Fort malheureusement l’idée « traîne » qu’un sportif asthmatique est un sportif dopé … C’est quasiment ancré dans la pensée de la plupart des gens; comment argumenter en restant tout à fait objectif ?
Bientôt, comme les fumeurs, les sportifs asthmatiques vont devoir se cacher, poursuivis par l’idée reçue et largement entretenue par certains « spécialistes » du milieu du sport (qui souvent n’ont pas « accès » au sportif et encore moins au terrain), quel discrédit, quel manque de respect…
En qualité de médecin du sport (c’est à dire la médecine de « l’homme en mouvement », définition admise de tous), lorsque j’évoque l’éventuelle indication d’un traitement d’un asthme, ce n’est pas pour que le sportif saute plus haut, coure plus vite, etc. MAIS c’est parce que d’un point de vue santé, on abîme ses bronches si on pratique une activité avec des bronches spasmées : dans le sport pro on pourrait même parler de véritable « maladie professionnelle »; et ce que de nombreux sportifs (et médecins …) ne savent pas c’est qu’un sportif ne ressent physiquement des signes d’asthme pendant son effort QU’A partir du moment où le spasme réduit de 30% et plus le calibre de la bronche. En dessous de 30% d’obstruction très souvent le sportif ne décrit pas de symptômes ! D’ou le caractère OBLIGATOIRE, de la part d’un médecin du sport, de s’assurer de la normalité du fonctionnement des bronches AVANT, PENDANT et SURTOUT APRES l’effort; par exemple dans les sports où je travaille sur le terrain j’utilise un spiromètre portable dans un but médical; trop de médecins associent asthme -dopage – manipulation – performance: C’EST FAUX car il est démontré qu’un sportif qui prendrait par exemple de la Ventoline alors qu’il n’est pas asthmatique n’obtiendrait AUCUNE amélioration de ses performances, tout au contraire (tachycardie, nervosité entre autre) Je peux attester de la réalité de l’asthme d’effort dans le milieu du sport et du nombre important de sportifs concernés (jusqu’à 60% dans des sports d’endurance prolongée comme le ski de fond) pour avoir participé à des travaux scientifiques (concernant des centaines de sportifs et non pas 10 étudiants comme on l’observe souvent …) qui ont fait l’objet de publications médicales internationales validées par la communauté scientifique. Et puis en médecine comme ailleurs on ne trouve QUE ce que l’on cherche, ce pourquoi je m’inscris dans une logique qui consiste à faire du dépistage systématique pour la santé du sportif et non pas pour sa performance. Et c’est le rôle du médecin du sport que de faire ce dépistage.
———-> Pour prendre connaissance d’une argumentation plus détaillée, il faut lire ou relire deux documents que j’ai déjà mis en ligne sur ce site:
- Asthme: nouvelle règlementation anti-dopage http://www.medecinedusportconseils.com/2010/03/10/asthme-et-salbutamol-ventoline-ce-quil-y-a-de-nouveau-en-matiere-de-reglementation-anti-dopage/
———-> Pour ceux qui ne prendraient pas connaissance de ces 2 documents, j’expose brièvement un raisonnement incontestable étayé par des études scientifiques :
- Le mécanisme de l’asthme d’effort est connu.
- Pour être validé le diagnostic d’asthme doit faire l’objet d’un bilan structuré.
- L’usage de médicaments qui soignent ou préviennent l’asthme est limité à certains produits qui doivent être validés par les Instances de contrôle nationales (AFLD, Fédés) et internationales si besoin; ET surtout, avec les moyens de dépistage urinaires désormais très précis, on sait si un sportif prend des doses qui correspondent à un traitement pour son asthme, ou si ce sportif a pris des doses qui attestent alors d’un comportement dopant et donc interdit et bien évidemment sanctionné.





Merci pour ce commentaire; TOUS les sports d’endurance extrêmes nécessitent pendant l’effort une fréquence respiratoire majeure avec un très grand débit, ce qui USE la bronche et augmente l’inhalation des pollens, graminées, « vapeurs » de bitume, essence, poussière etc; et AUSSI d’autres substances toxiques : en natation les dérivés chlorés (un de mes patients maitre de nageur a été reconnu en « maladie professionnelle » après 10 ans d’exposition; également les émissions toxiques des surfaceuses sur les patinoires de OK; en natation il y a autant d’asthmatiques que dans le vélo; vélo = asthme = dopage: non non et non, cette donnée est maintenant acquise après des études scientifiques de haut niveau; cdlt, jjM