu de mon intervention du 3 octobre 2014 auprès des cadres techniques de la Ligue de Boxe anglaise de Bretagne;

Cette réunion a été organisée par le Président de la Ligue de Bretagne Alain Borlat-Cart.

Dans ce document je propose une synthèse des principaux conseils qui concernent la nutrition du boxeur, les principales pathologies rencontrées.

Les entraîneurs possèdent déjà de solides connaissances de terrain et une belle expérience, et mon intention se limite à échanger avec eux, persuadé que le partage de nos connaissances est utile pour qu’ensemble on progresse dans la prise en charge du boxeur, sur le terrain; dans une dimension de passion de ce sport qu’est le « Noble Art »

Médecine et nutrition de la boxe  Ligue de Bretagne, 3-10-2014

 

Plan :

 

–Boxe et nutrition :

·      Nutrition quotidienne

·      10 conseils pour perdre 3 kg en un mois

·      Nutrition et entrainements

·      Nutrition et compétition

 

–Boxe et hygiène du sport

·      Sommeil

·      Etirements, proprioception

·      Soins, prévention, récupération

·      Etc.

 

–Boxe et mental

 

–Le suivi médico-sportif du boxeur

 

–Boxe et prévention dopage

 

–Pathologies de la boxe

·      Saignement de nez

·      La main du boxeur

·      Entorses de cheville

 

 

I- Boxe et nutrition

 

  De nombreuses blessures et états de méforme ont pour origine une alimentation mal adaptée

1/ CE QUE DOIT ETRE L’ALIMENTATION QUOTIDIENNE DU BOXEUR :

 

  • Equilibrée, variée, simple, c’est le meilleur moyen pour que l’organisme dispose de tout ce dont il a besoin pour la santé et pour la performance
  • Adaptée aux charges d’entraînements, avant-pendant-après les séances

Mon « combat » consiste à insister sur la notion de « plaisir » que doit revêtir l’alimentation du sportif, je suis éloigné des notions de régimes et de contraintes trop rigides. Vigilance oui, souffrance non.   Voici les principales erreurs que je peux rencontrer lorsqu’un sportif me détaille les modalités de son alimentation : mais les conseils qui suivent concernent le boxeur qui n’a pas de problème de poids à gérer ; pour un boxeur qui doit perdre du poids je donnerai des conseils spécifiques plus loin dans ce document.   —Le petit déjeuner est souvent trop peu structuré. Il faut manger du pain complet ou aux céréales (pas du pain blanc qui est un sucre rapide qui va se transformer en graisses et qui reste trop peu de temps dans le sang), ou des céréales complètes type musli ou flocons d’avoine. Ou 4 à 8 biscuits aux céréales (Belvita aux céréales complètes, plusieurs parfums). Eviter de boire du lait, c’est très peu digeste ; préférer du thé ou du café ; ou du lait de riz ou d’avoine ou de quinoa ; le café au lait c’est totalement indigeste. Il est possible de manger un yaourt nature ou du fromage blanc 20% ; puis un kiwi ou une orange ou de la compote de fruits pour l’apport en vitamines et en fibres. voici une recette personnelle pour des biscuits aux céréales très peu gras, qui apportent du carburant glucidique de qualité:

  • 150g de flocons d’avoine (sucre « lent »)
  • 75g de farine de châtaigne ou de sarrasin ou de pois chiche (la farine blanche est un sucre « rapide », les farines que je conseille sont des sucres « lents »)
  • 25g de fructose (sucre « lent »)
  • 10g de beurre
  • 30g de fruits confits
  • 1/2 sachet de levure chimique
  • 50ml de lait (préparé avec du lait écrémé en poudre: 2 c-à soupe de poudre de lait et 50ml d’eau; pour « protéiner » un peu plus ces biscuits)

Préchauffer le four à 180° fondre le beurre dans une casserole. Faire fondre le beurre dans une casserole. Mélanger les flocons d’avoine, la farine, la levure et le fructose. Ajouter le beurre fondu et le lait. Bien mélanger à la cuiller puis faire des petites boules bien tassées. Déposer les boules sur une plaque du four recouverte de papier sulfurisé. Les aplatir pour former des galettes. Faire cuire 15 minutes. Laisser refroidir. N’hésitez-pas à critiquer cette recette et à en proposer d’autres en laissant un commentaire ! —Le piège des « sucres rapides », ou plutôt des sucres à « index glycémique rapide » : quand on consomme un tel sucre au repos on transforme une partie de ce sucre en graisses, graisses qui vont être stockées sous la peau ; quels sont ces sucres : le sucre bien sûr mais aussi le miel, la confiture normale,  le pain blanc, la farine blanche, les biscuits et viennoiseries, le riz blanc trop cuit, les pommes de terre au four ou en purée ou les frites, les céréales de petit déjeuner soufflées (pétales, flocons), les boissons sucrées (coca, sodas, sirop, etc.), l’alcool. —Le piège des jus de fruit !! Je m’explique : un jus de pomme ou un jus d’orange c’est du sucre, point ! Sauf s’il est environné de fibres (jus d’orange avec pulpe) ; mieux vaut presser une orange et ajouter ensuite la pulpe, ou manger un kiwi ou un demi-pamplemousse pour l’apport en vitamine C. Le « pire » ce sont les nectars qui associent 1/3 d’eau, 1/3 de jus de fruits, et 1/3 de … sucre ! Donc ok pour un jus de fruit par jour, pas plus. Un boxeur qui veut devenir plus « sec » gagnera beaucoup à diminuer cette consommation de jus de fruits. DONC mieux vaut manger des fruits plutôt que de boire des jus de fruits. —Sportifs vous ne consommez pas assez de légumes secs (légumineuses) : lentilles (choisir les lentilles vertes du Puy), pois cassés, haricots rouges, pois chiches ; ces aliments sont d’excellents glucides à « index glycémique lent », ils contiennent surtout plein de bons acides aminés pour assurer une bonne qualité des protéines musculaires. Egalement ils contiennent des fibres, minéraux, oligo-éléments. On peut donc en manger 2-3 fois par semaine, en entrée ou en plat chaud, ou ajoutés à un potage de légumes ; par contre ne pas en consommer au repas d’avant entraînement, ni la veille et le jour même d’une compétition (pour la tolérance digestive qui peut être moyenne) —Boxeurs ne mangez pas des pâtes tous les jours !! Il faut varier les féculents chaque jour : pâtes, riz plutôt basmati ou « taureau ailé sélection de 3 riz », légumes secs, semoule de blé ou de maïs, quinoa, pommes de terre (cuites à la vapeur avec la peau pour que ce soit un bon sucre « lent »), etc. Car chaque féculent apporte des acides aminés différents : c’est comme un « puzzle », les protéines de vos muscles doivent contenir des acides aminés variés, pour la solidité et la puissance. —Vous ne mangez pas assez de poisson, en particulier pas assez de poissons gras (saumon, maquereau, sardine) dont les bonnes graisses protègent les muscles les tendons et les artères. Pas de poisson pané qui contient de la chapelure c’est à dire du sucre et des graisses. —Les viandes : choisir des viandes peu grasses : beefsteak haché à 5%, volaille (sans la peau) ; viande rouge 2 fois par semaine pas plus ; éviter l’agneau et le mouton qui sont des viandes grasses. On mange trop de viande : 100g par jour ça suffit. —Les œufs : maxi 4 par semaine ; si omelette : plutôt un œuf entier + un blanc d’œuf. —Le soir débutez le dîner par de la soupe de légumes pour bien récupérer après les entraînements !! ça contient de l’eau des vitamines des fibres et ça nettoie bien les toxines. Pour en savoir plus sur l’intérêt de consommer un bon potage de légumes !! lire:

http://www.medecinedusportconseils.com/2009/11/03/soupe-nutrition-sport/

—Mangez plus de légumes verts cuits, qui devraient (sauf la veille et le jour d’une compétition) accompagner systématiquement les féculents dans l’assiette. Haricots verts, ratatouille, endives cuites, fenouil, courgettes, aubergines, bette, épinard, brocoli, poireau. —Prenez le temps de manger tranquillement, en mastiquant bien, et si possible dans un cadre convivial ; le repas doit être un moment de partage (famille, amis) —Cuisinez simple, varié, pas cher ; évitez les aliments sophistiqués (« nuggets », sticks de poulet au fromage et autres aberrations nutritionnelles): ces aliments sont trop transformés, ils sont « vides » nutritionnellement en dehors de l’apport de sucre et de graisses. —Gardez une ambiance de plaisir : vigilance ou, régime non.

2/ Comment perdre du poids :

  10 conseils pour perdre 3 petits kg en un mois sans nuire à sa santé :

  • Supprimer les glucides à « index glycémique élevé » : sucre, miel, pain blanc, pâtes et riz trop cuits, céréales soufflées ou en pétales, confiture, purée de pommes de terre, sodas, jus de fruits, sirop.
  • Privilégier les glucides à « index glycémique bas » : pâtes cuites « al dente », riz basmati semi-complet ou complet, sélection de 3 riz Taureau Ailé », semoule de maïs, pomme de terre cuite à la vapeur avec la peau, quinoa, céréales complètes type flocons d’avoine, légumes secs (lentilles, pois cassés, pois chiches, haricots secs), pain complet ou aux céréales.
  • Bien déjeuner le matin, manger moins le soir que le midi. Croquer une pomme avec la peau vers 11h puis 18h avec un yaourt nature dans lequel on ajoute une cuillère à café de son d’avoine ; une compote sans sucre avant le coucher.
  • Dans l’assiette du midi : moitié féculents, moitié légume vert cuit ou crudité ; dans l’assiette du soir : 1/3 féculents pour 2/3 légumes verts cuits (ou potage de légumes)
  • Ne boire que de l’eau plate ou du thé peu infusé. Boire plutôt entre les repas.
  • Par semaine : viande blanche ou volaille sans la peau 3 fois; viande rouge maigre 1 ou 2 fois ; poisson blanc ou produit marin 2 fois; pas plus de 3 œufs; limiter ou supprimer le fromage mais d’accord pour des yaourts nature ou du fromage blanc à 20%mg.
  • Saler un peu moins.
  • Pas plus de 10g de beurre par jour ; une cuillère à café d’huile d’olive et une cuillère à café d’huile de colza par jour.
  • Aromates, condiments, couleurs, odeurs, saveurs, sauces dégraissées : oui pour le plaisir des yeux et du palais !
  • Si besoin des conseils spécifiques seront apportés par un spécialiste de la nutrition.
  • STOP obligatoire : pizza, quiche, kébab, pâtisseries, viennoiseries, glaces, sorbets, alcool.

 

 Pour en savoir plus, lire:

http://www.medecinedusportconseils.com/2013/08/31/10-conseils-pour-perdre-du-gras-sans-perdre-de-muscle/

http://www.medecinedusportconseils.com/2010/09/30/10-jours-pour-perdre-3-kg-mais-attention/

http://www.medecinedusportconseils.com/2009/12/03/comment-perdre-3-kg-par-mois-sans-prendre-de-risque-pour-sa-sante/

http://www.medecinedusportconseils.com/2014/01/12/marche-footing-sport-sante-perdre-du-gras-conseils-pour-maigrir-progresser-en-aerobie/

Courir à jeun ? pourquoi, comment, mise en garde:

http://www.medecinedusportconseils.com/2013/12/06/interets-et-benefice-de-lentrainement-a-jeun-pourquoi-courir-ou-rouler-a-jeun/

 

3/ NUTRITION/ENTRAINEMENTS :

  • Jamais d’entraînement à jeun sauf contexte très particulier qui ne peut être mis en place QUE par le coach, dans une démarche de recherche de perte de gras et d’optimisation des qualités foncières ; exemple = le footing à jeun ; je ne détaille pas, on rentre ici dans des prises en charge individuelles, au cas par cas.
  • Le dernier repas doit dater de 3 heures mais chaque sportif est différent et certains auront besoin de ne pas manger pendant les 4 heures qui précèdent une grosse séance ; ce repas doit être digeste, c’est à dire contenir peu de graisses (charcuterie, viandes grasses, sauces, viennoiseries, pas trop de beurre ni de fromage) ; et je conseille une collation 1h30 avant le début de la séance, comme un peu de céréales ou 2-3 biscottes aux céréales + confiture ou pain d’épice ou 4 biscuits aux céréales (type « Belvita ») ; et un jus de fruit ou du thé ; cette collation présente surtout un intérêt si l’entraînement a lieu en fin d’après-midi alors que le déjeuner date de plus de 3-4 heures.
  • Boire un peu plus (eau) pendant les heures qui précèdent l’entraînement.
  • Boire pendant l’entraînement, ne pas attendre d’avoir soif (quand on a soif c’est qu’on a déjà perdu de l’eau et qu’on est alors déjà déshydraté)
  • Si l’entraînement dure autour d’une heure : de l’eau plate suffit.
  • Si l’entraînement dure plus d’une heure et que cet entraînement est d’intensité soutenue il est mieux que la boisson contienne également du « carburant » comme par exemple un peu de sirop ; je conseille d’ajouter également 2 pincées de sel par 500ml de boisson au sirop ; car en transpirant vous perdez du sel (la sueur contient du sel)
  • Boire régulièrement, tranquillement, un petit peu par un petit peu (2-3 gorgées), tout au long de l’entraînement. 500ml par heure.
  • Si des crampes menacent ou que les jambes sont « dures », une astuce simple consiste à laisser fondre sous la langue, à mi- entrainement, 5 granules d’Arnica 5CH ; ce qui ne remplace pas quelques étirements et la réalisation de quelques exercices respiratoires.
  • Dès la fin de l’entraînement, surtout si la séance a été dure, intérêt de boire tranquillement en quelques minutes 250 ml de cette boisson = moitié Vichy St Yorre (= on apporte un peu de sel car pendant l’effort du sel a été perdu par la sueur ; et le Vichy est une boisson alcaline c’est à dire qui tamponne l’acide lactique fabriqué pendant l’effort) moitié jus de raisin noir (= apport de sucre pour reconstituer une partie des réserves entamées pendant l’effort ; et apport de potassium qui a été perdu avec la sudation mais aussi par la contraction musculaire)
  • Penser à boire régulièrement dès la fin de l’entraînement, et jusqu’au coucher ; le meilleur repère pour s’assurer qu’on s’est bien réhydraté = « les dernières urines de la journée doivent être claires comme de l’eau » sinon il faut boire à nouveau avant le coucher ; je conseille aussi à tout sportif de disposer d’un peu d’eau plate à portée de main la nuit en cas de réveil pour boire 2-3 gorgées. Au cours du repas qui suit l’entraînement il faut éviter les aliments acides (par exemple tomates, sauce tomate, vinaigre) pour privilégier les aliments « alcalins » = légumes secs, légumes verts cuits, pâtes, riz Basmati, pommes de terre cuites à la vapeur avec la peau, purée de pommes de terre et/ou de carottes, pain aux céréales plutôt que du pain complet, viande blanche ou volaille plutôt que viande rouge ; ou produit marin ; à table boire de l’eau plate, pas de sirop ni de boisson sucrée ; éventuellement un peu de Badoit si l’entraînement a été intensif. Si le boxeur tolère les laitages un yaourt aux fruits ou du Yop représentent de bons aliments alcalins ; de même que de la compote de fruits.

Egalement des protocoles nutritionnels adaptés peuvent optimiser la prise de masse musculaire dans un objectif de gain de force et de puissance; en liaison bien sûr avec une préparation physique adaptée. Mais ATTENTION au contenu des séances de muscu pour ne pas prendre des kg de muscle qui vont obliger le boxeur à monter de catégorie de poids … erreur très fréquemment constatée…. Au sujet de la musculation, on rencontre trop de pathologies en particulier des épaules et des genoux : le boxeur est souvent trop « généreux » dans ses efforts: une séance de musculation n’a pas pour objectif de casser des muscles et des tendons, savoir écouter ses sensations et ne pas poursuivre un exercice si une douleur est présente …

Voici quelques conseils pour une prise de muscle « intelligente » en qualité plus qu’en quantité:

http://www.medecinedusportconseils.com/2013/10/04/sportifs-comment-gagner-et-progresser-en-force-et-en-puissance-la-prise-de-masse-est-elle-obligatoire-conseils-et-protocole-nutritionnel-de-musculation-qui-respecte-la-sante/

 

4/ GESTION NUTRITION / COMPETITION :  

  Les grands principes :

  • Etre au bon poids … : la gestion du poids et de la « masse grasse » en fonction du calendrier des combats est bien sûr un objectif essentiel, et malheureusement on observe beaucoup trop d’erreurs. Ça renvoie à la notion du bon choix de la catégorie de poids.
  • En tant que médecin soucieux de la santé du sportif que je suis amené à suivre et à conseiller je considère qu’un entraîneur NE PEUT PAS AUTORISER son boxeur à perdre 5 kg pendant la semaine qui précède un combat; il faut savoir annuler un combat, ce qui importe c’est la santé du boxeur. C’est le boxeur qui risque de se faire démolir, pas le coach.
  • Je fixe en général cet impératif : au MAXIMUM être à +3 kg à un mois du combat, +2 kg à 15 jours, +1 kg à 4-5 jours.
  • Avoir des difficultés à être au poids avant un combat c’est devoir gérer le stress de ne pas être au poids, c’est moins bien dormir car les hypoglycémies nocturnes (quand on n’a pas assez mangé le soir) dégradent la qualité du sommeil et donc ça limite fortement la sérénité de l’approche mentale du combat
  • Etre au poids pendant les 15 jours qui précèdent le combat c’est ressentir pendant les entraînements les mêmes sensations physiques et physiologiques que celles qui accompagneront le combat ; c’est donc mieux se préparer avec de bons repères.

 

Perdre du poids trop vite c’est une catastrophe pour la

santé et pour la performance ; POURQUOI :

 

1/ c’est perdre de l’eau  Et si pendant l’effort l’organisme est mal hydraté les risques sont les suivants (pour la performancemais aussi pour la santé) :

  • Les tendons sont moins hydratés : tendinites
  • les muscles sont moins bien irrigués : crampes, perte de la fluidité du geste, contractures, élongations
  • Le cœur bat plus vite
  • La température du corps s’élève, pouvant aller jusqu’au coup de chaleur (maux de tête, vertiges)
  • Les réflexes la vigilance et la lucidité sont diminués car le cerveau est moins bien irrigué, les choix tactiques ne sont pas adaptés
  • Quand on perd 1% de son poids en eau = on perd 10% de puissance. Un boxeur de 71 kg qui arrive à son combat en ayant perdu 2 kg pendant les deux jours qui précèdent le combat (c’est à dire 3% de son poids) aura perdu 30% de puissance !!!
  • La récupération après l’effort sera moins bonne

2/ C’est manquer de vitamines et de minéraux = perte de performance

3/ C’est manquer de carburant  (sucre dans le sang) :

= vertiges, perte de puissance, avec le risque d’une hypoglycémie et d’un malaise. La vigilance est très altérée si le cerveau manque de sucre.

 

Donc c’est l’assurance d’une contreperformance … sans

compter les risques gravissimes d’un KO sur un cerveau

déshydraté …

 

— EN PRATIQUE — voici la stratégie nutritionnelle pour préparer un combat :

(hypothèse pesée fin d’après-midi, combat soirée)

 

Si le boxeur s’y est pris à temps pour être au poids, c’est simple :

 

  • le petit déjeuner a été structuré ; éviter toutefois le lait.
  • le midi le boxeur mange des pâtes ou du riz (plutôt du riz basmati) ; pas de crudités ni légumes verts car ça diminue la qualité de la digestion ; pas de légumes secs la veille ni le jour du combat (ça ballonne) ; de la viande blanche ou de la volaille ou du jambon ; le moins de graisses possible car ça freine la digestion : donc pas de frites, pas de charcuterie, pas de fromage ; pas de fruit, plutôt de la compote de fruits (plus digeste)
  • si vraiment il est au poids, boire régulièrement dans l’après-midi.
  • Dès que la pesée a été effectuée il faut consommer une petite collation : par exemple
    • 2-3 tranches de pain d’épices
    • Ou 3-4 biscuits aux céréales (Belvita aux céréales complètes)
    • Ou 2 barres de céréales en vérifiant toutefois que le % de lipides est inférieur à 10%
  • Boire par petites quantités de l’eau plate (1-2 gorgées) toutes les 20 minutes jusqu’au combat.
  • Il est possible (à tester au préalable sur des mises de gants ou séances de sparring) de consommer pendant les 90 minutes qui précèdent le début de l’échauffement 300 ml de cette boisson : eau plate et un tube-sachet de « MALTO antioxydant » qui est un sucre « lent » qui va compléter les réserves de carburant pour les muscles, ce qui permet de s’assurer de l’absence de survenue d’une hypoglycémie pendant le combat. Pour en savoir plus : http://www.overstims.com/MALTO-ANTIOXYDANT-Augmentation-des-reserves-energetiques-stick?gclid=CP7-zNT8j8ECFZTLtAodanEAIg . Consommer cette boisson un petit peu par un petit peu, par exemple une gorgée toutes les 10-15 minutes.

Si le boxeur n’a pas pu ni manger ni boire depuis le début de journée :

 

  • Très vite après la pesée il faut rapidement reconstituer du carburant glucidique et réhydrater … Je conseille de consommer tranquillement, mais dans la 1/2heure qui suit la pesée, une petite salade de riz ou de pâtes (peu d’huile, quelques cubes de jambon blanc ou de poulet ou de dinde, pas de tomates ni crudités), puis un peu de compote de fruits (compote de pomme ou pomme-banane, etc.)
  • Trop souvent le boxeur se nourrit d’un sandwich : d’accord, mais ce n’est pas le mieux … Dans ce cas-là : très peu de beurre, pas de charcuterie, pas de mayo, plutôt jambon blanc ou poulet ou dinde. Et ajouter de la compote de fruits et 3-4 biscuits aux céréales type « Belvita »
  • A la place de cette stratégie que je viens de conseiller, une EXCELLENTE solution =
    • Consommer tranquillement pendant la 1/2h qui suit la pesée le quart d’un« GATOSPORT » ; il s’agit d’un gâteau à préparer (respecter +++ les conseils de cuisson) la veille ou le matin (il peut aussi se congeler une fois cuit) ; c’est une boite avec de la poudre ; de nombreux parfums sont proposés ; ce produit est très digeste (au bout de 90 minutes il est digéré) et il contient le carburant glucidique optimal pour apporter l’énergie pour le combat. C’est un produit de la marque OVERSTIM. Boire en même temps 250ml de Vichy St Yorre (pour apporter des minéraux)  http://www.overstims.com/GATOSPORT?gclid=CJvi1pb9j8ECFdTLtAodjg0AVQ
    • Puis le boxeur consomme en une heure 300ml d’eau plate avec un stick-sachet de « MALTO antioxydant »

Pour un boxeur pro qui s’est pesé la veille, le MEILLEUR choix pour le repas d’avant compétition c’est de consommer très tranquillement le tiers d’un GATOSPORT 3 heures avant le début de son échauffement ; puis d’en remanger 2-3 bouchées 1 heure avant le début de cet échauffement. Il consommera également le « MALTO antioxydant » pendant les 90 minutes avant le début de l’échauffement. 

  • Tout de suite après le combatil est intéressant de boire tranquillement en une heure 500ml d’une boisson ainsi composée : 250ml de Vichy St Yorre (pour tamponner l’acide lactique accumulé pendant l’effort, et ça permet de compenser les pertes en sel liées à la sueur) et 250ml de jus de raisin noie (apport de sucre et de potassium)

 

Ne jamais reprendre plus de 3 kg après un combat

 

  • Pendant les 2 jours qui précèdent le combat, et le matin de la journée du combat il est intéressant de consommer des « BCAA » : 2 comprimés en une seule prise ; ce sont 3 acides aminés branchés (valine, leucine, isoleucine) qui permettent d’assurer un meilleur rendement musculaire et qui diminuent le risque de lésion musculaire ; pendant les périodes de grosses charges d’entraînement je conseille également au boxeur de consommer 1 comprimé matin et soir de BCAA. Overstims commercialise ce complément alimentaire. Pour en savoir plus sur l’intérêt des BCAA chez le sportif lire :    http://www.medecinedusportconseils.com/tag/les-bcaa-chez-le-sportif/

 

II- L’hygiène du sport   

sommeil, étirements, proprioception, soins de prévention, récupération, etc.  

 

 

 

  • PROPRIOCEPTION : = comment prévenir efficacement les entorses, lire :

http://www.medecinedusportconseils.com/2014/06/04/interet-majeur-du-travail-de-la-proprioception-foot-hand-basket-volley-rugby-tennis-boxe-cyclisme-gym-etc/

   

 

III- Le travail du mental

Il n’a bien sûr rien d’indispensable mais parfois il peut faire la différence … Certains boxeurs ont recours à des méthodes de travail du mental ; j’ai pourhabitude de dire quele meilleur coach mental c’est l’entraîneurqui noue avec son sportif une relation privilégiée que personne ne doit déstabiliser. Le sportif pourra également avoir recours à des professionnels de la santé rompus aux techniques de préparation mentale : psychologues, médecins. Aucune technique n’est magique, et au final c’est le nageur qui obtient SES résultats. Pour en savoir plus, lire : http://www.medecinedusportconseils.com/2009/12/12/les-bases-de-la-preparation-mentale-du-sportif-de-haut-niveau-interets-techniques/  

 Voici un de mes articles sur l’intérêt de la préparation mentale chez le boxeur:

http://www.ffboxe.com/_upload/editor/fouache/file/mental.pdf

IV- Le suivi médico-sportif du boxeur

 

Tout d’abord j’expose  une mise en garde sur la signature de la licence qui justifie une consultation médicale réalisée dans un cadre attentif et adapté à ce sport.

Un boxeur n’a pas besoin d’un médecin pour gagner ; mais il a besoin d’un suivi médico-sportif adapté et cohérent pour être en bonne santé ; car son organisme est soumis à des contraintes physiologiques, nutritionnelles, anatomiques, et biologiques ; sans évoquer la composante du mental déjà abordée. – La médecine du sport s’intéresse à la médecine de la personne en mouvement pour gérer le retentissement de l’activité physique. – Le suivi par le médecin traitant et le médecin du sport est essentiel : la surveillance de l’état de forme, la surveillance des bilans sanguins pour rechercher et prendre en charge des carences éventuelles, la nutrition adaptée, les vaccins, le traitement rapide des infections et des pathologies médicales et microtraumatiques. – A titre systématique j’ai pour habitude de réaliser une spirométrie chez le boxeur ; pour évaluer le potentiel ventilatoire ; car s’il existe un sport où l’importance de la respiration est essentielle, c’est bien la boxe … – Le suivi de la boxeuse doit comporter une consultation régulière auprès d’un ou une gynécologue ; lire : http://www.medecinedusportconseils.com/2014/01/17/les-sportives-doivent-beneficier-dun-suivi-gynecologique-aupres-de-specialistes-qui-maitrisent-les-specificites-du-sport-feminin/ – A partir d’un certain niveau de charges d’entraînements un suivi plus rigoureux peut s’imposer : suivi biologique pour détecter des carences ; test d’effort éventuel ; bilan par un spécialiste. — Au niveau paramédical des intervenants apportent leur savoir et leur expérience spécifiques : le kiné, l’ostéopathe, le dentiste, etc. – Le suivi du sportif de haut niveau doit être pluridisciplinaire, avec la notion essentielle d’un travail de groupe où chacun apporte son expérience. – En période de croissance (cadets, juniors) le suivi doit être rapproché.

3 règles essentielles :

  1. Toute infection non soignée ou tardivement prise en charge peut entraîner une blessure et une baisse de la performance

  2. Une blessure même « légère » justifie toujours un avis médical.

  3. Le sportif doit accepter les périodes de repos conseillées ; mieux vaut s’arrêter une semaine que de passer à côté d’une partie de la saison.

 

V- La prévention du dopage   -> à lire avec attention :

TOUJOURS signaler au médecin prescripteur puis au pharmacien que vous faites du sport en étant licencié dans une fédération… afin de s’assurer qu’aucun des médicaments prescrits n’est interdit par la règlementation antidopage. et SYSTEMATIQUEMENT, avant de prendre un médicament (prescrit ou dans la « pharmacie familiale », ou encore remis par quelqu’un) connectez-vous sur le site de l’ « AFLD » (Agence Française de Lutte contre le Dopage):   http://www.afld.fr/vidal.php Vous tapez le nom du médicament concerné et vous avez la réponse (est-il dopant ?) Car SANS LE SAVOIR vous pouvez être contrôlés positifs lors d’un contrôle inopiné qui, je le rappelle, peut survenir lors d’une compétition mais AUSSI à l’entraînement. Attention +++++ aux compléments « alimentaires »qui foisonnent sur le net ; certains peuvent contenir des substances qui positivent les contrôles anti-dopage ; savoir se faire conseiller. Lire +++ : http://www.medecinedusportconseils.com/2010/02/07/attention-sans-le-savoir-tu-peux-etre-positif-lors-dun-controle-anti-dopage/  

VI- 3 pathologies fréquentes en boxe : le saignement de

nez, la pathologie de la main, l’entorse de cheville 

–> Le saignement de nez           (« épistaxis »)

— L’avis sur la poursuite du combat relève de l’analyse du coach, de l’arbitre, et du médecin de ring. — Priorité à la santé du boxeur ; même s’il faut bien sûr prendre en compte l’aspect sportif ; en effet la décision n’est pas la même :

  • s’il reste 30 secondes de combat et que le boxeur mène aux points, ou s’il reste plusieurs rounds et que le boxeur est mené largement …
  • s’il s’agit d’un cadet ou d’un boxeur pro …

— Ce qui doit amener à arrêter le combat : saignement en jet, suspicion de fracture du nez, le saignement persiste malgré plusieurs compressions. — Les soins dans le coin : faire moucher doucement (pour évacuer l’éventuel caillot), comprimer fortement la narine ; puis appliquer un mélange vaseline-pommade HEC (en pharmacie) — Puis le médecin de ring gère les suites — Un avis ORL sera souvent conseillé, car la réalisation d’une cautérisation amène souvent la disparition des saignements de nez. — Je conseille vivement au soigneur et à l’arbitre de porter des gants.  

–> La pathologie de la main : l’essentiel est dans la prévention

— Etre très exigeant sur la qualité des bandes, la technique de pose, le port éventuel de mitaines (séances de sac), la qualité des gants (gants individuels, aération et séchage des gants) — Cures régulières de « CURCUMA-PIPERINE » (produit Arkopharma, en pharmacie : 3/j pendant 15 jours) — Parfois geste technique à corriger. — Consulter un médecin au moindre doute ; le boxeur n’a pas la même perception de la douleur qu’un pianiste, du coup il néglige trop souvent une « petite » douleur qui correspond à un problème à soigner …

— Pour en savoir plus, voici un document complet sur la main du boxeur : http://www.medecinedusportconseils.com/main-boxeur-menuet.pdf

 

–> L’entorse de cheville

Prévention : exercices de proprioception avant et après l’entraînement ; qualité du chaussage ; échauffement de qualité.

 

un grand merci à tous les internautes pour leur fidélité sur ce site qui il y a quelques semaines a dépassé les 4 millions de visites !!!  

Jean-Jacques Menuet,

–site de conseils en médecine et en nutrition du sport:  http://www.medecinedusportconseils.com/

     –site sur lequel sont mises en ligne des séances de sophrologie : http://www.seance-sophrologie.com/

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2 commentaires

  1. moreno dit :

    Que de bonnes infos ici encore une fois!!

    Docteur, j’ai une question à propos de la boxe anglaise : je sais que le footing est LA référence en matière de travail cardio pour un boxeur, à condition de le travailler à un bon rythme, trois fois par semaine et avec des accélérations.

    Mais pensez-vous que la natation et le vélo peuvent compenser de temps en temps un footing pour travailler le cardio?

    Je vous demande car c’est quand même moins épuisant pour les articulations, les tendons, les os, en plus de briser un peu la monotonie du footing… mais le travail n’est pas tout à fait le même pour le corps.

    Évidemment, si on peut se permettre de remplacer, comment envisager le travail à la piscine ou sur le vélo? De la même manière, à un rythme assez élevé (60 à 70%), avec quelques accélérations, 45min?

    Dernier détail, ma question n’est pas uniquement posée dans le cadre de la préparation à un combat, mais aussi dans l’objectif d’être un bon boxeur athlète en forme, endurant, qui peut se faire plaisir et avoir de l’endurance à la salle aux entraînements en switchant de temps en temps quelques séances de footing par d’autres activités.

    Voilà, qu’en pensez-vous?

    Cordialement,

    Alexis

  2. Jean Jacques Menuet dit :

    ok Alexis; tout à fait ok sur l’intérêt du vélo et de la nat pour faire du foncier comme du fractionné, avec l’avantage de sports portés donc moins de contraintes sur la « carrosserie »; et la nat est interessante en récup le lendemain d’une grosse séance ou d’un combat; par contre pas de nat pd les 2-3 jours avt un combat, ça peut « ramollir » les pattes; cdlt, jjM

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